Une jeune femme du Koweït, qui a exprimé son soutien à la communauté LGBT sur son compte Instagram, a réussi à mettre hystériquement les autorités dans le pays arabe.
L’atmosphère Ă©tait de toute façon tendue, après que plus tĂ´t ce mois-ci le compte Twitter officiel de l’ambassade des États-Unis au KoweĂŻt ait tweetĂ© en l’honneur du mois de la fiertĂ©.
« Tous les êtres humains doivent être traités avec respect et équité. Ils doivent être autorisés à vivre sans peur, peu importe qui ils sont ou qui ils aiment », a déclaré le président américain Joe Biden. Une photo du drapeau Pride a bien sûr été ajoutée au tweet.
Comme prĂ©vu, le geste n’a pas Ă©tĂ© bien accueilli au KoweĂŻt. Les responsables du pays ont vivement critiquĂ© l’ambassade pour son « soutien Ă l’homosexualité » et ont exigĂ© que cela ne se reproduise plus.
Des sources ont mĂŞme accusĂ© l’ambassade de violer un art qui obligeait les diplomates Ă respecter les lois et règlements du pays hĂ´te. En outre, le ministère koweĂŻtien des affaires Ă©trangères a convoquĂ© le responsable des relations Ă l’ambassade pour protester.
NĂ©anmoins, les tweets n’ont pas Ă©tĂ© supprimĂ©s des rĂ©seaux sociaux, et les internautes Ă©taient furieux. Un dĂ©putĂ© du pays a mĂŞme Ă©crit que « ce comportement est inacceptable. Les ambassades Ă©trangères doivent respecter l’ordre public du KoweĂŻt et sa religion officielle ». D’autres internautes ont accusĂ© les AmĂ©ricains d’« imposer la culture malade et dĂ©gĂ©nĂ©rĂ©e Ă notre sociĂ©tĂ© musulmane conservatrice ».
Les droits des LGBT dans l’État arabe sont très limitĂ©s. L’homosexualitĂ©, par exemple, est interdite par la loi et passible d’une peine pouvant aller jusqu’Ă sept ans de prison.
L’annĂ©e dernière, cependant, la Cour constitutionnelle a annulĂ© le dĂ©lit d' »imitation du sexe opposé », qui Ă©tait utilisĂ© pour poursuivre les personnes transgenres. En 2007, le Parlement a modifiĂ© l’article 198 du Code pĂ©nal afin qu’une amende ou une peine pouvant aller jusqu’Ă un an de prison puisse ĂŞtre infligĂ©e aux personnes trans, mais la Cour constitutionnelle a jugĂ© que l’amendement Ă©tait inconstitutionnel et l’a abrogĂ©.
L’incident s’est Ă peine calmĂ©, et très vite les autoritĂ©s koweĂŻtiennes ont rencontrĂ© un nouvel embarras. Une Ă©tudiante koweĂŻtienne en mĂ©decine animale Ă Londres a postĂ© une vidĂ©o sur Instagram dans laquelle elle se prĂ©sente comme une diplomate qui soutient les droits des LGBT.
« Je m’appelle Ariam Marfi et je suis une femme koweĂŻtienne. Je crois que tous les ĂŞtres humains ont droit aux droits humains fondamentaux et Ă une vie en sĂ©curitĂ©. C’est le drapeau de la fiertĂ©, car mĂŞme les LGBT ont droit aux droits humains fondamentaux et Ă une vie de sĂ©curitĂ©. C’est mon passeport diplomatique koweĂŻtien. Je continuerai Ă protĂ©ger les droits de chacun », a dĂ©clarĂ© la jeune femme.
La vidĂ©o a apparemment dĂ©rangĂ© les autoritĂ©s qui ont reçu de nombreuses demandes de renseignements, et vendredi le ministère koweĂŻtien des Affaires Ă©trangères a publiĂ© un communiquĂ© : « La jeune fille n’appartient pas Ă la communautĂ© diplomatique koweĂŻtienne et n’est pas un employĂ© du ministère des Affaires Ă©trangères. Son visa et celui de sa famille ont expirĂ©.
Ariam a exprimĂ© sa prĂ©occupation pour sa sĂ©curitĂ©. Dans une autre histoire qu’elle a publiĂ©e, elle a appelĂ© ses amis Ă supprimer la correspondance avec elle par crainte d’espionnage.
MalgrĂ© cela, elle a pris soin de maintenir son sens de l’humour et s’est moquĂ©e du gouvernement pour avoir ignorĂ© ses messages sur la violence domestique, mais a publiĂ© une dĂ©claration officielle parce qu’elle avait dĂ©clarĂ© que tous les ĂŞtres humains avaient le droit de vivre en sĂ©curitĂ©.




