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Après la défaite électorale : la gauche a décidé de passer à un moyen que les antisémites utilisent dans le monde

Nadav Eyal a dĂ©crit cette semaine sur YNET une confĂ©rence Ă©lectorale Ă  laquelle il Ă©tait prĂ©sent. Les gens ont eu peur, Ă©crit-il. Les orateurs parlaient d’un pays qui Ă©tait sur le point d’ĂŞtre dĂ©truit. Que vous tomberez bientĂ´t entre les mains des fascistes. « C’est une dĂ©mocratie contre une dictature. »

Eyal dĂ©crivait bien sĂ»r une confĂ©rence Ă©lectorale dans la plus grande dĂ©mocratie du monde. Aux États-Unis, ce fut pareil lors d’une confĂ©rence du dĂ©mocrate d’ultra-gauche Bernie Sanders. LĂ  aussi, ils croient apparemment que s’ils exagèrent et intimident vraiment , le public votera correctement. LĂ  aussi, la gauche (dĂ©mocrate) traite la droite (rĂ©publicains ) en tant que fascistes et avertit que la victoire de l’autre cĂ´tĂ© sera « la fin de la dĂ©mocratie. » Il y a aussi trop de gens dĂ©lirants et de malades mentaux qui croient aux histoires et aux complots qu’ils propagent.

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Les rĂ©sultats des Ă©lections de mi-mandat aux États-Unis ne sont pas encore connus de l’auteur de ces lignes au moment d’Ă©crire ces lignes, mais il est persuadĂ© que la dĂ©mocratie amĂ©ricaine continuera d’exister.

Bien sĂ»r, je ne suis pas contre les manifestations. Aussi de grandes manifestations. Ils font partie intĂ©grante de toute dĂ©mocratie. Mais quiconque menace de descendre dans la rue pour paralyser le pays, avec des grèves, des Ă©meutes – porte atteinte Ă  la dĂ©mocratie, car il y a seulement une semaine, des Ă©lections ont eu lieu. La majoritĂ© des gens ont eu leur mot Ă  dire. La « clause de dĂ©passement » Ă©tait une promesse Ă©lectorale ouverte et fondĂ©e sur des principes des partis ultra-orthodoxes, du sionisme religieux et du Likoud. Contrairement Ă  l’Ă©poque de la sĂ©cession, lorsque la droite prĂ©tendait, Ă  juste titre, qu’Ariel Sharon cachait ses intentions et dĂ©clarait que « la loi de Netzer est la loi de Tel-Aviv », c’est-Ă -dire qu’il a trompĂ© le public – lors des dernières Ă©lections,  les questions et les positions Ă©taient sur la table.

Ceux qui menacent de descendre dans la rue pour ce que le peuple a dĂ©cidĂ© aux Ă©lections finalement n’accepte  » pas la loi de l’Ă©lecteur » et veut changer ce choix majoritaire en sortant dans la rue.

Il soutient la dictature de la minoritĂ©. Un hypocrite et ridiculisĂ© est celui qui, il y a dix jours, a promis de promulguer les « lois de stabilitĂ© du gouvernement », qu’il serait impossible de renverser un gouvernement sauf avec une majoritĂ© de 90 membres de la Knesset (Avigdor Lieberman), ou 70 (Benny Gantz), que l’Ă©chec de l’adoption d’un budget ne serait pas une raison pour la chute d’un gouvernement. Les partis de gauche et du centre qui se sont rĂ©vĂ©lĂ©s anti-dĂ©mocratiques dans ces promesses lĂ©gislatives – dĂ©finissent dĂ©sormais la lĂ©gislation d’une clause dĂ©rogatoire avec une majoritĂ© de 61 comme « la mort de la dĂ©mocratie ». Pauvre hypocrisie.

Les chefs de ces partis et leurs porte-parole savent très bien que ceux qui crient trop souvent au « Loup ! Loup ! » – Sa fin n’est pas crue mĂŞme avec une vĂ©ritable alarme, car combien de fois notre dĂ©mocratie peut-elle mourir ? Et donc ils ajoutent une autre couche. Transformer l’adversaire en monstre inhumain ou un dĂ©mon satanique. Ben Gvir est un « terroriste condamné » (par exemple, il a Ă©tĂ© reconnu coupable de possession et de distribution d’autocollants de « Kahana Hai »). Bezalel Smotrich « comme on le sait » a tentĂ© de faire sauter les routes d’Ayalon avant le dĂ©sengagement et a Ă©tĂ© « pris avec des centaines de litres d’essence dans le coffre de sa voiture », et sa photo dans un uniforme de l’armĂ©e israĂ©lienne a Ă©tĂ© arborĂ©e sur les premières pages de journaux et sites internet cette semaine (au final, on le sait, aucun acte d’accusation n’a mĂŞme Ă©tĂ© dĂ©posĂ©).

Et « Netanyahu n’a aucune lĂ©gitimitĂ© pour une rĂ©volution dans le système judiciaire », car toute la « clause de dĂ©passement » n’est venue que le sauver de sa peine. Le fait que le Likoud et les ultra-orthodoxes et les sionistes religieux rĂ©clament cet amendement depuis de nombreuses annĂ©es, bien avant que le procès de Netanyahu n’existe, ne monte ni ne baisse aux yeux de ses adversaires.

Ils savent très bien, comme l’ont affirmĂ© Ă  plusieurs reprises des juristes chevronnĂ©s, qu’il sera impossible d’arrĂŞter le procès Netanyahu une fois qu’il aura commencĂ©, mais ce qui compte pour eux, c’est la diabolisation, la dĂ©lĂ©gitimation du prochain gouvernement. Et tout cela dans le but de mobiliser les centaines de milliers qui se lèveront face au fascisme, au terrorisme juif et Ă  la dictature qui rĂ©gnera Ă  leur avis dans le prochain gouvernement.

