Des milliers d’Israéliens ont reçu, ces dernières heures, un message SMS inhabituel et inquiétant sur leur téléphone portable. Le texte, rédigé en anglais, se contente de quelques mots lourds de sous-entendus : « We are coming. Look at the sky at midnight » (« Nous arrivons. Regardez le ciel à minuit »). Le message, envoyé depuis un numéro affichant une provenance britannique, a rapidement provoqué interrogations et inquiétude dans un contexte sécuritaire déjà extrêmement tendu.
Face à la propagation rapide de ces signalements, מערך הסייבר הלאומי (le Centre national israélien de cybersécurité) est intervenu publiquement pour calmer les esprits. Dans un communiqué officiel, l’organisme a confirmé la réception massive de ces SMS chez des citoyens israéliens, tout en soulignant qu’il ne s’agissait pas d’un piratage de téléphones ni d’un accès frauduleux à des comptes personnels.
Selon les autorités, il s’agit d’une diffusion large et automatisée, comparable à une campagne de spam, dont l’objectif principal est de créer un climat de peur et de confusion. « Il n’y a pas lieu de paniquer. Il ne faut ni répondre ni partager ces messages. Il convient simplement de poursuivre la routine habituelle », a insisté le Centre national de cybersécurité.
Aucune intrusion technique, mais une opération psychologique
Les experts sont formels : aucune faille de sécurité n’a été détectée sur les appareils ciblés. Les SMS ne résultent pas d’un piratage individuel, mais d’un envoi massif via des infrastructures permettant de masquer l’origine réelle de l’expéditeur. Les numéros affichant une localisation à Londres ou dans d’autres pays européens ne sont, selon les spécialistes, que des numéros intermédiaires utilisés pour brouiller les pistes.
Ce type de procédé n’est pas nouveau. Fin décembre déjà, de nombreux Israéliens avaient reçu des messages suspects attribués à des acteurs liés à l’Iran. L’un de ces SMS affirmait notamment : « Les portes des ambassades de la République islamique d’Iran sont ouvertes pour vous ». Quelques jours plus tard, un autre message appelait à une « coopération avec les services de renseignement iraniens », invitant les destinataires à contacter les ambassades iraniennes en ligne.
Les victimes iraniennes tuées par le regime :
Le contexte iranien en toile de fond
L’apparition de cette nouvelle vague de messages intervient alors que l’Iran traverse l’une des périodes les plus instables de ces dernières années. Les manifestations massives contre le régime, notamment à Téhéran, ont été accompagnées d’une répression sanglante, faisant des centaines de morts selon plusieurs sources internationales. Dans ce climat explosif, les experts estiment que les opérations de guerre psychologique à l’étranger font partie de la riposte indirecte du régime iranien.
Selon plusieurs évaluations sécuritaires, ces SMS relèvent d’un « operation cognitive », destinée à semer l’angoisse au sein de la population israélienne, sans recourir à une attaque militaire ou cyber destructrice. Le message, volontairement vague et dramatique, joue sur l’imaginaire collectif et sur la peur d’une escalade régionale.
Le lien avec les piratages récents de personnalités israéliennes
Chez Check Point, les analystes estiment que cette campagne est liée aux récentes fuites de données orchestrées par le groupe de hackers iranien חנדלה. Ces dernières semaines, plusieurs téléphones appartenant à des personnalités israéliennes de premier plan ont été piratés, dont ceux de l’ancien Premier ministre Naftali Bennett, de l’ancienne ministre Ayelet Shaked et de l’ex-chef de cabinet du Premier ministre, Tzachi Braverman.
Selon Gil Messing, responsable de la communication chez Check Point, un schéma clair se dessine : après chaque fuite médiatisée attribuée au groupe Handala, une vague de messages menaçants est envoyée à grande échelle. « Ils utilisent les carnets de contacts issus des fuites pour cibler des personnes au profil relativement élevé, ou liées à des cercles décisionnels », explique-t-il. Les numéros utilisés pour l’envoi ne sont, selon lui, que des façades techniques.
Que doivent faire les citoyens ?
Les consignes des autorités sont claires et sans ambiguïté :
- Ne pas répondre au message
- Ne cliquer sur aucun lien, s’il y en a
- Bloquer le numéro expéditeur
- Signaler le SMS comme spam
- Ne pas transférer le message, afin d’éviter d’amplifier l’effet recherché
Le Centre national israélien de cybersécurité précise que des mesures sont en cours pour endiguer la diffusion de ces messages et identifier les canaux utilisés.
Une guerre invisible mais bien réelle
Cet épisode illustre une nouvelle fois que la confrontation entre Israël et l’Iran ne se limite plus aux champs de bataille traditionnels. La cyber-guerre, la manipulation psychologique et les campagnes de désinformation sont devenues des armes à part entière. Sans missiles ni explosions, quelques mots envoyés sur des téléphones suffisent à perturber la population et à tester la résilience du front intérieur.
Pour l’heure, les autorités insistent : aucune menace concrète n’est associée à ces messages. Mais leur apparition rappelle que la vigilance reste de mise, non seulement face aux attaques physiques, mais aussi face aux offensives invisibles qui visent les esprits autant que les infrastructures.
Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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