Gadi Yarkoni qui dirige la rĂ©gion d’Eshkol (Nirim) : « Je me suis trompĂ© sur mes voisins de Gaza « 

Gadi Yarkoni, qui a perdu ses deux jambes lors de la guerre de Tsouk Etan est aussi le chef du conseil rĂ©gional d’Eshkol depuis juin 2015 (Nirim) . Il est apparu en studio et a parlĂ© avec son cĹ“ur. Il Ă©tait difficile de dĂ©tourner le regard de lui – ses yeux sont fatiguĂ©s, la douleur est Ă©norme sur son visage et son discours est lourd.

Porte-parole de Tsahal : Nuire aux symboles du pouvoir du Hamas – nous sommes Ă©galement prĂŞts dans le nord // Shimon Ya’ish

« Nos habitants sont brisĂ©s. Je suis assis ici, j’Ă©coute ce que vous dites et je vous le dis : je ne parle plus comme vous, j’ai changé », a annoncĂ© Yarkoni avant de commencer Ă  dĂ©tailler le changement qu’il a subi ces deux dernières semaines.

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« Nos captifs et nos disparus habitaient là, les familles pleurent. Nous pensions que les gens (civils de Gaza)  là-bas étaient bons, pas ceux du Hamas et du Jihad. Mais ceux qui ont kidnappé notre peuple sont des gens ordinaires de Gaza », a-t-il déclaré.

Le discours « J’ai changé » Ă©tait important Ă  ce moment-lĂ  : « Je ne veux pas faire de mal Ă  un hĂ´pital, mais cela ne m’intĂ©resse plus. Je n’ai pas dĂ©clenchĂ© cette guerre mĂŞme si nous tombions sur la phrase qu’il   « n’est pas trop grave de bombarder une maison avec des habitants de Gaza et un terroriste sous ses ordres. »

Yarkoni est un vĂ©ritable hĂ©ros israĂ©lien. Une heure avant la fin de l’opĂ©ration « Tzuk Eitan », il a Ă©tĂ© touchĂ© par un engin piĂ©gĂ© et a perdu ses deux jambes.

MalgrĂ© ce qui s’est passĂ©, Yarkoni a dĂ©fendu des opinions familières de gauche telles que « le dĂ©sengagement Ă©tait une bonne chose », « les habitants de Gaza ont besoin d’avoir la possibilitĂ© de travailler », « ils doivent amĂ©liorer leur qualitĂ© de vie – ils n’ont plus rien Ă  perdre », a-t-il dĂ©clarĂ©.

Tout cela s’est effondrĂ© le matin amer de Sim’hat Torah. La coexistence s’est avĂ©rĂ©e fatale. De brutaux terroristes de l’Etat islamique sont entrĂ©s depuis Gaza, des « citoyens ordinaires », comme un ouvrier nommĂ© Halil, l’homme Ă  tout faire de Gaza qui travaillĂ© en Israel et a fourni des renseignements sur les maisons et les habitants. Les « habituĂ©s (ouvriers de gaza en Israel) » se sont rĂ©vĂ©lĂ©s ĂŞtre des meurtriers nazis.

Deux semaines depuis le 7 octobre, il est dĂ©jĂ  clair que les opinions politiques Ă©voluent fortement vers la droite. Le public veut un coup gagnant. La vengeance n’est pas un gros mot.

Les hommes politiques Ă©voluent Ă©galement vers la droite. Gadi Eizenkot, qui a dĂ©fendu pendant des annĂ©es l’idĂ©e selon laquelle il fallait construire Ă  Gaza une acadĂ©mie, des hĂ´pitaux et permettre aux travailleurs de passer en Israel mĂŞme les jours d’attentats terroristes, sonne aujourd’hui plus Ă  droite que Bezalel Smotrich avec des expressions comme dĂ©truire, vaincre, tuer, dĂ©truire.

Il est trop tôt pour procéder à une analyse, et pourtant, il est clair que cet Octobre noir va changer le système politique. Ces dernières années ont été marquées par une politique marginale nette et claire, pour  Bibi ou contre Bibi, partisans de la réforme contre opposants à la réforme, Ben Gvir contre Zehava Galon.

Les sondages d’avant-guerre indiquaient que la rĂ©forme juridique et les manifestations environnementales avaient poussĂ© de nombreux Ă©lĂ©ments de droite Ă  se diriger vers le centre. Le massacre des communautĂ©s environnantes et des kibboutzim pousse bon nombre de gauchistes Ă  se diriger vers la droite et Ă  s’arrĂŞter au centre. Les extrĂ©mitĂ©s sont abandonnĂ©es. La politique va complètement changer.