Au cours des cinq dernières annĂ©es, il n’y a pratiquement pas eu d’attaque terroriste musulmane par un seul auteur en Europe ou en AmĂ©rique que les autoritĂ©s et les mĂ©dias n’aient essayĂ© de faire passer pour une maladie mentale.
Ahmad Al Aliwi Alissa, le meurtrier de masse musulman syrien qui a tiré sur un supermarché de Boulder, et Faisal Akram, qui a pris en otage une synagogue du Texas pour obtenir la libération de « Dame Al-Qaïda », ont vu leurs attaques attribuées à une maladie mentale.
Mais la France est toujours en tĂŞte du monde pour dissimuler le terrorisme musulman comme une maladie mentale.
Lorsque Sarah Halimi, une directrice de garderie juive de 65 ans, a Ă©tĂ© assassinĂ©e par son voisin musulman alors qu’il criait « Allahu Akbar », les autoritĂ©s ont donnĂ© un laissez-passer Ă son meurtrier antisĂ©mite parce que sa consommation de marijuana lui aurait causĂ© un Ă©pisode « psychotique ».
Le meurtre de Halimi avait de forts Ă©chos du meurtre antĂ©rieur d’un DJ juif par un tueur musulman, dans lequel le psychiatre expert avait insistĂ© sur le fait que « ce n’est pas un acte antisĂ©mite mais un acte de dĂ©lire ».
Lorsque Mohamed Lahouaiej-Bouhlel, un terroriste musulman de l’Etat islamique, a conduit un camion lors de la cĂ©lĂ©bration du 14 juillet, a Ă©crasĂ© autant de personnes qu’il le pouvait et a Ă©changĂ© des coups de feu avec la police jusqu’Ă sa mort, sa famille et les mĂ©dias ont insistĂ© alors qu’il Ă©tait mentalement malade. « Le gentil attaquant Mohamed Lahouaiej Bouhlel n’Ă©tait pas un djihadiste », a titrĂ© NBC News malgrĂ© le fait que Bouhlel avait collectĂ© des informations auprès de l’Etat islamique et que le groupe terroriste islamique a revendiquĂ© la responsabilitĂ© de l’attaque.
« Ce n’est pas du tout un acte de terrorisme », a insistĂ© un procureur français après qu’un autre musulman a foncĂ© sur une foule Ă Dijon en criant « Allahu Akbar » et en annonçant qu’il le faisait pour les « enfants de Palestine ». Le procureur a Ă©galement dĂ©clarĂ© qu’il n’avait aucun motif religieux.
Ce n’Ă©taient pas des dĂ©cisions alĂ©atoires. Les autoritĂ©s françaises ont plutĂ´t tentĂ© de requalifier le terrorisme islamique en problème psychologique, tout comme l’administration Obama avait dĂ©libĂ©rĂ©ment rĂ©orientĂ© et dĂ©truit la lutte contre le terrorisme aux États-Unis.
L’ancien ministre français de l’IntĂ©rieur, GĂ©rard Collomb, est allĂ© jusqu’Ă affirmer qu’un tiers des terroristes ont des « problèmes psychologiques ». Cette vision du monde se reflète dans la liste maĂ®tresse des djihadistes islamistes français, qui sert de base de donnĂ©es clĂ© pour la lutte contre le terrorisme interne en France.
Aujourd’hui, le gouvernement Macron tente de reconstruire la lutte antiterroriste de l’Europe de la mĂŞme manière.
Un rĂ©cent mĂ©morandum de la France au Conseil de l’Union europĂ©enne soutient que la « menace jihadiste Ă©volue » pour devenir indĂ©pendante des organisations terroristes et que les auteurs n’ont qu’ « un lien tĂ©nu voire inexistant avec la mouvance radicale » et souffrent  » d’une instabilitĂ© psychologique voire des troubles mentaux « .
Par ailleurs, le mĂ©morandum français accuse les victimes du terrorisme islamique, arguant que les terroristes sont provoquĂ©s par le « caractère extrĂŞmement sensible de la notion de blasphème » qui peut amener des musulmans « hors de la sphère d’influence djihadiste Ă commettre les attentats ».
En quelques paragraphes, le mĂ©morandum français Ă l’UE a rĂ©ussi Ă Ă©carter toute l’idĂ©e qu’Al-QaĂŻda, ISIS et d’autres groupes terroristes islamiques sont pertinents, puis l’existence du terrorisme islamique dans son ensemble, le rĂ©duisant Ă une question de malades mentaux des personnes non terroristes qui sont dĂ©clenchĂ©es par le « blasphème » afin que leurs attaques brutales soient vraiment la faute de leurs victimes non musulmanes.
