Un attentat d’une brutalité glaçante a endeuillé la communauté juive de Manchester ce jeudi matin, en plein Yom Kippour. Un homme armé d’un couteau et au volant d’un véhicule a foncé sur des fidèles devant la synagogue Heaton Park, avant de tenter d’y pénétrer. Deux Juifs ont été assassinés et trois autres personnes grièvement blessées. Le terroriste, d’abord soupçonné de porter une ceinture explosive, a été abattu par la police quelques minutes après le début de son attaque. La scène, d’une rare violence, a ravivé la peur d’un antisémitisme meurtrier qui s’enracine en Grande-Bretagne.
Les faits se sont déroulés à 9h31, heure locale. Alors que des dizaines de fidèles s’étaient déjà rassemblés pour la prière de Yom Kippour, l’homme a lancé son véhicule sur un groupe de pratiquants. Il est ensuite sorti armé d’un couteau, visant exclusivement des Juifs porteurs de kippa selon les témoins. « Il frappait sans un mot, avec une froideur mécanique », a relaté un chauffeur témoin de la scène au *Daily Mail*. L’homme a tenté de forcer l’entrée de la synagogue, mais le rabbin Daniel Walker a eu le réflexe de verrouiller les portes et de bloquer l’accès avec son propre corps, protégeant des dizaines de fidèles terrés à l’intérieur. « C’est un héros », ont affirmé les rescapés.
Les forces de l’ordre sont arrivées sur place sept minutes après le début de l’attaque. Elles ont ouvert le feu après plusieurs sommations ignorées. Dans une vidéo filmée sur place, on entend un policier crier aux passants : « Reculez, il a une bombe ! » avant que les démineurs ne confirment que la ceinture du terroriste était factice. La police britannique a officiellement qualifié l’attaque d’« acte terroriste antisémite ». Deux personnes ont été interpellées peu après dans le secteur, mais leur lien avec le terroriste reste à confirmer.
L’onde de choc est immense au sein de la communauté juive britannique. Déjà marquée par une explosion des actes antisémites depuis le 7 octobre 2023 – insultes, agressions physiques, vandalisme et menaces sur les campus universitaires –, elle redoutait qu’un drame ne survienne. « Presque chaque Juif de ce pays savait qu’un jour cela arriverait », a confié Rafi Bloom, fidèle de la synagogue, à *Sky News*. « Nous vivons un tsunami de haine, alimenté par des manifestations pro-palestiniennes hebdomadaires où l’on entend appeler à la violence. Ce sang versé est le résultat direct de l’inaction face à la haine antisémite. »
La réaction politique n’a pas tardé. Le Premier ministre Keir Starmer a écourté une visite au Danemark pour rentrer à Londres et présider un conseil de crise. Dans une déclaration solennelle, il a condamné une attaque « abominable » et annoncé le renforcement immédiat de la sécurité des synagogues et écoles juives à travers le pays. « Ces fidèles ont été attaqués uniquement parce qu’ils étaient juifs », a-t-il martelé. Le roi Charles III et la reine Camilla ont exprimé leur « profonde tristesse » dans un communiqué du palais de Buckingham.
Mais du côté israélien, le ton est nettement plus accusateur. Le ministre des Affaires étrangères Gideon Sa’ar a directement pointé du doigt la responsabilité de Londres : « La haine antisémite et anti-israélienne déchaînée dans les rues de Grande-Bretagne n’a pas été contenue. Les autorités ont fermé les yeux, et voici le résultat. Nous attendons des actes, pas seulement des mots. » Le Premier ministre Benyamin Netanyahou a lui aussi condamné une « attaque barbare », réaffirmant que « seule la force et l’unité peuvent vaincre le terrorisme ».
Cet attentat survient dans un climat déjà explosif. Depuis plusieurs mois, les marches pro-palestiniennes organisées à Londres et dans d’autres villes britanniques donnent lieu à des slogans hostiles aux Juifs et à Israël. Récemment, la reconnaissance d’un État palestinien par le gouvernement travailliste de Starmer a été dénoncée par des figures de la droite britannique comme une capitulation face aux islamistes radicaux. Le polémiste Tommy Robinson a accusé directement le Premier ministre d’avoir « du sang sur les mains ».
L’attaque de Manchester rappelle tragiquement celle de Halle en Allemagne en 2019, où un extrémiste avait tenté de massacrer les fidèles d’une synagogue le jour de Yom Kippour, faisant deux morts à l’extérieur. Comme à Halle, c’est la vigilance du rabbin et des fidèles barricadés qui a empêché une tuerie de masse.
Au-delà de l’émotion, cet attentat souligne une réalité brutale : les Juifs d’Europe ne sont plus en sécurité, même dans leurs lieux de culte les plus sacrés. L’explosion de l’antisémitisme, alimentée par l’importation du conflit israélo-palestinien et tolérée par une complaisance politique et médiatique, transforme les communautés juives en cibles vulnérables. Yom Kippour, jour de pardon et d’introspection, s’est transformé en cauchemar sanglant.
La question désormais posée au Royaume-Uni – et bien au-delà – est simple : jusqu’où faudra-t-il aller pour que l’Occident comprenne que l’antisémitisme n’est pas une opinion, mais une menace mortelle pour ses propres démocraties ?
Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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