Ils pensaient avoir dĂ©jĂ tout vu sur toutes les scènes de meurtres et d’attentats. Plus d’une fois, ils ont Ă©tĂ© exposĂ©s Ă des spectacles extrĂŞmement difficiles, mais personne n’a prĂ©parĂ© les enquĂŞteurs d’identification criminelle de la police israĂ©lienne et les enquĂŞteurs de l’unitĂ© nationale de lutte contre la grande criminalitĂ© nationale et internationale (Lahav 443) aux horreurs qu’ils devaient affronter Ă la suite du terrible massacre du 7 octobre.
Ceux qui, en temps normal, sont chargĂ©s du maintien de l’ordre public, sont devenus eux-mĂŞmes, dans l’attaque infernale, des soignants et des patients. « Ce n’Ă©taient pas des corps ordinaires. Les retouches et les abus sur les corps d’enfants et de familles entières Ă©taient horribles. Ces personnes disposent gĂ©nĂ©ralement de mĂ©canismes de dĂ©fense. Les mĂ©canismes n’ont pas rĂ©sistĂ© cette fois-ci », ont dĂ©clarĂ© les responsables de la police qui aident actuellement les policiers et les policières et leurs familles qui font face aux images de l’horreur qu’elles ont vĂ©cues et qui ne les quittent pas.
Les officiers devaient contenir les expĂ©riences difficiles. Il y avait aussi ceux qui devaient garder les rĂ©ponses dans leur cĹ“ur devant leurs familles, jusqu’Ă l’Ă©tape finale d’identification.
Depuis le début des combats dans la bande de Gaza, 57 policiers ont été tués et de nombreux autres ont été blessés ou sont toujours portés disparus.
Des dizaines de policiers et d’enquĂŞteurs lĂ©gistes ont Ă©tĂ© nĂ©cessaires pour ce travail, et de nombreux mĂ©decins et bĂ©nĂ©voles sont venus aider Ă identifier les victimes. Mais ensuite, la police a Ă©tĂ© exposĂ©e Ă des spectacles difficiles et inimaginables, Ă tel point que mĂŞme les anciens combattants, qui pensaient avoir dĂ©jĂ tout vu, sont restĂ©s sous le choc. « Ils ont Ă©tĂ© exposĂ©s Ă des images, Ă des histoires d’horreur et surtout Ă des odeurs qui ne les quittent jamais », a dĂ©clarĂ© un thĂ©rapeute du système policier, créé pour assister la police. Ils racontent que l’odeur des cadavres continuait Ă les hanter mĂŞme une fois rentrĂ©s chez eux. On en est arrivĂ© au point oