Des scientifiques suggèrent qu’il est nĂ©cessaire d’infecter des volontaires sains pour accĂ©lĂ©rer les essais de vaccins contre le coronavirus

Les auteurs d’une Ă©tude publiĂ©e dans le Journal of Infectious Diseases ont proposĂ© un moyen extrĂŞme d’accĂ©lĂ©rer l’essai clinique du vaccin COVID-19 en testant les vaccins sur de jeunes volontaires sains en les infectant avec le coronavirus. Autrefois, ce type d’essai Ă©tait une pratique courante, mais rĂ©cemment, il a Ă©tĂ© jugĂ© Ă©thiquement inacceptable s’il n’y a pas de traitement efficace contre l’infection et qu’il existe un risque Ă©levĂ© de complications graves ou de dĂ©cès.

Les vaccins du nouveau coronavirus ont dĂ©jĂ  Ă©tĂ© dĂ©veloppĂ©s par des dizaines de laboratoires, certains ont dĂ©jĂ  entamĂ© la première phase des essais cliniques. Il faut un an et demi pour complĂ©ter les trois phases de test nĂ©cessaires pour confirmer l’innocuitĂ© et l’efficacitĂ© du vaccin.

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Dans la situation extrĂŞme actuelle, cette pĂ©riode semble inacceptablement longue, et certains estiment qu’il est possible de raccourcir le troisième Ă©tape des essais cliniques du vaccin (qui est la plus longue), lorsque son effet est Ă©tudiĂ© sur des milliers de patients. Contrairement aux mĂ©dicaments, un vaccin ou un placebo doit ĂŞtre administrĂ© Ă  des personnes en bonne santĂ© avant l’infection (ce qui peut ne pas se produire) et comparer les effets dans les groupes d’Ă©tude et de contrĂ´le sur une pĂ©riode assez longue. La fiabilitĂ© statistique des rĂ©sultats dĂ©pend de la taille et de la reprĂ©sentativitĂ© de l’Ă©chantillon; dans la troisième phase des tests, de nombreux groupes de patients assez importants dans diffĂ©rents pays sont nĂ©cessaires.

En infectant des volontaires, les mĂ©decins voient beaucoup plus clairement l’effet du vaccin. Cependant, le risque est Ă©levĂ©, en particulier pour les volontaires du groupe tĂ©moin qui seront infectĂ©s par un coronavirus sans vaccination prĂ©alable. L’idĂ©e soulève de grands doutes Ă©thiques: bien que très rarement, des personnes jeunes et en bonne santĂ© meurent Ă©galement du COVID-19.

Les auteurs pensent que l’Ă©thique mĂ©dicale ne sera pas trop violĂ©e si seules les personnes les plus en bonne santĂ© sont sĂ©lectionnĂ©es pour le test, une petite dose de virus leur est administrĂ©e puis maintenue sous observation clinique constante, surveillant le niveau de charge virale et la rĂ©ponse immunitaire du corps, et si nĂ©cessaire, le traitement doit ĂŞtre commencĂ© immĂ©diatement.