Alors que la phase 2 du plan de paix amĂ©ricain prĂ©voyait une dĂ©militarisation progressive de Gaza, un haut responsable du Hamas a balayĂ© lâidĂ©e dâun revers sec : « Le dĂ©sarmement nâentre pas en ligne de compte et ne sera jamais soumis Ă nĂ©gociation », a-t-il dĂ©clarĂ© samedi soir Ă lâAFP.
Cette position intransigeante, confirmĂ©e par le BBC, intervient au moment oĂč le ministĂšre israĂ©lien de la Justice a publiĂ© la liste de 250 prisonniers palestiniens appelĂ©s Ă ĂȘtre libĂ©rĂ©s dans le cadre du premier volet de lâaccord â une annonce qui a suscitĂ© la colĂšre du mouvement terroriste, notamment en raison de lâexclusion de sept figures emblĂ©matiques.
Les âintouchablesâ que le Hamas exige de libĂ©rer
Parmi les dĂ©tenus non inclus dans la liste figurent Marwan Barghouti, chef du Fatah condamnĂ© pour cinq meurtres, et Ahmad Saadat, secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral du Front populaire de libĂ©ration de la Palestine, reconnu coupable dâavoir orchestrĂ© lâassassinat du ministre israĂ©lien Rehavam Zeâevi en 2001.
Ces noms sont devenus pour les Palestiniens des symboles de ârĂ©sistanceâ â et pour IsraĂ«l, des lignes rouges.
Selon N12, le Hamas exige dĂ©sormais leur libĂ©ration comme condition Ă la mise en Ćuvre complĂšte de la trĂȘve et au transfert des derniers otages israĂ©liens. « La rĂ©sistance ne sera pas dĂ©sarmĂ©e pendant que ses hĂ©ros croupissent encore dans les prisons sionistes », aurait affirmĂ© un responsable du mouvement dans une dĂ©claration relayĂ©e par les chaĂźnes arabes.
Le Hamas teste Washington et Le Caire
La rĂ©action du Hamas intervient au moment oĂč la diplomatie amĂ©ricaine tente de maintenir en vie lâaccord de paix initiĂ© par Donald Trump, qui prĂ©voit Ă terme une dĂ©militarisation de Gaza sous supervision internationale.
Mais selon un haut responsable américain cité par Reuters, Washington refuse de se laisser impressionner par les déclarations publiques :
« Je ne prĂȘte pas trop dâattention Ă ce que chacun dit au Moyen-Orient. Tout le monde cherche Ă sauver la face devant son propre public », a-t-il dĂ©clarĂ©, dans une allusion claire Ă la rhĂ©torique belliqueuse du Hamas.
En parallÚle, un haut responsable égyptien a annoncé la réouverture prochaine du poste frontiÚre de Rafah à double sens, dÚs mardi.
Dans une interview Ă la chaĂźne Al-Hadath, il a prĂ©cisĂ© que le passage serait dâabord rĂ©servĂ© aux blessĂ©s et aux malades nĂ©cessitant un traitement en Ăgypte, avant dâĂȘtre rouvert « Ă ceux souhaitant regagner la bande de Gaza ».
Toutefois, les convois humanitaires continueront pour lâinstant de passer par le terminal de Kerem Shalom, cĂŽtĂ© israĂ©lien, afin dâĂ©viter toute rĂ©appropriation par le Hamas.
Un refus qui met en pĂ©ril la trĂȘve
Le rejet explicite du dĂ©sarmement remet en question la phase suivante de la âTrump Peace Initiativeâ, qui devait ouvrir la voie Ă un contrĂŽle civil international sur Gaza et Ă un retrait progressif de Tsahal.
Un haut fonctionnaire israélien, estime que ce refus démontre « la véritable nature du Hamas, incapable de renoncer à sa logique de terreur ».
Selon lui, « tant que le Hamas conservera une capacitĂ© militaire autonome, aucune stabilitĂ© durable nâest envisageable au sud dâIsraĂ«l ».
De son cĂŽtĂ©, Khalil al-Hayya, membre du bureau politique du Hamas aperçu Ă Charm el-Cheikh sous haute escorte, aurait assurĂ© que son mouvement « ne renoncera jamais Ă la rĂ©sistance armĂ©e tant que lâoccupation persistera ». Une phrase qui, pour JĂ©rusalem, sonne comme un aveu : le Hamas ne vise pas la paix, mais la survie politique par les armes.
LâĂgypte et le Qatar dans un rĂŽle dâĂ©quilibristes
LâĂgypte, partenaire incontournable des nĂ©gociations, tente de maintenir un canal ouvert entre le Hamas, IsraĂ«l et les Ătats-Unis.
Mais selon Al-Qahira News, Le Caire sâinquiĂšte dĂ©jĂ du risque de reprise des hostilitĂ©s si le dĂ©sarmement reste une ligne infranchissable. « Sans dĂ©militarisation, Gaza ne pourra pas ĂȘtre reconstruite. Les bailleurs de fonds arabes et europĂ©ens nâinvestiront pas dans un territoire contrĂŽlĂ© par un groupe armĂ© », a confiĂ© un diplomate Ă©gyptien sous couvert dâanonymat.
Le Qatar, de son cĂŽtĂ©, poursuit son jeu ambigu : mĂ©diateur officiel et soutien financier officieux du Hamas, lâĂ©mirat cherche Ă prĂ©server son influence tout en mĂ©nageant Washington. Cette Ă©quation devient de plus en plus intenable Ă mesure que le Hamas multiplie les provocations.
Israël maintient sa ligne rouge
Pour le Premier ministre Benyamin Netanyahou, la rĂ©ponse est claire : « Le Hamas sera dĂ©sarmĂ©, Gaza sera dĂ©militarisĂ©e â pacifiquement sâils coopĂšrent, par la force sâil le faut. »
Cette déclaration, faite depuis Jérusalem quelques heures aprÚs la sortie du communiqué du Hamas, résume la position israélienne : aucune paix durable ne peut exister tant que le Hamas détient des armes.
Ă mesure que les trĂȘves se succĂšdent, le Hamas tente de transformer chaque pause en victoire politique. Mais la rĂ©alitĂ© demeure inchangĂ©e : sans dĂ©sarmement, la bande de Gaza restera une poudriĂšre, et la paix, un mirage.
RĂ©daction francophone Infos Israel News pour lâactualitĂ© israĂ©lienne
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