Benjamin Netanyahu suggère des micro-puces aux enfants pour respecter la distanciation sociale à l’école

Les cyber-experts ont critiquĂ© le Premier ministre Benjamin Netanyahu pour sa proposition de « micropuce » pour les enfants qui retournent dans les Ă©coles et les jardins d’enfants alors que le confinement est de plus en plus rĂ©duit, a rapportĂ© vendredi Ynet.

Lors d’une confĂ©rence de presse lundi, Netanyahu a suggĂ©rĂ© au ministère de la SantĂ© d’utiliser une nouvelle technologie pour aider IsraĂ«l Ă  s’adapter Ă  sa nouvelle routine alors que l’État lève le confinement du coronavirus. « C’est-Ă -dire une technologie qui n’a pas Ă©tĂ© utilisĂ©e auparavant et qui est autorisĂ©e par la lĂ©gislation que nous allons promulguer », a-t-il prĂ©cisĂ©.

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«J’ai parlĂ© avec nos chefs de la technologie afin de trouver des mesures dans lesquelles IsraĂ«l est bon, comme les capteurs. Par exemple, chaque personne, chaque enfant – d’abord aux enfants – aurait un capteur qui dĂ©clencherait une alarme, comme celles des voitures « , a dĂ©clarĂ© le Premier ministre.

« Il sera difficile de le faire Ă  plus d’un million d’Ă©coliers qui retournent dans leurs Ă©tablissements d’enseignement afin de garantir qu’un Ă©lève se trouve Ă  une distance de deux mètres l’un de l’autre. C’est fictif et dangereux », a dĂ©clarĂ© Einat Meron, experte en cyberrĂ©silience, Ă  Ynet.

« ThĂ©oriquement, j’ai l’idĂ©e derrière ça », a-t-elle dĂ©clarĂ©. « Mais bien que de telles micropuces sensibles Ă  la distance existent dans les vĂ©hicules, elles sont diffĂ©rentes chez l’homme. » Selon Meron, « un bip sonore me disant que je me suis rapprochĂ© de quelqu’un ne suffit pas. Qui a dit que cela changerait quoi que ce soit ? Je me serais rapprochĂ© de toute façon. »

L’expert a ajoutĂ© que « le vĂ©ritable problème est l’application, et ici tout change. » Meron a dĂ©clarĂ© Ă  Ynet que « les micropuces pour enfants ne passeront aucun test – Ă  la fois pratiquement et lĂ©galement ». Semblable Ă  la notion de Meron selon laquelle informer les citoyens de leur distance n’affectera pas leurs actions, beaucoup craignent que l’État utilise les informations disponibles Ă  partir des capteurs.

« Si les informations sur l’emplacement des enfants sont tĂ©lĂ©chargĂ©es sur Internet, un pĂ©dophile ayant une certaine connaissance du cyberespace peut envahir le système et les traquer en dehors de leurs Ă©coles, les suivre et diffuser les informations sur d’autres plateformes », a dĂ©clarĂ© Meron. « L’Etat peut-il en assumer la responsabilitĂ© ? »

Le bureau du Premier ministre a rĂ©pondu au rapport, disant que la suggestion de Ynet Netanyahu « ne doit pas ĂŞtre mise en Ĺ“uvre par le biais de bases de donnĂ©es, mais par une technologie simple informant [les citoyens] de leurs distances. Il s’agit d’une option volontaire conçue pour aider les enfants Ă  garder leurs distances, » comme Mobileye avec des vĂ©hicules. « 

Le bureau a ajoutĂ© que la suggestion du Premier ministre est « une idĂ©e qui peut aider Ă  maintenir la distanciation sociale, et il n’y aura aucune violation de la vie privĂ©e ».

Mercredi, Walla a rapporté que les mouvements de tous les véhicules en Israël avaient été suivis par la police et stockés dans une base de données non réglementée nommée Eagle Eye. Une source citée par le site des médias a déclaré que les informations « pourraient être conservées pendant des années ».

L’Association pour les droits civils en IsraĂ«l (ACRI) aurait soumis une demande en vertu de la loi sur la libertĂ© de l’information afin que la police divulgue l’Ă©tendue des opĂ©rations d’Eagle Eye, ainsi que le moment oĂą les informations sur les mouvements des citoyens sont stockĂ©es dans le système.

La police israĂ©lienne a rĂ©pondu Ă  l’ACRI, affirmant que l’activitĂ© du système n’Ă©tait pas normalisĂ©e en interne malgrĂ© plusieurs annĂ©es d’opĂ©rations. « Quoi qu’il en soit, une fois finalisĂ©e, la procĂ©dure ne sera pas divulguĂ©e au public », a ajoutĂ© la police.

Fin mars, Yediot Aharonot a signalĂ© qu’une base de donnĂ©es classifiĂ©e du Shin Bet (Agence de sĂ©curitĂ© israĂ©lienne) stockait des informations sur tous les citoyens israĂ©liens et la plupart des Palestiniens de Cisjordanie. Les donnĂ©es suivies par l’agence de sĂ©curitĂ© comprenaient des mouvements, des appels tĂ©lĂ©phoniques et des SMS.