La lutte pour la réforme juridique le prouve : la droite est la vraie gauche

Pendant tant d’annĂ©es, les deux principaux camps de la politique israĂ©lienne se sont appelĂ©s « droite » et « gauche » que personne ne prend la peine de dĂ©fendre le sens de ces mots, ils sont devenus un autocollant, un surnom. Mais la protestation des Ă©lites contre la rĂ©forme du système judiciaire , pour le caractère particulier qu’elle a pris, justifie un examen et un rĂ©examen de ces concepts communs et de leur vĂ©ritable sens.

Comme on le sait, l’origine des surnoms de droite et de gauche remonte Ă  la RĂ©volution française. Au parlement français après la rĂ©volution, les partisans du maintien de la monarchie siĂ©geaient du cĂ´tĂ© droit, tandis que les Jacobins, qui soutenaient l’abolition de la monarchie et des changements sociaux profonds, siĂ©geaient du cĂ´tĂ© gauche. De lĂ , toutes les dĂ©mocraties modernes ont hĂ©ritĂ© des surnoms de « gauche » pour le camp exigeant des changements sociaux radicaux et de « droite » pour le camp le plus conservateur et prudent.

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Bien sĂ»r, au fil des ans, les dĂ©signations de droite et de gauche ont Ă©tĂ© associĂ©es Ă  des postes gĂ©nĂ©raux dans d’autres domaines du gouvernement. Comme mentionnĂ©, la droite est identifiĂ©e au conservatisme, mais aussi au nationalisme, Ă  la tradition, Ă  l’autoritĂ© et Ă  l’ordre, tandis que la gauche est identifiĂ©e Ă  la lutte pour l’Ă©galitĂ©, la fraternitĂ©, les droits et le progrès. En IsraĂ«l, surtout ces dernières annĂ©es, la gauche s’identifie au mot « dĂ©mocratie », et l’expression « juif et dĂ©mocratique » qui jouissait jusqu’Ă  rĂ©cemment d’un statut de supra-parti comme l’hymne national et le drapeau de l’État, est devenue une sorte de synonyme des termes « droite et gauche ».

Mais, qu’en est-il de toutes les significations originales de tous ces mots que nous voyons aujourd’hui dans les camps des faucons sur la rĂ©forme juridique ?

Un camp appelle Ă  des nĂ©gociations et Ă  la formation d’un consensus autour de la rĂ©forme. Le prĂ©sident de la commission de la constitution a mĂŞme publiĂ© deux livres (!) prĂ©sentant longuement ses vues dans le but affichĂ© de provoquer un dĂ©bat public et de parvenir Ă  un compromis convenu.

L’autre camp adopte une politique dĂ©clarĂ©e du « NĂ©anmoins », menace la violence Ă©conomique et physique , affiche un char et des chenilles dans ses manifestations, et publie des pĂ©titions d’officiers supĂ©rieurs et de chefs retraitĂ©s du Shin Bet. L’appel Ă  l’autoritĂ©, l’appui Ă  la hiĂ©rarchie et l’adoration de l’armĂ©e et des forces de sĂ©curitĂ© sont des caractĂ©ristiques distinctes de la droite qui est plus digne d’ĂŞtre appelĂ© le camp de la gauche.

Un camp propose une rĂ©forme, un changement vu comme radical d’une institution Ă©tatique fossilisĂ©e et aristocratique dont les masses populaires n’ont aucune influence sur sa composition. 

Le second camp rejette fermement la proposition et ne voit aucun changement, mĂŞme minime, dans les vieilles traditions de cette institution – mĂŞme les plus Ă©sotĂ©riques et illogiques, comme le « système d’anciennetĂ© » selon lequel le membre qui a Ă©tĂ© en fonction pendant la la plus longue pĂ©riode de temps sera le chef de l’institution et non le membre le plus appropriĂ©, le plus populaire ou le plus talentueux – Blasphemy. 

Le strict respect de la tradition, sa prĂ©fĂ©rence sur la logique utilitaire et un fort penchant pour les institutions anciennes et aristocratiques sont des caractĂ©ristiques distinctes de la droite. Le camp qui soutient la rĂ©forme est plus appropriĂ© d’ĂŞtre appelĂ© le camp de la gauche.

Un camp rĂ©clame l’Ă©galitĂ©, une reprĂ©sentation paritaire dans les instances gouvernantes. Au sein de l’instance gouvernementale ouverte pour des Ă©lections libres, ce camp est reprĂ©sentĂ© Ă  plus de 50%, ce qui en fait le camp majoritaire. Dans l’instance gouvernementale fermĂ©e et protĂ©gĂ©e du choix du grand public, ce grand camp est reprĂ©sentĂ© Ă  30% dans une estimation expansive. 

En revanche, au moins 30% des juges suprĂŞmes appartiennent selon eux Ă  des partis qui n’ont pas dĂ©passĂ© le pourcentage d’obstruction. La Haute Cour Ă©tait censĂ©e n’avoir aucun juge de l’extrĂ©mitĂ© la plus radicale ou au plus un. En pratique, ils sont au moins cinq, soit 30% (!) Le combat du camp unique pour une reprĂ©sentation paritaire dans les instances gouvernementales est un combat pour l’Ă©galitĂ©, lutter pour l’Ă©galitĂ© est une valeur de gauche distincte. 

Une fois de plus, nous voyons que la réforme juridique non seulement corrige notre système juridique en difficulté, mais révèle en cours de route des courants profonds dans la politique israélienne, qui peuvent conduire à un pillage total des systèmes, jusque dans la définition même des principaux camps politiques en Israël eux-mêmes.

Dites dĂ©sormais : Nous, partisans de la rĂ©forme judiciaire, luttons pour la libertĂ©, la fraternitĂ© et surtout l’Ă©galitĂ©. Nous sommes la vraie gauche.