Les responsables israĂ©liens craignent que l’imposition de sanctions amĂ©ricaines contre la Russie en rĂ©ponse Ă une Ă©ventuelle invasion de l’Ukraine ne nuise aux intĂ©rĂŞts de sĂ©curitĂ© d’IsraĂ«l en Syrie, selon un rapport publiĂ© lundi.
Citant des responsables de la sĂ©curitĂ© anonymes, le site d’information Walla a dĂ©clarĂ© que les liens Ă©troits d’IsraĂ«l avec les États-Unis pourraient compromettre sa coordination avec Moscou concernant ses opĂ©rations en Syrie.
Les responsables ont dĂ©clarĂ© qu’une telle coopĂ©ration est vitale pour empĂŞcher l’Iran et ses mandataires de s’implanter davantage en Syrie.
« Les sanctions américaines contre la Russie mettent Israël dans une position très embarrassante », a déclaré un responsable. « Les États-Unis sont un allié stable de longue date, mais Israël a besoin de la Russie étant donné les circonstances au Moyen-Orient. »
InterrogĂ© sur la possibilitĂ© qu’IsraĂ«l se joigne aux sanctions amĂ©ricaines contre la Russie dans une interview accordĂ©e Ă la Douzième chaĂ®ne dimanche, le ministre des Affaires Ă©trangères Yair Lapid a rĂ©pondu que JĂ©rusalem « rĂ©flĂ©chira Ă la voie Ă suivre ».
Tsahal a menĂ© des centaines de frappes aĂ©riennes en Syrie au cours de la dernière dĂ©cennie en rĂ©ponse aux efforts de l’Iran pour y Ă©tablir un front contre IsraĂ«l et pour transfĂ©rer des armes Ă travers le pays Ă ses mandataires dans la rĂ©gion, en particulier la milice terroriste du Hezbollah libanais.
IsraĂ«l a reconnu avoir ciblĂ© les bases des forces iraniennes et des groupes terroristes alliĂ©s Ă l’Iran, en particulier le long de la frontière du Golan, comme le Hezbollah libanais, qui a des combattants dĂ©ployĂ©s dans le sud de la Syrie. Il dit qu’il cible Ă©galement les livraisons d’armes censĂ©es ĂŞtre destinĂ©es Ă ces groupes.
Le prĂ©sident russe Vladimir Poutine est considĂ©rĂ© comme l’un des rares alliĂ©s du prĂ©sident syrien Bashar Assad, et la Russie utilise sa prĂ©sence dans ce pays dĂ©chirĂ© par la guerre pour prendre pied au Moyen-Orient.
Plus tĂ´t ce mois-ci, la Russie a exprimĂ© sa « profonde inquiĂ©tude » face aux attaques continues d’IsraĂ«l sur le territoire syrien, affirmant qu’elles pourraient aggraver les tensions dans la rĂ©gion et compromettre les vols commerciaux.
« Les attaques continues d’IsraĂ«l contre des cibles Ă l’intĂ©rieur de la Syrie suscitent une profonde inquiĂ©tude », a dĂ©clarĂ© jeudi la porte-parole du ministère des Affaires Ă©trangères, Maria Zakharova, selon l’agence de presse TASS. « Ils constituent une violation flagrante de la souverainetĂ© syrienne et peuvent dĂ©clencher une forte escalade des tensions. De plus, ces actions prĂ©sentent de sĂ©rieux risques pour les vols internationaux de passagers. »
Il a ajoutĂ© que Moscou « s’oppose systĂ©matiquement et rĂ©solument aux tentatives visant Ă faire de la Syrie un théâtre d’affrontements armĂ©s entre pays tiers ».
« Une fois de plus, nous appelons avec insistance la partie israĂ©lienne Ă s’abstenir d’un tel recours Ă la force », a-t-il dĂ©clarĂ©.
La Russie a Ă©galement annoncĂ© rĂ©cemment qu’elle effectuait des patrouilles aĂ©riennes militaires conjointes avec l’armĂ©e de l’air syrienne dans l’espace aĂ©rien le long des frontières de la Syrie, y compris dans la rĂ©gion du plateau du Golan, ce qui laisse supposer qu’IsraĂ«l serait plus hĂ©sitant Ă attaquer la Syrie.
Après la patrouille, Ynet a rapportĂ© que des responsables militaires israĂ©liens Ă©taient en pourparlers avec des responsables de l’armĂ©e russe pour dĂ©samorcer les tensions.
Selon le rapport, les responsables israĂ©liens avaient du mal Ă comprendre pourquoi la Russie, qui avait annoncĂ© que de telles patrouilles conjointes seraient rĂ©gulières Ă l’avenir, avait apparemment changĂ© sa politique envers IsraĂ«l.
Le rapport affirme, sans citer de source, qu’IsraĂ«l pourrait limiter sa campagne aĂ©rienne en Syrie Ă la suite de la dĂ©cision de la Russie, mĂŞme après la fin des discussions.