Et pas seulement contre la « clause de dĂ©passement », ils sortent. Maintenant, ils expliquent Ă©galement que l’intention est de changer la structure du comitĂ© de sĂ©lection des juges, Ă©galement « la fin de la dĂ©mocratie ». Il y a quelques mois Ă  peine, le gouvernement, dirigĂ© par (alors) le ministre des Affaires religieuses Matan Kahana, a modifiĂ© la composition du comitĂ© de sĂ©lection des juges, afin de diluer la majoritĂ© automatique dont disposaient les ultra-orthodoxes au sein du comitĂ©.

Ce changement, bon ou mauvais, tout est dans l’Ĺ“il du spectateur, n’est pas vu par les chevaliers de la dĂ©mocratie comme un coup d’État mais comme faisant partie de la guerre entre les fils de la lumière et les fils des tĂ©nèbres. Une rĂ©forme bienvenue. Le statut des juges en IsraĂ«l est parallèle au statut des juges. Pourquoi le changement dans la composition des politiciens du comitĂ© chargĂ© de les sĂ©lectionner n’Ă©tait-il pas un mĂ©lange de politique dans le système judiciaire, et un tel changement dans le comitĂ© chargĂ© de sĂ©lectionner les juges est la fin de la dĂ©mocratie ? Parce que ce sont des hypocrites.

La tentative de saper la lĂ©gitimitĂ© du prochain gouvernement, la diabolisation de ses dirigeants, dĂ©passent Ă©videmment le domaine du droit et de la lĂ©gislation. Nous avons Ă©tĂ© menacĂ©s que les prĂ©sentateurs de tĂ©lĂ©vision seraient obligĂ©s de porter un couvre-chef, que l’homosexualitĂ© serait interdite, et mĂŞme pour la critique cinĂ©matographique, ils surfaient. Une critique assez dĂ©contractĂ©e d’un nouveau film « The Man on the Bus », un documentaire australien sur des squelettes dans les placards de survivants de l’Holocauste – portait le titre « En IsraĂ«l après les Ă©lections, il ne sera pas possible de faire un tel film » ( » Ha’aretz »). Les paroles d’Abel sont dĂ©magogiques et ridicules, bien sĂ»r. Mais le titre sert Ă  diaboliser le prochain gouvernement.

Transformer l’adversaire, l’ennemi politique en un monstre inhumain – est un outil de propagande ancien et efficace. Le philosophe et Ă©thicien Asa Kosher a dĂ©fini les vainqueurs des Ă©lections – « mutations ». Les mutants, comme nous le savons, ne sont pas vraiment humains. Les antisĂ©mites ont utilisĂ© cet outil et l’utilisent encore partout dans le monde.

Les caricatures antisĂ©mites du « Stirmer » sont dĂ©jĂ  devenues un symbole. Entre les mains de la gauche israĂ©lienne, prĂ©cisĂ©ment parmi ceux qui « mettaient en garde contre les processus » ou comparaient (bien sĂ»r avec un flottement pharisaĂŻque de « je ne compare pas ») entre la droite israĂ©lienne et les nazis, ces symboles sont devenus un outil pour effrayer le public et le mobiliser vers l’Ă©tape suivante – la paralysie de l’État. Et des menaces ont dĂ©jĂ  Ă©tĂ© profĂ©rĂ©es par la Histadrut contre la possibilitĂ© que Smotrich soit nommĂ© ministre des Finances.

C’est la tentative du camp vaincu aux Ă©lections d’imposer sa dictature ici – au nom de la dĂ©mocratie bien sĂ»r. Et leurs voix n’ont pas tremblĂ© lorsqu’ils nous ont rappelĂ© que « les nazis sont aussi arrivĂ©s au pouvoir lors d’Ă©lections dĂ©mocratiques » (mensonge acceptĂ©). Et Ă  la fin – ils commencent aussi Ă  croire leur propagande d’horreur et Ă  leurs mensonges et cela fait vraiment peur.

Le vrai danger est que ces orateurs et leurs auditeurs – commenceront Ă©galement Ă  croire les absurditĂ©s et les intrigues qu’ils propagent. Et ils se lèveront pour protĂ©ger leur vie. Pour dĂ©fendre – non seulement par des discours et des manifestations mais aussi par le feu et les armes – la dĂ©mocratie qui est Ă  nouveau en danger. Certains disent que l’escalade qui a conduit Ă  la guerre des Six Jours a commencĂ© lorsque les Arabes ont cru Ă  leurs propres mensonges. Il y a des patients atteints du mal de la persĂ©cution qui envisagent de tuer, selon eux par lĂ©gitime dĂ©fense, alors qu’ils sont sĂ»rs que quelqu’un est prĂŞt Ă  tuer.

On dit qu’en Russie, un citoyen est entrĂ© dans une ruelle Ă©troite et a Ă©tĂ© confrontĂ© Ă  une bande de voyous ivres. Ils ont commencĂ© Ă  le battre et Ă  vider ses poches. Pour en sortir, il a criĂ© : dans la rue principale, ils vendent maintenant deux boĂ®tes d’allumettes Ă  5 kopecks. Les voyous l’ont immĂ©diatement lâchĂ© et ont couru lĂ -bas. Après une minute, le citoyen meurtri a commencĂ© Ă  courir après eux. « Courez dans la direction opposĂ©e ! », lui ont-ils criĂ©. « Pourquoi cours-tu après eux ? ».
« Dans la rue principale, ils vendent deux boĂ®tes d’allumettes pour 5 kopecks », a-t-il rĂ©pondu. Il a cru lui aussi Ă  ses propres mensonges.