900 morts, 6 213 blessés : le tribut insoutenable de Tsahal après 23 mois de guerre

Depuis le matin sanglant du 7 octobre 2023, Israël vit au rythme d’une guerre sans fin. Vingt-trois mois plus tard, le chiffre a de quoi glacer : 900 soldats de Tsahal sont tombés au combat, auxquels s’ajoutent 6 213 blessés. C’est la facture humaine de l’opération « Épées de fer », un bilan qui illustre à la fois la férocité des affrontements et la résilience d’une armée engagée sur plusieurs fronts à la fois.

Les statistiques publiées révèlent toute l’ampleur du sacrifice. Sur les 900 victimes, 311 ont été tuées lors des deux journées initiales – le massacre du 7 octobre et les combats de blocage dans la région de Gaza. 456 autres sont tombées dans les combats terrestres au cœur de la bande de Gaza, et 133 sur d’autres fronts – notamment au Liban et en Syrie.

פעילות כוחות צוות הקרב של חטיבת הנח״ל בצפון רצועת עזה

Parmi les unités les plus touchées, la brigade Golani paie le prix le plus lourd : 114 morts, dont 71 le seul jour de l’attaque du 7 octobre, lorsque ses positions frontalières furent prises d’assaut. Les unités du Génie enregistrent 79 morts, dont 17 dans la prestigieuse unité Yahalom spécialisée dans le combat souterrain. La brigade Guivati suit avec 70 morts, dont 23 membres de la Sayeret (unité d’élite). La brigade Nahal a perdu 61 hommes, les parachutistes 47, et la brigade Kfir – engagée pour la première fois dans une manœuvre d’ampleur à Gaza – 35.

Les forces spéciales ne sont pas épargnées : 45 soldats du Commandement des opérations spéciales ont péri, dont 16 de Maglan, 14 d’Egoz et 12 de Duvdevan. La Sayeret Matkal, l’unité la plus mythique de l’armée, compte neuf morts depuis le début du conflit, tout comme l’unité aérienne Sayeret Shaldag.

900 חללים במלחמה

Les brigades blindées, colonne vertébrale de la manœuvre terrestre, ont elles aussi subi de lourdes pertes : 32 morts dans la 401e brigade, 29 dans la 7e, 13 dans la 188e et neuf dans la 460e. À cela s’ajoutent 72 morts dans le corps de défense des frontières, dont 67 tombés le 7 octobre parmi les équipes d’alerte et les observatrices des localités de l’enveloppe de Gaza.

Le profil des victimes reflète la diversité du pays : 295 réservistes, 154 militaires de carrière, des habitants de Jérusalem, Tel-Aviv, Haïfa ou Modiin, mais aussi des dizaines de petites localités et de kibboutzim.

La douleur ne se limite pas aux morts. Depuis le début du conflit, 6 213 soldats ont été blessés : 925 grièvement, 1 540 moyennement et 3 748 légèrement. Rien qu’au cours de la manœuvre terrestre à Gaza, 2 883 blessés ont été recensés, dont plus de 500 dans un état critique.

Ces chiffres révèlent aussi l’usure d’une guerre prolongée. Après une brève accalmie en mars 2024, avec un cessez-le-feu lié à un accord sur les otages, les pertes ont repris avec les offensives « Oz veHerev » puis « Merkavot Gid’on ». L’été 2025 a encore endeuillé l’armée, avec des dizaines de morts, dont certains victimes de tirs fratricides ou d’accidents opérationnels – la marque d’une armée sollicitée sans répit depuis près de deux ans.

Au-delà des statistiques, chaque nom raconte une histoire. Ariel Lubliner, 34 ans, réserviste originaire du Brésil, tombé il y a quelques jours à Gaza, est le 900e soldat officiellement recensé. Un chiffre qui n’est pas seulement un bilan, mais un avertissement : la guerre, interminable, continue d’engloutir des vies.

רס"ל (במיל') אריאל לובלינר ז"ל

Pour Israël, l’équation est tragique : tenir bon face au Hamas, au Hezbollah et à l’axe iranien, tout en assumant un coût humain qui s’alourdit de semaine en semaine. Une réalité qui nourrit un double débat – militaire et politique – sur la durée de la guerre, les objectifs à atteindre et le prix à payer. Mais pour les familles endeuillées, une seule certitude demeure : derrière les colonnes de chiffres, il y a des visages, des promesses interrompues et un peuple qui pleure ses fils.

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