« Une frappe ne ferait pas tomber le régime » : la demande de Netanyahou à Trump

 

 

 

 

 

Selon une révélation de CNN, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a demandé au président américain Donald Trump de ne pas lancer, à ce stade, une attaque contre l’Iran. En toile de fond : une analyse stratégique israélienne selon laquelle une frappe ponctuelle ne provoquerait pas l’effondrement du régime islamique, sauf à s’inscrire dans une campagne militaire longue et coûteuse, aux conséquences régionales majeures.

D’après CNN, cette demande s’appuie sur deux préoccupations centrales exprimées par Jérusalem. La première concerne l’état des systèmes de défense aérienne israéliens, fortement sollicités lors de la « guerre des 12 jours » contre l’Iran l’an dernier. La seconde relève d’une appréciation réaliste des rapports de force internes en Iran : malgré l’ampleur des manifestations actuelles, Israël ne croit pas à une chute rapide du régime sans une pression militaire prolongée.

Image


Des défenses israéliennes sous tension

Au cœur des échanges entre Netanyahou et Trump figure l’usure des capacités défensives israéliennes. Selon le reportage, les systèmes antimissiles ont été utilisés de manière intensive lors du dernier affrontement direct avec l’Iran. Jérusalem redoute qu’une frappe américaine déclenche une riposte iranienne massive, impliquant missiles balistiques, drones et attaques par procuration via le Hezbollah et d’autres milices régionales.

Des responsables israéliens auraient ainsi averti Washington qu’Israël n’est pas pleinement prêt à absorber une nouvelle salve d’attaques à grande échelle, sans période de répit et de reconstitution des stocks. Cette inquiétude pèserait lourdement dans la décision américaine de temporiser, malgré une rhétorique publique très ferme.


Une attaque sans “jour d’après” clair

Sur le plan politique, l’analyse israélienne est sans ambiguïté : une frappe aérienne limitée ne suffirait pas à faire tomber la République islamique. Selon CNN, Netanyahou a expliqué à Trump que le régime iranien dispose encore d’appareils sécuritaires solides, capables d’écraser les protestations, même au prix d’un coût humain très élevé.

Dans cette optique, une opération militaire isolée risquerait de renforcer le narratif du régime, qui présente les manifestations comme une conspiration étrangère, tout en resserrant les rangs autour du pouvoir. Pour Israël, sans stratégie de long terme ni engagement prolongé, une attaque pourrait s’avérer contre-productive.


Image

Pressions régionales pour éviter l’escalade

La position israélienne n’est pas la seule à avoir influencé la prudence américaine. CNN rapporte que plusieurs pays arabes, dont l’Arabie saoudite et le Qatar, ont également pressé Donald Trump de ne pas frapper l’Iran dans l’immédiat. Ces États craignent une déstabilisation régionale majeure, avec des répercussions directes sur leurs infrastructures énergétiques et leur sécurité intérieure.

Lors de réunions confidentielles à Washington, des responsables américains auraient indiqué à certains pays du Golfe que l’objectif prioritaire des États-Unis était d’obtenir l’arrêt des tueries de manifestants en Iran, plutôt qu’un changement de régime par la force.


Messages indirects et dissuasion calibrée

Toujours selon CNN, les États-Unis ont maintenu des canaux indirects de communication avec Téhéran, via des pays médiateurs. Dans ce cadre, Washington aurait informé à l’avance l’Iran de l’évacuation partielle d’une base américaine au Qatar, un signal destiné à montrer que la menace d’une frappe était crédible, sans pour autant franchir le seuil de l’attaque.

Un responsable cité par CNN résume ainsi la logique américaine :

« Ils voulaient surtout que les tueries cessent. »


Poutine propose sa médiation

Dans ce contexte tendu, un autre acteur majeur s’est invité dans le jeu diplomatique. Le président russe Vladimir Putin s’est entretenu avec Benjamin Netanyahou et a proposé la médiation de Moscou entre Israël et l’Iran. Cette initiative intervient alors que la Russie entretient des relations étroites avec Téhéran, tout en cherchant à renforcer son rôle d’arbitre sur la scène internationale.

Selon les informations publiées, Vladimir Poutine a également échangé avec le président iranien Masoud Pezeshkian, soulignant la volonté du Kremlin de rester un interlocuteur incontournable dans la crise.


Une frappe toujours « sur la table »

Malgré ce report, les sources américaines citées par CNN et par le New York Times insistent sur un point : l’option militaire n’est pas abandonnée. Donald Trump aurait simplement différé la décision, en attendant de voir si le régime iranien modifie son comportement face aux manifestations.

Des responsables américains rappellent que si la répression s’intensifie ou si des exécutions massives reprennent, une action militaire pourrait être rapidement réactivée. Des renforts militaires américains continuent d’ailleurs d’être déployés dans la région, afin de préserver une capacité de frappe immédiate.


Entre prudence et menace

En définitive, la demande de Netanyahou illustre une approche pragmatique et prudente face à une situation explosive. Israël ne minimise ni la brutalité du régime iranien ni la gravité de la crise interne, mais estime qu’une attaque précipitée, sans plan de long terme, ne ferait qu’aggraver les risques.

Pour Donald Trump, le dilemme reste entier : agir militairement au risque d’un embrasement régional, ou continuer à exercer une pression maximale, en espérant un infléchissement du régime. Pour l’heure, la Maison-Blanche maintient sa ligne : toutes les options restent sur la table, mais aucune ne sera activée sans calcul minutieux.


Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
© 2025 – Tous droits réservés

Publicité & Partenariats – Infos-Israel.News

📢Voir nos formats & tarifs publicitaires📢