Trente-trois pays ont ouvertement boycottĂ© la confĂ©rence Durban IV Ă New York aujourd’hui. Le ministre israĂ©lien des Affaires Ă©trangères Yair Lapid a tweetĂ© ce matin avant l’ouverture de la confĂ©rence : « Suite aux efforts diplomatiques ciblĂ©s et fructueux du ministère des Affaires Ă©trangères, 30 pays boycottent la confĂ©rence antisĂ©mite de Durban qui s’ouvre aujourd’hui Ă New York ». La publication Ă©tait accompagnĂ©e d’un montage des drapeaux des 30 pays boycottant, avec le slogan « 30 pays contre la confĂ©rence antisĂ©mite de Durban ».
Lapid faisait rĂ©fĂ©rence Ă la confĂ©rence Durban IV qui se tient aujourd’hui Ă New York en marge de l’AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale annuelle des Nations Unies. La confĂ©rence marquait le 20e anniversaire de la DĂ©claration de Durban, qui a Ă©tĂ© adoptĂ©e lors de la ConfĂ©rence mondiale contre le racisme en 2001.
Comme Lapid l’a mentionnĂ©, plusieurs pays ont boycottĂ© l’Ă©vĂ©nement de Durban IV le 22 septembre en raison de prĂ©occupations concernant l’antisĂ©mitisme et la plate-forme exploitĂ©e pour attaquer IsraĂ«l. Les 33 États qui ont boycottĂ© comprenaient IsraĂ«l, les États-Unis, la France, le Canada, l’Australie, le Royaume-Uni, l’Autriche, la RĂ©publique tchèque, l’Allemagne, la Hongrie, les Pays-Bas, la Moldavie, la Grèce, la Nouvelle-ZĂ©lande, la Pologne, la Roumanie et d’autres. C’est plus du double du nombre de pays qui l’ont fait dans le passĂ© pour les confĂ©rences de Durban.
En 2011, 15 pays ont sauté la conférence de Durban III.
L’Allemagne avait dĂ©jĂ confirmĂ© en juillet dernier qu’elle ne participerait pas Ă la confĂ©rence de Durban de cette annĂ©e. Pour la France, c’Ă©tait la troisième fois qu’elle boycottait un Ă©vĂ©nement de suivi de la DĂ©claration de Durban. Avant l’Ă©vĂ©nement, le bureau du prĂ©sident français Emmanuel Macron a publiĂ© un communiquĂ© disant : « PrĂ©occupĂ© par un historique de propos antisĂ©mites tenus lors de la confĂ©rence des Nations unies sur le racisme, dite confĂ©rence de Durban, le prĂ©sident de la RĂ©publique a dĂ©cidĂ© que la France ne va pas participer Ă la confĂ©rence qui se tiendra cette annĂ©e.»
La première confĂ©rence de Durban 2001 en Afrique du Sud a Ă©tĂ© marquĂ©e par de profondes divisions sur les questions d’antisĂ©mitisme, de xĂ©nophobie, de colonialisme et d’esclavage. Les organisations non gouvernementales qui ont participĂ© Ă la confĂ©rence ont accusĂ© IsraĂ«l de nettoyage ethnique, arguant qu’IsraĂ«l Ă©tait un État d’apartheid et que le sionisme Ă©tait du racisme. Ă€ ce moment-lĂ , les États-Unis et IsraĂ«l ont quittĂ© la confĂ©rence, protestant contre son ton.
En 2009, le prĂ©sident iranien de l’Ă©poque, Mahmoud Ahmadinejad, s’est adressĂ© Ă la confĂ©rence de Durban II et a qualifiĂ© IsraĂ«l de « rĂ©gime raciste cruel et rĂ©pressif ». « Après la Seconde Guerre mondiale, [les puissances occidentales] ont recouru Ă rendre une nation entière sans abri sous prĂ©texte de souffrance juive. Ils ont envoyĂ© des migrants d’Europe, des États-Unis et d’autres parties du monde pour Ă©tablir un gouvernement totalement raciste en Palestine occupĂ©e », a fait valoir Ahmadinejad. Ses propos ont provoquĂ© un dĂ©part rare de dizaines de diplomates qui ont assistĂ© Ă l’Ă©vĂ©nement de Genève.
Que 33 pays aient boycottĂ© l’actuelle ConfĂ©rence de Durban Ă©tait clairement une victoire pour la diplomatie israĂ©lienne. Lapid a dit la mĂŞme chose le 20 septembre, en publiant un article sur la campagne diplomatique offensive israĂ©lienne. Parallèlement Ă l’article, le ministre des Affaires Ă©trangères a notĂ© : « Le ministère des Affaires Ă©trangères en action : une campagne diplomatique ciblĂ©e et rĂ©ussie contre la confĂ©rence sur l’antisĂ©mitisme de Durban ».
Lors d’une confĂ©rence organisĂ©e le 20 septembre par le groupe de dĂ©fense juif AJC, l’ambassadeur d’IsraĂ«l auprès de l’ONU, Gilad Erdan, a dĂ©clarĂ© que la ConfĂ©rence de Durban de 2001 avait Ă©tĂ© initialement Ă©tablie avec de bonnes intentions, mais a ensuite Ă©tĂ© dĂ©tournĂ©e par les Palestiniens et d’autres anti-israĂ©liens. militants qui en ont fait une plateforme antisĂ©mite. Avec cela, la DĂ©claration de Durban a politisĂ© la lutte mondiale contre le racisme, a-t-il dĂ©clarĂ©. « La DĂ©claration fait intentionnellement rĂ©fĂ©rence aux Palestiniens dans la section des victimes du racisme », a fait valoir Erdan, qui a reprochĂ© aux militants anti-israĂ©liens de l’avoir signalĂ© pour racisme prĂ©sumĂ©.
La confĂ©rence en ligne de l’AJC faisait partie d’une sĂ©rie d’Ă©vĂ©nements organisĂ©s par le ministère israĂ©lien des Affaires Ă©trangères ou en coopĂ©ration avec le ministère contre Durban IV. Le 19 septembre, Erdan a participĂ© Ă une contre-confĂ©rence en ligne Durban IV organisĂ©e par la directrice de l’Institut Touro pour les droits de l’homme et l’Holocauste, Anne Bayefsky, et d’autres militants des droits de l’homme. La confĂ©rence en ligne a appelĂ© l’ONU Ă combattre le racisme, pas les Juifs.





