Pour beaucoup de gens, la partie la plus dramatique de la liturgie des fĂŞtes juives est la prière d’ Unesaneh Tokef . Et la partie la plus Ă©motive de la prière – du moins pour moi – est la description très graphique de qui doit vivre et qui mourra.
Depuis environ 40 ans, je dirige les services de Rosh Hashanah et Yom Kippour en tant que ba’al tefillah , et il est difficile pour moi de ne pas m’Ă©touffer lorsque j’arrive Ă ce moment de la priere.
Mais ce n’Ă©tait pas toujours le cas.
Lorsque j’Ă©tais beaucoup plus jeune et que je venais de commencer Ă diriger les services de Yamim Noraim , il Ă©tait très difficile pour moi de me rapporter Ă cette partie de la prière. Après tout, qui meurt aujourd’hui de faim ou de noyade ou de feu?
En essayant de comprendre et d’apprĂ©cier la prière, j’ai tentĂ© de regarder les mots de manière plus mĂ©taphorique: qui sera tourmentĂ© par le feu de l’ambition … qui aura faim de compagnie … qui aura soif d’approbation … qui sera Ă©tranglĂ© par l’insĂ©curitĂ© … qui doit ĂŞtre en proie aux pressions de conformitĂ©.
Cela m’a aider Ă mieux comprendre, et Ă©largir la portĂ©e de l’univers potentiel.
Ă€ mesure que je vieillis, j’ai commencĂ© Ă regarder plus littĂ©ralement les mots. Chaque annĂ©e, quelqu’un d’autre semble paraĂ®tre Ă l’esprit.
Après le 11 septembre, quand j’ai lu les mots «qui par le feu (mourra)», j’ai pensĂ© Ă toutes les personnes qui ont Ă©tĂ© incinĂ©rĂ©es dans les feux des Twin Towers; plusieurs annĂ©es plus tard, Rabbi et Mme Rubenstein du Jeune IsraĂ«l de Scarsdale, qui avaient perdu la vie dans un feu tragique juste avant Pessah , venaient immĂ©diatement Ă l’esprit.
Quand j’ai lu les mots «qui par l’Ă©pĂ©e» au plus fort des attaques terroristes il y a 15 ans, je pensais au journaliste de Wall Street Journal, Daniel Pearl, qui a Ă©tĂ© dĂ©capitĂ© au Pakistan. Plus rĂ©cemment, quand j’ai lu les mots «qui par Ă©touffement», je pensais Ă un bĂ©bĂ© de deux ans et demi, le petit-fils de nos amis, qui a perdu la vie quand il s’est Ă©touffĂ© jusqu’Ă la mort Ă cause d’un raisin.
« Qui par peste »? L’annĂ©e dernière, je pensais au virus Zika. Il y a plusieurs annĂ©es, quand j’ai lu les mots «qui par l’eau», j’ai pensĂ© Ă ceux qui ont pĂ©ri dans le tsunami. Un an plus tard, je me souviens de ceux qui ont perdu la vie dans l’ouragan Katrina – et cette annĂ©e, je penserai inĂ©vitablement Ă ceux qui sont morts dans les inondations du Texas et de la Floride.
Je ne suis pas sĂ»r de savoir si ce changement s’est produit parce que j’ai progressivement pris conscience de ma propre mortalitĂ© – ou parce que j’ai simplement assistĂ© Ă plus de ces types de dĂ©cès tragiques.
Si Dieu le veut, nous n’aurons jamais Ă faire l’expĂ©rience personnelle de ces horribles fins. Que nous soyons tous inscrits dans le Livre de la vie au cours de l’annĂ©e Ă venir.
Par Michael Feldstein





AMEN VE AMEN