Une autre série de tirs à Gaza, une autre réunion de cabinet tendue, une autre manifestation embarrassante, des accusations et de retombées des principaux décideurs du pays. Outre la routine des manifestations sur la clôture, le lancement de cerfs-volants, de roquettes et de mortiers terroristes, la situation stratégique complexe dans la bande de Gaza a engendré plus de six mois de rondes politiques répétées créant un sentiment de déjà vu.
MĂŞme dans les 48 heures les plus dures depuis l’opĂ©ration Tzuk Eitan, le Premier ministre Benjamin Netanyahu et les principaux ministres ont Ă nouveau pris part au mĂŞme exercice. Alors que le Hamas cĂ©lèbre ses rĂ©alisations lors de la dernière sĂ©rie de combats, il peut Ă©galement cĂ©lĂ©brer les querelles et les affrontements du gouvernement israĂ©lien après l’annonce du cessez-le-feu.
Après deux nuits cauchemardesques au cours desquelles environ 500 roquettes ont Ă©tĂ© tirĂ©es, certaines vĂ©ritĂ©s n’ont pas changĂ© et d’autres se sont mĂŞme renforcĂ©es. Tout d’abord, malgrĂ© les fortes pressions politiques et les critiques de la droite et de la gauche, Netanyahu reste fidèle Ă l’approche qui cherche Ă tout faire pour Ă©viter une guerre Ă Gaza en partant du principe que nous nous retrouverons au mĂŞme point, sinon pire. « Je fais tout pour Ă©viter une guerre inutile », a-t-il dĂ©clarĂ© dimanche lors d’une confĂ©rence de presse en France, avant le dĂ©but des tirs de roquettes. « Je ne crains pas une guerre si cela est nĂ©cessaire, mais je veux l’Ă©viter si ce n’est pas nĂ©cessaire », a-t-il ajoutĂ©, expliquant son objectif Ă Gaza : rĂ©tablir le calme et assouplir la situation humanitaire dans la bande de Gaza. Cet objectif est restĂ© sans rĂ©ponse, mĂŞme après les Ă©vĂ©nements des deux derniers jours.
Le dur incident de dimanche a menacĂ© de faire dĂ©railler la mĂ©diation Ă©gyptienne, et les tirs incessants de tirs au cours des deux prochains jours ont alimentĂ© les critiques sur l’Ă©rosion de la dissuasion. Mais mĂŞme hier, les FDI et le Shin Bet ont expliquĂ© aux ministres que la meilleure alternative Ă©tait un calme rĂ©gi par les Égyptiens et les Nations Unies. La majoritĂ© des ministres sont inclinĂ©s dans cette direction et ont approuvĂ© la recommandation des chefs des services de dĂ©fense de mettre fin aux attaques. Ils ont vraiment frappĂ© Ă la table avec un poing.
Une autre vĂ©ritĂ© qui devient de plus en plus nette est que Netanyahu ne prend pas vraiment en compte la position du gouvernement. Il a fallu attendre longtemps avant de convoquer les ministres pour des consultations et, pendant plus de 24 heures, il a prĂ©fĂ©rĂ© mener la campagne sur un forum de sĂ©curitĂ© limitĂ© avec le ministre de la DĂ©fense, le chef d’Ă©tat-major et le chef du Shin Bet.
