Chef d’Ă©tat-major de l’armĂ©e française : « La gestion de l’armĂ©e ukrainienne peut s’effondrer, mais la guerre ne s’arrĂŞtera pas là »

Hier soir et samedi matin, les troupes russes ont poursuivi leur bombardement intensif des villes ukrainiennes. Dans la matinĂ©e, le Dniepr a subi une attaque de missiles – la deuxième au cours des dernières 24 heures. Les correspondants de CNN ont entendu deux fortes explosions dans la ville et des traces de deux tirs de dĂ©fense aĂ©rienne dans le ciel. Des colonnes de fumĂ©e provenant d’explosions s’Ă©lèvent Ă  l’est du Dniepr. Vendredi, des russes ont tirĂ© des roquettes sur une Ă©cole, un immeuble rĂ©sidentiel et une usine de chaussures de la ville.

Selon la correspondante de CNN Clarissa Ward, Ă  Kiev tĂ´t le matin, il y avait une canonnade continue, bien qu’il ne soit pas clair qui frappait – l’armĂ©e russe ou ukrainienne. Des combats ont lieu dans des zones proches de Kiev – au nord et au nord-ouest de la capitale (dans les banlieues de Bucha, Irpen et Gostomel) et dans la rĂ©gion de Brovar sur le flanc est. « On craint de plus en plus que les Russes essaient d’encercler complètement la ville, de couper les lignes d’approvisionnement, de la soumettre Ă  de lourds bombardements et de renverser le gouvernement Zelensky », a dĂ©clarĂ© Ward.

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« Les forces ukrainiennes sont partout dans la ville. Ils ont Ă©tabli des positions dĂ©fensives le long de toutes les routes principales menant Ă  la ville. C’est maintenant une forteresse. MĂŞme si les Russes encerclent Kiev pour entrer dans le centre, ils devront mener la bataille la plus dure.

Le secrĂ©taire britannique Ă  la DĂ©fense a indiquĂ© dans la matinĂ©e que des troupes russes Ă©taient stationnĂ©es Ă  25 km du centre de Kiev, et que le convoi de vĂ©hicules qui s’Ă©tait Ă©tirĂ© Ă  64 km au nord de Kiev en dĂ©but de semaine avait disparu. « Cela peut indiquer une intention d’encercler la ville et de rĂ©duire la vulnĂ©rabilitĂ© des forces russes face aux contre-attaques ukrainiennes », a dĂ©clarĂ© le ministère britannique de la DĂ©fense sur Twitter .

Le chef d’Ă©tat-major gĂ©nĂ©ral des armĂ©es françaises, le gĂ©nĂ©ral Thierry Burkhard, craint que « malgrĂ© la rĂ©sistance remarquable des forces ukrainiennes, celles-ci ne rencontrent de grandes difficultĂ©s pour gĂ©rer les troupes Ă©largies ». « LaissĂ©e sans rĂ©serves opĂ©rationnelles, l’armĂ©e pourrait s’effondrer du jour au lendemain », indique une dĂ©pĂŞche adressĂ©e aux officiers de l’armĂ©e française le 9 mars. Le document, citĂ© par Le Figaro , indique que la nĂ©cessitĂ© de combattre sur plusieurs fronts Ă  la fois Ă©puise l’armĂ©e ukrainienne, et sa chaĂ®ne de commandement subit de sĂ©vères Ă©preuves.

Dans le mĂŞme temps, le gĂ©nĂ©ral Burkhard dĂ©clare que mĂŞme la dĂ©sorganisation de l’armĂ©e ukrainienne ne conduira pas Ă  la victoire de Poutine. « La guerre continuera et la question sera de savoir combien de temps l’armĂ©e russe pourra tenir dans une telle situation. Cela ouvrira la voie Ă  des nĂ©gociations plus Ă©quilibrĂ©es que prĂ©vu.

« Les erreurs de calcul stratĂ©giques de l’armĂ©e russe ont contrecarrĂ© les plans du Kremlin, mais cela rend le prĂ©sident Poutine encore plus imprĂ©visible », Ă©crit le gĂ©nĂ©ral Burckhard. « Tout peut arriver. »

L’Ă©tat-major français estime que l’escalade est la seule issue pour le dictateur russe – « la dĂ©faite est dangereuse pour Poutine. Incapable de reculer, Poutine peut Ă©largir le conflit, soit en intensifiant les attaques, soit en Ă©largissant la gĂ©ographie du conflit, soit en faisant appel Ă  la marine et Ă  la cyberguerre, qu’il a peu utilisĂ©es jusqu’Ă  prĂ©sent. »