L’AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale des Nations Unies a approuvĂ© mercredi une rĂ©solution 129-11 qui dĂ©savouait les liens juifs avec le mont du Temple et l’appelait uniquement par son nom musulman d’al-Haram al-Sharif.
Le texte, appelĂ© « rĂ©solution de JĂ©rusalem », fait partie d’une poussĂ©e de l’AutoritĂ© palestinienne et des États arabes Ă travers le système des Nations Unies pour rebaptiser le site le plus saint du judaĂŻsme comme un site exclusivement islamique.
Les États-Unis, qui se sont opposĂ©s au texte, ont dĂ©clarĂ© que l’omission d’une terminologie inclusive pour le site sacrĂ© pour trois confessions Ă©tait une « prĂ©occupation rĂ©elle et sĂ©rieuse ».
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SituĂ© au cĹ“ur de la vieille ville de JĂ©rusalem, c’est lĂ que se trouvait l’ancien temple juif il y a 2 000 ans, et c’est la maison de la mosquĂ©e Aksa qui est le troisième site le plus sacrĂ© de l’Islam.
« Il est moralement, historiquement et politiquement rĂ©prĂ©hensible que les membres de cet organe soutiennent un langage qui nie » Ă la fois les liens juifs et chrĂ©tiens avec le mont du Temple et al-Haram al-Sharif, a dĂ©clarĂ© l’envoyĂ© amĂ©ricain Ă l’UNGA.
Les États-Unis n’ont pas Ă©tĂ© le seul pays Ă s’inquiĂ©ter du manque de langage inclusif. Pour tenter d’assurer le soutien Ă la rĂ©solution, ses auteurs avaient apportĂ© quelques petits amendements depuis la dernière approbation de la rĂ©solution par l’AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale en 2018 par 148-11. Ce texte faisait rĂ©fĂ©rence Ă al-Haram al-Sharif Ă deux reprises, une fois dans la partie action de la rĂ©solution et une fois dans l’introduction.
Cette fois, l’expression al-Haram al-Sharif n’a Ă©tĂ© mentionnĂ©e qu’une seule fois dans l’introduction. MalgrĂ© ce changement, le soutien Ă la rĂ©solution a chutĂ©, le nombre de pays qui se sont abstenus a plus que doublĂ©, passant de 14 Ă 31.
Il y a trois ans, tous les pays europĂ©ens soutenaient le texte ; cette annĂ©e, un certain nombre d’entre eux ont modifiĂ© leur vote.
La Hongrie et la RĂ©publique tchèque se sont opposĂ©es Ă la rĂ©solution, tandis que l’Autriche, la Bulgarie, le Danemark, l’Allemagne, la Lituanie, les Pays-Bas, la Roumanie, la Slovaquie et la SlovĂ©nie se sont abstenus.
Un Ă©missaire britannique a dĂ©clarĂ© que « la rĂ©solution adoptĂ©e aujourd’hui fait rĂ©fĂ©rence aux lieux saints de JĂ©rusalem en termes purement islamiques sans reconnaĂ®tre la terminologie juive du mont du Temple.
« Le Royaume-Uni a clairement indiquĂ© pendant de nombreuses annĂ©es que nous n’Ă©tions pas d’accord avec cette approche – et bien que nous saluions la suppression de la majoritĂ© de ces rĂ©fĂ©rences, nous sommes déçus de ne pas avoir pu trouver de solution Ă la rĂ©fĂ©rence finale », a dĂ©clarĂ© l’Ă©missaire.
« Le Royaume-Uni a donc dĂ©placĂ© notre vote d’aujourd’hui d’un  » oui  » Ă une  » abstention « . Si la rĂ©fĂ©rence dĂ©sĂ©quilibrĂ©e avait Ă©tĂ© supprimĂ©e, le Royaume-Uni aurait Ă©tĂ© prĂŞt et disposĂ© Ă voter « oui » », a-t-il dĂ©clarĂ©.
« Cela ne doit pas ĂŞtre mal compris comme le reflet d’un changement dans la politique britannique Ă l’Ă©gard de JĂ©rusalem. Au lieu de cela, c’est un signal important de notre engagement Ă reconnaĂ®tre l’histoire de JĂ©rusalem aux trois religions monothĂ©istes. »
L’UE a adoptĂ© une position mĂ©diane, saluant les amendements apportĂ©s par l’AP et les groupes arabes pour rĂ©duire le nombre annuel d’une vingtaine de rĂ©solutions sur IsraĂ«l qu’ils prĂ©sentent Ă l’AGNU pour approbation.
