Des installations de production taillĂ©es dans la roche, qui Ă©taient utilisĂ©es pendant la pĂ©riode du Premier Temple il y a environ 2 800 ans, ont Ă©tĂ© rĂ©cemment dĂ©couvertes lors de fouilles dans le parc national de la CitĂ© de David Ă JĂ©rusalem. Selon les chercheurs de l’AutoritĂ© des AntiquitĂ©s et de l’UniversitĂ© de Tel Aviv, « il est possible que les canaux aient Ă©tĂ© utilisĂ©s pour imprĂ©gner certains produits. L’emplacement central des installations du canal montre que le produit qui y Ă©tait fabriquĂ© Ă©tait associĂ© Ă un palais ou Ă un temple.
Les fouilles ont jusqu’Ă prĂ©sent permis de dĂ©couvrir deux installations sur le parking de Givat, distantes d’environ 10 mètres, et il est possible qu’elles appartiennent Ă une seule grande installation. Lors de la confĂ©rence « 24th City of David Research » qui se tiendra la semaine prochaine, les fouilles seront ouvertes au public. Les chercheurs qui ont dĂ©couvert les installations estiment que leur emplacement, Ă proximitĂ© du temple et du palais des rois, suggère que leurs produits Ă©taient intĂ©grĂ©s au profit du palais ou du temple Ă cette Ă©poque.
La première installation a Ă©tĂ© dĂ©couverte par les fouilleurs Ă l’extrĂ©mitĂ© nord-est du parking de Givat et comprend une sĂ©rie d’au moins neuf canaux qui ont Ă©tĂ© lissĂ©s avec une finition soignĂ©e. Au sommet de la falaise rocheuse qui borde l’installation au sud, on peut voir sept gouttières qui amenaient les liquides du haut du bloc rocheux, qui servait de zone d’activitĂ©, jusqu’Ă l’installation du canal.
Le Dr Yeftah Shalu, chercheur principal Ă l’AutoritĂ© des AntiquitĂ©s, a dĂ©clarĂ© : « Nous avons examinĂ© l’installation et rĂ©alisĂ© que nous Ă©tions tombĂ©s sur quelque chose d’unique, mais comme nous n’avions jamais vu une installation similaire en IsraĂ«l, nous ne savions pas comment interprĂ©ter cela et sa date n’Ă©tait pas claire. Nous avons amenĂ© des experts sur place pour vĂ©rifier s’il y avait des restes dans le sol ou dans la roche qui ne sont pas visibles Ă l’Ĺ“il nu, et qui pourraient nous aider Ă comprendre ce qui coulait ou se trouvait dans les canaux. Nous avons demandĂ© Ă vĂ©rifier s’il y avait des restes organiques ou des traces de sang, et pour cela nous avons mĂŞme fait appel Ă l’unitĂ© mĂ©dico-lĂ©gale de la police et Ă ses contacts avec des enquĂŞteurs du monde entier, mais jusqu’Ă prĂ©sent, en vain. »
« Le mystère n’a continuĂ© Ă se dĂ©velopper que dès que nous avons dĂ©couvert la deuxième installation au sud », se souvient le professeur Yuval Gadot du dĂ©partement d’archĂ©ologie de l’universitĂ© de Tel Aviv. « Cette installation se compose d’au moins cinq canaux qui transportent des liquides. MalgrĂ© quelques diffĂ©rences dans la façon dont les canaux ont Ă©tĂ© creusĂ©s et conçus, il est clair que la deuxième installation est très similaire Ă la première. Cette fois, nous avons Ă©galement pu dater le dĂ©suĂ©tude de l’installation : la fin du 9ème siècle avant JC, Ă l’Ă©poque des rois Joash et Amatsia. Nous supposons que les installations, qui, comme mentionnĂ©, peuvent avoir Ă©tĂ© utilisĂ©es ensemble, ont Ă©tĂ© sculptĂ©es plusieurs dĂ©cennies plus tĂ´t.
Selon le professeur Gadot, « c’est une pĂ©riode au cours de laquelle nous savons que JĂ©rusalem s’Ă©tendait sur une zone qui comprenait l’extension de la CitĂ© de David et le Mont du Temple qui servait de cĹ“ur Ă la ville. L’emplacement central du canal et les installations Ă proximitĂ© des parties importantes de la ville indiquent que le produit fabriquĂ© avec les canaux Ă©tait liĂ© Ă l’Ă©conomie. Le temple ou le palais. Il ne faut pas oublier qu’une activitĂ© rituelle comprend l’apport de produits agricoles provenant d’animaux et de plantes au temple. De nombreux visiteurs du temple emportaient avec eux des produits qui portaient avec eux le caractère sacrĂ© du lieu.
« Comme les canaux ne mènent pas Ă un grand bassin de drainage et que la direction de leur Ă©coulement change, il est possible que les canaux, au moins dans l’installation nord, aient Ă©tĂ© utilisĂ©s pour le trempage des produits – et non pour l’Ă©vacuation des liquides », a expliquĂ© le Dr. Shalu. Une autre possibilitĂ© est que les tranchĂ©es contenaient des dattes qui Ă©taient chauffĂ©es au soleil pour produire du silane, comme dans des installations de forme similaire dĂ©couvertes dans des endroits Ă©loignĂ©s comme Oman, BahreĂŻn et l’Iran.
Le Dr Shalu a ajoutĂ© que « dans un avenir proche, nous prĂ©lèverons des Ă©chantillons supplĂ©mentaires de sol dans les installations et nous essaierons une fois de plus d’identifier les ingrĂ©dients qui peuvent nous aider Ă rĂ©soudre le mystère, comme quel Ă©tait le produit qui Ă©tait important pour l’Ă©conomie de la ville, du temple ou du palais ?