Ă€ titre d’exemple, le mĂ©morandum français Ă l’UE Ă©numère la dĂ©capitation brutale de Samuel Paty, un professeur de français, aux mains d’un rĂ©fugiĂ© musulman furieux de son utilisation des caricatures de Mahomet comme outil pĂ©dagogique.
Le prĂ©sident Emmanuel Macron, Ă l’Ă©poque, s’est prĂ©sentĂ© sur les lieux et a fustigĂ© l’horrible meurtre comme « une attaque terroriste islamiste typique ».
« Ils ne gagneront pas », avait-il déclaré.
Mais la note de l’UE suggère que, comme les prĂ©cĂ©dents prĂ©sidents français, Macron jouait avec la foule et n’a pas l’intention de lutter contre le terrorisme islamique, mais cherche plutĂ´t Ă le redĂ©finir.
La France assure actuellement la prĂ©sidence du Conseil de l’Union europĂ©enne, lui confĂ©rant encore plus d’autoritĂ© que d’habitude, et le mĂ©morandum conclut en appelant les États membres Ă s’accorder sur une « évaluation semestrielle de la menace de l’UE dans le domaine de la lutte contre le terrorisme ».
C’est l’Ă©quivalent de l’affaire Halimi dans toute l’Europe.
La reclassification du terrorisme musulman en tant que maladie mentale est un projet de longue date des négationnistes du terrorisme. Il a été particulièrement populaire en France, qui, en raison de sa laïcité, est encore plus incapable et peu disposée à faire face aux motivations théologiques de la terreur islamique.
La « mĂ©dicalisation » du terrorisme est commode parce qu’elle transforme une menace extĂ©rieure en un problème social intĂ©rieur, ce que les EuropĂ©ens font exactement avec le terrorisme islamique depuis des gĂ©nĂ©rations. Les terroristes musulmans peuvent sembler paranoĂŻaques, dĂ©lirants et instables, mais les normes psychiatriques basĂ©es sur une population urbaine europĂ©enne de la classe moyenne du XXIe siècle sont particulièrement inadĂ©quates pour Ă©valuer ce qui est normal pour une culture totalement Ă©trangère Ă cette vision du monde.
Le fait que tout terroriste musulman puisse ĂŞtre diagnostiquĂ© comme souffrant de maladie mentale est aussi pertinent pour la nature de la bĂŞte que le nombre de tueurs schizophrènes dans les SS ou le NKVD. Les mouvements totalitaires, qu’il s’agisse des kamikazes du Japon impĂ©rial ou des kamikazes du Hamas, ont souvent recours Ă des assassins mentalement instables qui sont prĂŞts Ă mourir pour la cause.
Mais dire que le terrorisme islamique est le produit de la maladie mentale est, Ă sa manière, aussi illusoire que de rĂ©duire la Seconde Guerre mondiale Ă une Ă©tiologie des maladies mentales possibles qui pourraient ĂŞtre diagnostiquĂ©es chez Hitler ou Staline. Que certains fous participent ou mĂŞme dirigent des mouvements totalitaires ne signifie pas que le problème est une maladie mentale ou qu’il peut ĂŞtre rĂ©solu en prenant quelques pilules par jour.
La tentative du gouvernement Macron de dĂ©placer l’accent d’une guerre de religion vers un test psychologique est la vĂ©ritable tromperie ici. LibĂ©rer les terroristes islamistes, comme l’a fait le gouvernement français, tout en insistant pour qu’ils suivent des sĂ©ances de thĂ©rapie, c’est refuser de s’attaquer aux causes profondes de l’immigration, de la migration et de la « mĂ©schitisation » des villes françaises par les mouvements terroristes islamistes.
L’attaque terroriste contre le temple du Texas nous a montrĂ© que l’incapacitĂ© europĂ©enne Ă contrĂ´ler la menace terroriste islamique n’est pas seulement un problème europĂ©en. De la cellule de Hambourg au centre des attentats du 11 septembre Ă la dernière attaque du Texas, l’Europe reste un tremplin pour les attaques contre les États-Unis.
Et si la France parvient Ă imposer sa conception mĂ©dicalisĂ©e du terrorisme dans l’Union europĂ©enne, il sera beaucoup plus difficile de l’empĂŞcher de continuer Ă corrompre la lutte amĂ©ricaine contre le terrorisme.
« Dans notre combat contre le terrorisme islamiste, nous ne cĂ©derons jamais », avait prĂ©cĂ©demment promis le prĂ©sident Macron. Le mĂ©morandum de l’UE ressemble Ă un exercice de Vichy pour trouver une excuse pour abandonner.
Magazine Ă la une – Par Daniel Greenfield.





