Le Mexique dĂ©nonce des accords d’espionnage avec NSO pour 300 millions de dollars

Mexique – Le principal enquĂŞteur mexicain sur la lutte contre le blanchiment d’argent a dĂ©clarĂ© mercredi que des responsables des administrations prĂ©cĂ©dentes de 2012 Ă  2018 avaient dĂ©pensĂ© environ 300 millions de dollars de fonds publics pour acheter des programmes d’espionnage Ă  la sociĂ©tĂ© israĂ©lienne NSO Group.

Les factures pour des programmes comme le logiciel espion Pegasus semblent avoir inclus des trop-payĂ©s qui peuvent avoir Ă©tĂ© redirigĂ©s vers d’anciens responsables gouvernementaux sous forme de pots-de-vin.

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Santiago Nieto, chef de l’UnitĂ© de renseignement financier du Mexique, a dĂ©clarĂ© que les informations Ă©taient transmises aux procureurs du Mexique.

Nieto a dĂ©clarĂ© que les montants payĂ©s et la manière dont ils ont Ă©tĂ© payĂ©s suggèrent la corruption du gouvernement dans un programme d’Ă©coutes tĂ©lĂ©phoniques dĂ©jĂ  discutable ciblant des journalistes, des militants et des personnalitĂ©s de l’opposition, qui comprenait Ă  l’Ă©poque le prĂ©sident AndrĂ©s Manuel LĂłpez Obrador et son entourage.

« Cela implique ou du moins prĂ©sume l’existence d’actes de corruption, en vendant (le programme d’espionnage) Ă  des prix gonflĂ©s au gouvernement entre 2012 et 2018 », a dĂ©clarĂ© Nieto.

Le programme phare de NSO, Pegasus, peut pirater les tĂ©lĂ©phones portables Ă  l’insu des utilisateurs, permettant aux clients de lire tous les messages, de suivre l’emplacement de l’utilisateur et d’accĂ©der Ă  l’appareil photo et au microphone du tĂ©lĂ©phone. Un rapport de novembre 2018 a dĂ©noncĂ© que Pegasus avait Ă©tĂ© utilisĂ© pour attaquer des journalistes dans le pays.

LĂłpez Obrador a pris ses fonctions le 1er dĂ©cembre 2018 et a jurĂ© de ne jamais utiliser de logiciels espions. Nieto a dĂ©clarĂ© qu’aucune opĂ©ration n’avait Ă©tĂ© dĂ©tectĂ©e dans l’administration actuelle.

Le Mexique avait la plus grande liste – quelque 700 numĂ©ros de tĂ©lĂ©phone – parmi les milliers prĂ©tendument sĂ©lectionnĂ©s par les clients des ONS pour une surveillance potentielle.

Certains achats ont apparemment eu lieu sous l’ancien secrĂ©taire Ă  la sĂ©curitĂ© Genaro GarcĂ­a Luna, qui est en dĂ©tention pour trafic de drogue aux États-Unis. D’autres se sont produits pendant l’administration de l’ancien prĂ©sident Enrique Peña Nieto ; l’un de ses hauts responsables de la sĂ©curitĂ©, Tomás ZerĂłn, s’est ensuite enfui en IsraĂ«l.

MalgrĂ© les informations selon lesquelles IsraĂ«l avait exprimĂ© son dĂ©sintĂ©rĂŞt pour l’extradition de ZerĂłn pour faire face Ă  des accusations dans une autre affaire au Mexique, l’ambassadeur d’IsraĂ«l au Mexique, Zvi Tal, a Ă©crit mardi que le processus avançait.

« IsraĂ«l ne prend pas en compte les considĂ©rations politiques dans les procĂ©dures d’extradition » , a Ă©crit Tal. « L’objectif du dialogue entre les autoritĂ©s israĂ©liennes et mexicaines respectives est de s’assurer que la demande d’extradition est correctement prĂ©sentĂ©e et examinĂ©e. Il n’y a eu aucun retard de la part d’IsraĂ«l ».

Mercredi, NSO s’est dĂ©fendu contre les accusations selon lesquelles il aurait vendu son logiciel espion Pegasus Ă  des violateurs des droits humains ciblant entre autres des dissidents, des politiciens et des journalistes, affirmant qu’ « une campagne orchestrĂ©e contre nous est en cours ».

« De fausses accusations ont Ă©tĂ© publiĂ©es contre nous qui ignorent les faits », a dĂ©clarĂ© la sociĂ©tĂ© dans un communiquĂ© annonçant qu’elle ne rĂ©pondrait pas Ă  d’autres demandes de commentaires sur les allĂ©gations. « Nous n’allons pas jouer au jeu des insinuations et des calomnies. »

Le PDG Shalev Hulio, 39 ans, a nié mardi dans une interview accordée à la radio israélienne 103FM que son entreprise avait fait quelque chose de mal.

Il a dĂ©clarĂ© que NSO n’avait « aucun lien » avec la liste de milliers de numĂ©ros de tĂ©lĂ©phone.

Mardi, le ministre de la DĂ©fense Benny Gantz a dĂ©clarĂ© qu’IsraĂ«l n’approuvait l’exportation de technologie qu’aux gouvernements « exclusivement dans le but de prĂ©venir et d’enquĂŞter sur le crime et le terrorisme ».

Il a dĂ©clarĂ© qu’IsraĂ«l « étudie » les publications rĂ©centes sur le sujet.

Le ministère de la DĂ©fense a promis que des « mesures appropriĂ©es » seraient prises s’il s’avère que le groupe NSO a violĂ© les termes de sa licence d’exportation.