Lors de la rĂ©union du cabinet, les discussions ont durĂ© plus de six heures, mais Netanyahu a choisi de ne pas tenir de vote Ă la fin, laissant aux ministres le sentiment amer que la rĂ©union avait Ă©tĂ© convoquĂ©e dans le seul but de les laisser se dĂ©tendre et de les blâmer pour la dĂ©cision qu’il avait dĂ©jĂ prise. « L’armĂ©e n’offre pas de grandes options dans les discussions car elle ne prĂ©sente finalement que ce que le Premier ministre veut prĂ©senter », a dĂ©clarĂ© un des ministres. « Netanyahu est principalement intĂ©ressĂ© par lui », a dĂ©clarĂ© un autre ministre. Avant la rĂ©union du cabinet, le bureau de Netanyahu avait demandĂ© aux ministres de ne pas ĂŞtre interrogĂ©s – mais ensuite – le Premier ministre n’avait aucun problème Ă envoyer les ministres se rendre dans les studios pour expliquer la dĂ©cision controversĂ©e sur le cessez-le-feu, alors que lui-mĂŞme ne se donnait pas la peine de faire une dĂ©claration. Netanyahu a rĂ©cemment changĂ© son habitude de s’isoler des mĂ©dias et a commencĂ© Ă adopter de temps en temps l’habitude des confĂ©rences de presse, mais il prĂ©fère toujours confier la responsabilitĂ© des dĂ©gâts Ă Gaza.
L’agressivitĂ© du gouvernement de Netanyahu sur Netanyahu a reçu une dĂ©claration publique particulièrement brutale hier, lorsque ses deux partenaires de droite – Avigdor Lieberman et Naftali Bennett – ont rĂ©agi de manière furieuse aux briefings du bureau de Netanyahu, selon lesquels l’ensemble du cabinet avait acceptĂ© la recommandation des forces de sĂ©curitĂ© de mettre fin aux attaques Ă Gaza et d’accepter le cessez-le-feu. Les deux hommes, qui sont gĂ©nĂ©ralement en conflit se sont retrouvĂ©s sur le mĂŞme front contre Netanyahu, insistant sur le fait qu’ils ont exprimĂ© leur opposition Ă la politique. « Pike News », a affirmĂ© que Lieberman, rĂ©affirmait sa position selon laquelle un « coup sĂ©vère contre le Hamas » devrait ĂŞtre lancĂ©, tandis que Bennett a dĂ©clarĂ© qu’il s’agissait d’un « mensonge totale » et qu’il continuait Ă s’opposer Ă l’accord sans Ă©tablir de dissuasion.
La vĂ©ritĂ© dans cette affaire se situe quelque part au milieu – Lieberman et Bennett ont exprimĂ© leur opposition, mais en tout Ă©tat de cause, il n’y a pas eu de vote officiel, mais uniquement une sĂ©rie de prises de position et de consultations au terme desquelles leur position n’a pas Ă©tĂ© acceptĂ©e. Selon des sources au sein du gouvernement, la cessation des attaques Ă©tait dĂ©sormais un accord et le diffĂ©rend n’était dĂ» qu’Ă sa continuation. Bennett et Lieberman, qui s’opposent Ă l’arrangement, Ă©taient furieux contre le coup que Netanyahou avait fait. Seul cette fois l’Ă©quilibre peut ĂŞtre rompu : le mystĂ©rieux message de sĂ©curitĂ© concernant la confĂ©rence de presse suggère que Lieberman a plus de lapins dans son chapeau.
Cependant, les pneus en feu Ă Sderot ne montrent aucune routine, ce qui montre que le prix de la politique de Netanyahu pourrait payer pour le calme Ă Gaza. Netanyahu a saluĂ© la prudence des dirigeants dans la vie des soldats. Mais il a Ă©galement admis ne pas avoir de vision ou d’horizon rĂ©el pour Gaza, ce qui apparaĂ®t comme une faiblesse centrale lors des prochaines Ă©lections : Ă droite, Lieberman et Bennett, Tzipi Livni, Avi Gabai et Yair Lapid, et mĂŞme au sein du Likoud. Gideon Sa’ar, qui se sentait libre et retenu depuis son inculpation, s’est joint au groupe de critiques cette semaine pour critiquer Netanyahu pour sa politique faible Ă Gaza.
Les éloges que Netanyahu reçoit pour sa retenue et sa modération ne se comparent pas aux cris de feu dans les réseaux au sujet de la perte de force de dissuasion.






