Ces dernières semaines, il semble que la patience de Netanyahu envers son partenaire indispensable, le prĂ©sident d’Otzma Yehudit Itamar Ben Gvir, semble s’Ă©puise. Le Premier ministre rĂ©agit directement aux annonces du ministre de la SĂ©curitĂ© nationale concernant des initiatives de toutes sortes, et il s’empresse de calmer la zone chaque fois qu’une nouvelle provocation arrive – en commençant par l’appel Ă courir vers les collines et en terminant par l’Ă©vĂ©nement de prière Ă Dizengoff.
Sur le plan externe, Netanyahu limite la capacitĂ© de Ben Gvir Ă influencer le programme de son gouvernement. IntĂ©rieurement, il s’occupe de son entretien continu.
Des sources proches de Netanyahu ont admis qu’un vaste mĂ©canisme avait Ă©tĂ© créé pour assurer le maintien du partenaire de Ben Gvir dans la coalition. Des messages apaisants sont envoyĂ©s en coulisses chaque fois que l’escarmouche entre les deux fait la une des journaux, et les hommes de Netanyahu tentent de minimiser les dĂ©gâts autant que possible.
En externe, Netanyahu s’est contentĂ© d’une seule dĂ©claration sur le sujet. Loin des oreilles des journalistes, des plaidoyers et des explications ont eu lieu pour demander Ă Ben Gvir d’annuler cet Ă©vĂ©nement provocateur. L’hypothèse de travail du bureau du Premier ministre est qu’il n’existe pas de coalition alternative Ă la coalition actuelle et, malgrĂ© les divergences difficiles entre le Likoud, Netanyahu et Otzma Yehudit (la rĂ©cente tempĂŞte Ben Oliel, par exemple), l’objectif est de maintenir la coalition.
Alors, comment Netanyahu compartimente-t-il l’influence du ministre dans le domaine de la sécurité ?
Netanyahu a dĂ©placĂ© les discussions du cabinet vers des discussions en cours plus limitĂ©es avec la participation de son confident Dermer, du ministre de la DĂ©fense et des militaires. C’est lĂ que les dĂ©cisions sont prises, c’est lĂ que les renseignements sont prĂ©sentĂ©s dans leur intĂ©gralitĂ©, c’est lĂ que se tiennent les discussions confidentielles.
La kitchenette de Bibi est presque entièrement vidĂ©e du cabinet politico-sĂ©curitaire oĂą sont censĂ©es se tenir les discussions actuelles sur la sĂ©curitĂ© et oĂą les dĂ©cisions sont censĂ©es ĂŞtre prises. Ce n’est que lorsqu’une opĂ©ration est Ă l’ordre du jour que le cabinet se rĂ©unit pour une approbation formelle, presque sans discussion. Celui qui a eu le courage de mettre les choses par Ă©crit est le ministre Bezalel Smotrich, dont la lettre au prĂ©sident de l’AssemblĂ©e nationale et au Premier ministre a Ă©tĂ© divulguĂ©e Ă la presse le mois dernier.
La discussion qui a eu lieu hier dans le bureau de Netanyahu faisait partie de ces discussions rĂ©gulières sur la sĂ©curitĂ©. L’absence de Ben Gvir est monnaie courante. La règle Ă©tablie : Ben Gvir n’est invitĂ© qu’aux discussions portant sur la sĂ©curitĂ© intĂ©rieure d’IsraĂ«l.
Cependant, les gros titres entourant son absence hier ont conduit à réfléchir à des excuses publiques de la part du bureau de Netanyahu : « Toute tentative de créer un conflit entre le Premier ministre et le ministre de la Sécurité nationale est fausse et intentionnelle. »
Netanyahu n’a aucun intérêt à une confrontation continue avec Ben Gvir tant qu’il n’y a pas de plan alternatif pour le gouvernement actuel. L’un des scénarios entendus de temps à autre dans la salle concerne le député Almog Cohen et la possibilité qu’avec un autre député d’Otzma Yehudit, les deux restent dans la coalition si Ben Gvir lui-même se retire.
En outre, il y a aussi des allusions sur le front de Gantz, et mĂŞme des tentatives de rapprochement mutuel face Ă ce qui est en train de devenir une aile distincte dans le camp Ă©tatique. Saar dispose exactement des quatre mandats manquants si un tel scĂ©nario devait se rĂ©aliser. Mais l’hypothèse gĂ©nĂ©rale parmi les hauts responsables de la coalition est qu’actuellement aucun parti d’opposition n’a l’intention de sauver la coalition d’elle-mĂŞme, pas avant la fin de la saga de la loi sur le recrutement et de la loi sur la commission de sĂ©lection des juges.




