La Russie a déployé des troupes à la frontière entre la Syrie et la Turquie un jour après que le président turc Recep Tayyip Erdoğan ait déclaré que son pays et la Russie avaient conclu un accord «historique» visant à éliminer tous les combattants kurdes syriens de cette région.
« ConformĂ©ment Ă cet accord, la Turquie et la Russie n’autoriseront aucun programme sĂ©paratiste sur le territoire syrien », a dĂ©clarĂ© ErdoÄźan, s’exprimant aux cĂ´tĂ©s de Poutine lors d’une confĂ©rence de presse Ă l’issue de la rĂ©union Ă Sochi, en Russie.
Les kurdes disposeront de 150 heures pour se retirer à une vingtaine de kilomètres de la frontière.
Les forces turques continueront de contrĂ´ler la zone qu’elles ont occupĂ©e lors de l’incursion de la semaine dernière dans le nord de la Syrie. La Turquie s’est engagĂ©e Ă crĂ©er une zone de sĂ©curitĂ© le long de la frontière pour les quelque 2 millions de rĂ©fugiĂ©s syriens hĂ©bergĂ©s par la Turquie.
Le prĂ©sident amĂ©ricain Donald Trump a dĂ©clarĂ© mercredi qu’un cessez-le-feu « permanent » avait Ă©tĂ© conclu en Syrie et que toutes les sanctions imposĂ©es par les États-Unis Ă l’encontre de la Turquie seraient levĂ©es.
« J’ai donc chargĂ© le secrĂ©taire du TrĂ©sor de lever toutes les sanctions imposĂ©es le 14 octobre en rĂ©ponse aux actions offensives initiales de la Turquie contre les Kurdes », a dĂ©clarĂ© Trump.
Le président a exprimé sa confiance que la Turquie ferait sa part pour maintenir la paix dans le nord de la Syrie, où les États-Unis ont retiré leurs troupes le 6 octobre.
Trump a dĂ©clarĂ© qu’un petit nombre de soldats amĂ©ricains resteraient en Syrie pour protĂ©ger le pĂ©trole de la rĂ©gion, bien qu’ils prĂ©tendent que les États-Unis quittent le pays après une dĂ©cennie.
«Ces Ă©vĂ©nements renforcent l’influence grandissante de Poutine au Moyen-Orient et le positionnent en tant que mĂ©diateur aux dĂ©pens des États-Unis. C’est une victoire pour lui», a dĂ©clarĂ© Ă JNS Anna Borshchevskaya de l’Institut de Washington pour la politique du Proche-Orient. «La Turquie, quant Ă elle, continue de tomber dans la sphère d’influence de Poutine. Poutine a travaillĂ© pendant des annĂ©es pour crĂ©er un effet de levier sur ErdoÄźan.  »
Cependant, le public russe semble ne pas soutenir l’activitĂ© de la Russie en Syrie.
Cinquante-cinq pour cent des Russes souhaitent que le pays quitte la Syrie, selon un récent sondage réalisé par le Centre Levada, basé à Moscou.
«Ce dĂ©ploiement en Syrie est encore assez limitĂ© et, franchement, la presse contrĂ´lĂ©e par le Kremlin peut faire tourner les choses Ă sa guise. Mais le point clĂ©, c’est qu’il s’agit d’un très petit contingent. Poutine a pris soin de ne pas transformer la Syrie en un autre Afghanistan », a expliquĂ© Borshchevskaya. «Et comme il s’agit d’un petit contingent, la Russie peut probablement continuer Ă le faire. Il existe bien sĂ»r un risque plus grand pour les troupes russes d’ĂŞtre coincĂ©es entre les forces militaires turques et syriennes – un risque en cas de conflit.  »
« En fin de compte, Poutine souhaite une solution Ă ses conditions Ă la crise syrienne », a-t-elle poursuivi. «Et il est plus proche de cette rĂ©solution. ErdoÄźan avait depuis longtemps cessĂ© de dire «[le prĂ©sident syrien Bashar] Assad doit partir» et il pourrait très bien devoir accepter Assad au pouvoir dans le cadre d’un accord plus large avec Poutine dans le nord-est de la Syrie ».