« L’UE rĂ©itère que chaque fois que l’on fait rĂ©fĂ©rence au mont du Temple/al-Haram al-Charif dans la rĂ©solution de JĂ©rusalem, les deux termes, Ă savoir le mont du Temple et al-Haram al-Sharif, doivent ĂŞtre utilisĂ©s », a dĂ©clarĂ© un reprĂ©sentant de l’UE.
Il en va de même pour tout texte relatif à Jérusalem, a-t-il expliqué.
« L’UE appelle toutes les parties Ă ne pas nier les liens historiques des autres religions avec la ville de JĂ©rusalem et ses lieux saints, essayant ainsi de dĂ©lĂ©gitimer leur histoire », a dĂ©clarĂ© l’Ă©missaire.
MalgrĂ© ses propos, bon nombre d’États membres de l’UE ont approuvĂ© le texte, dont la Belgique, la France, l’Espagne et l’Italie.
L’ambassadeur palestinien auprès de l’ONU, Riyad Mansour, a remerciĂ© ceux qui soutiennent le texte de JĂ©rusalem, notant qu’il s’agissait « d’une rĂ©solution appropriĂ©e et nĂ©cessaire pour donner espoir et soutien Ă notre peuple ».
Il a repoussĂ© les tentatives de transformer le conflit israĂ©lo-palestinien en une « confrontation religieuse », a dĂ©clarĂ© Mansour, ajoutant qu’il s’appuyait sur un langage sur JĂ©rusalem qui avait dĂ©jĂ Ă©tĂ© approuvĂ© dans les rĂ©solutions du Conseil de sĂ©curitĂ© de l’ONU.
Il a appelĂ© l’ONU Ă accepter la Palestine comme État membre et Ă tenir IsraĂ«l pour responsable de son refus de se retirer sur les lignes d’avant 1967, afin qu’une rĂ©solution Ă deux États du conflit puisse ĂŞtre mise en Ĺ“uvre.
« Nous n’accepterons jamais de continuer Ă vivre sous l’occupation dans un système d’apartheid ; nous mĂ©ritons la libertĂ© et la dignitĂ© dans notre patrie », a dĂ©clarĂ© Mansour.
L’ambassadeur d’IsraĂ«l auprès de l’ONU, Gilad Erdan, a accusĂ© les Palestiniens de tenter d’effacer l’histoire juive.
« L’hypocrisie de ces rĂ©solutions est vraiment scandaleuse. Une rĂ©solution sur JĂ©rusalem qui ne fait pas rĂ©fĂ©rence Ă ses anciennes racines juives n’est pas une erreur d’ignorance, mais une tentative de dĂ©former et de réécrire l’histoire ! Erdan s’est exclamĂ© dans un discours Ă l’UNGA avant le vote.
Il a décrit à quel point Jérusalem est au centre des célébrations religieuses juives.
« Ă€ chaque cĂ©rĂ©monie de mariage juif, le couple nouvellement mariĂ© se tient sous le dais nuptial et s’engage Ă ne jamais oublier son lien juif profond avec JĂ©rusalem : ‘Si je t’oublie, Ă´ JĂ©rusalem, que ma main droite perde son habiletĂ©’ », a dĂ©clarĂ© Erdan.
Le vote a eu lieu le quatrième jour de la fĂŞte de Hanoukka, au cours de laquelle les Juifs du monde entier cĂ©lèbrent la victoire des guerriers MaccabĂ©es sur les Grecs et leur rĂ©cupĂ©ration de l’ancien temple juif en 164 avant notre ère.
C’Ă©tait l’un des trois textes sur IsraĂ«l approuvĂ©s par l’UNGA.
L’assemblĂ©e a votĂ© 148-9, avec 14 abstentions, sur une autre rĂ©solution appelĂ©e le règlement pacifique de la question de Palestine, qui exigeait qu’IsraĂ«l se retire sur les lignes d’avant 1967 et que la communautĂ© internationale refuse de « prĂŞter assistance » aux activitĂ©s de colonisation. Il a Ă©galement appelĂ© Ă une confĂ©rence internationale de paix Ă Moscou.
Les pays opposĂ©s au texte Ă©taient l’Australie, le Canada, la Hongrie, IsraĂ«l, les ĂŽles Marshall, la MicronĂ©sie, Nauru, Palau et les États-Unis.
La troisième rĂ©solution, approuvĂ©e 94-8 avec 69 abstentions, appelait IsraĂ«l Ă se retirer du Golan. Ceux qui s’y sont opposĂ©s Ă©taient l’Australie, le Canada, IsraĂ«l, les ĂŽles Marshall, la MicronĂ©sie, les Palaos, le Royaume-Uni et les États-Unis.






