L’explosion mystĂ©rieuse qui a choquĂ© TĂ©hĂ©ran vendredi s’est produite dans une zone proche des montagnes, Ă l’est de la ville oĂą, selon les experts, il existe des tunnels souterrains et des sites de production de missiles. C’est ce qui ressort des nouvelles images satellites publiĂ©es ce samedi.
Jusqu’Ă prĂ©sent, on ne sait pas ce qui a explosĂ© dans l’Ă©norme boule de feu dans le ciel, ni quelle Ă©tait la raison de l’explosion. La rĂ©ponse inhabituelle du rĂ©gime a cependant mis en Ă©vidence le fait qu’il s’agit d’une zone sensible Ă proximitĂ© de sites oĂą les observateurs internationaux pensent que des expĂ©riences ont Ă©tĂ© menĂ©es sur des explosifs puissants au cours des 20 dernières annĂ©es, dans le cadre du projet nuclĂ©aire du pays.
L’explosion a Ă©tĂ© assez forte pour secouer les fenĂŞtres des maisons dans toute la ville. Des journalistes de la tĂ©lĂ©vision d’État iranienne ont filmĂ© des rĂ©servoirs de gaz dans la zone de l’explosion, mais ont Ă©vitĂ© de filmer la zone environnante. Le porte-parole du dĂ©partement de la DĂ©fense, Daboud Abdi, a affirmĂ© que l’explosion avait Ă©tĂ© causĂ©e par une fuite de gaz, mais il n’a pas prĂ©cisĂ© qui et ni combien de personnes avaient Ă©tĂ© tuĂ©es. Abdi a qualifiĂ© la zone de « publique » mais les responsables pour Ă©teindre le site en feu Ă©taient des militaires et non des pompiers civils.
Les images satellites publiĂ©es , Ă 20 kilomètres Ă l’est du centre de TĂ©hĂ©ran, ont documentĂ© des centaines de mètres de sol et de vĂ©gĂ©tation brĂ»lĂ©s – qui n’ont pas Ă©tĂ© vus sur les images de la rĂ©gion dans les semaines prĂ©cĂ©dant l’incident.
En mĂŞme temps que l’explosion mystĂ©rieuse, l’Ă©lectricitĂ© dans près de la moitiĂ© des maisons de la ville de Shiraz est tombĂ©e. Selon l’agence de presse turque Anadolu, la panne de courant Ă©tait due Ă une explosion dans une centrale Ă©lectrique de la rĂ©gion. « À la suite d’un incendie qui a Ă©clatĂ© dans l’une des principales centrales Ă©lectriques du district de Pars, certaines parties de la ville ont Ă©tĂ© assombries », a indiquĂ© le communiquĂ© du conseil municipal de Shiraz publiĂ© par l’agence de presse Maher.
Les rĂ©servoirs de gaz se trouvent près de ce que les experts dĂ©crivent comme l’installation de missiles iraniens Khugar. Selon Fabian Hintz, chercheur au James Martin Center du Middlebury Institute for International Studies en Californie, l’explosion semble avoir frappĂ© les installations de la Shaheed Bakery Industrial Association qui produit des missiles Ă combustible solide. Le Center for Strategic and International Studies de Washington a dĂ©clarĂ© que Hajjir est un site oĂą plusieurs tunnels sont utilisĂ©s pour fabriquer des armes.
Le rapport de l’explosion mystĂ©rieuse et de la coupure d’Ă©lectricitĂ© survient Ă la lumière d’une cyber-guerre semi-secrète entre IsraĂ«l et l’Iran. Le mois dernier, le Washington Post a rapportĂ© qu’IsraĂ«l Ă©tait Ă l’origine d’une cyberattaque qui a perturbĂ© de manière significative les opĂ©rations portuaires dans la ville de Bandar Abbas, dans le sud de l’Iran. Il y a quelques semaines, une attaque aurait Ă©tĂ© attribuĂ©e Ă des Iraniens contre des infrastructures hydrauliques en IsraĂ«l.
Selon le Washington Post, la cyberattaque iranienne a eu lieu le 9 mai sur un port près du dĂ©troit d’Ormuz, par lequel se dĂ©roule une grande partie du commerce du pĂ©trole iranien. Le journal cite des responsables du renseignement Ă©tranger qui ont dĂ©crit une grande agitation dans les opĂ©rations portuaires dans les jours qui ont suivi l’attaque et les retards dans le trafic maritime. Ă€ la suite du rapport, le directeur de l’Institut de recherche sur la sĂ©curitĂ© nationale (INSS), le gĂ©nĂ©ral (RĂ©s.) Amos Yadlin, a tweetĂ© que « cela semble ĂŞtre une rĂ©ponse israĂ©lienne Ă l’attaque iranienne contre les rĂ©seaux d’aqueduc et d’Ă©gout ». Yadlin, ancien chef de l’armĂ©e, a ajoutĂ© qu ‘ »IsraĂ«l indique clairement que les systèmes civils doivent ĂŞtre mis hors de combat ».




