Dimanche, la Cour suprĂŞme a rendu une dĂ©cision de jurisprudence accordant le statut de rĂ©fugiĂ© Ă une famille de CĂ´te d’Ivoire, car les filles de la famille sont menacĂ©es de mutilations gĂ©nitales forcĂ©es, ce qu’on appelle la «circoncision fĂ©minine».
Selon la Convention internationale sur le statut des rĂ©fugiĂ©s, la menace de «circoncision fĂ©minine» est l’un des motifs d’octroi de l’asile. IsraĂ«l est partie Ă la convention, et les reprĂ©sentants de l’État n’ont pas contestĂ© avec les tribunaux qu’une telle menace accorderait l’asile.
Mais la cour d’appel du ministère de l’IntĂ©rieur et le tribunal de district ont refusĂ© la famille de CĂ´te d’Ivoire au motif que la circoncision fĂ©minine est interdite par la loi dans cet État et qu’il y a des zones oĂą elle n’est presque pas pratiquĂ©e. Par consĂ©quent, les juges ont convenu qu’une famille de migrants illĂ©gaux serait en mesure de protĂ©ger leurs filles nĂ©es en IsraĂ«l contre les blessures en se dĂ©plaçant simplement dans une autre rĂ©gion de la CĂ´te d’Ivoire.
Cependant, lors des audiences devant la Cour suprĂŞme, les reprĂ©sentants du ministère de l’IntĂ©rieur n’ont fourni au tribunal aucune preuve convaincante que les autoritĂ©s de la CĂ´te d’Ivoire protègent rĂ©ellement les femmes contre les mutilations forcĂ©es. Par consĂ©quent, les trois juges de la Cour suprĂŞme ont convenu que la famille devrait pouvoir rester en IsraĂ«l. À la majoritĂ© de deux voix sur trois, le tribunal a ordonnĂ© au ministère de l’IntĂ©rieur d’accorder le statut de rĂ©fugiĂ© aux demandeurs. Le juge Yosef Elron, qui est restĂ© dans la minoritĂ©, a proposĂ© de les laisser dans le statut de rĂ©sidents temporaires, ce qui diffère du statut de rĂ©fugiĂ© en ce qu’il nĂ©cessite un renouvellement non pas tous les trois ans, mais chaque annĂ©e.
L’ancien ministre de la justice Ayelet Shaked a dĂ©claré que la dĂ©cision de la Cour suprĂŞme «crĂ©e une interprĂ©tation radicale et dangereuse de la Convention relative au statut des rĂ©fugiĂ©s». Shaked n’est pas d’accord avec la convention internationale, selon elle, « la circoncision fĂ©minine, aussi terrible soit-elle, ne peut pas ĂŞtre une base pour l’octroi de l’asile au Moyen-Orient ».
Les commentateurs ont qualifiĂ© Shaked de «monstre diabolique», incapable de solidaritĂ© fĂ©minine ou de compassion humaine, et lui ont souhaitĂ© «de ne rencontrer que des personnes comme elle toute sa vie». Pour comprendre ces critiques perverses, il suffit de lire tout article encyclopĂ©dique sur la «circoncision fĂ©minine» en Afrique – une procĂ©dure terrible qui menace les filles avec des handicaps physiques et mentaux irrĂ©versibles Ă vie.





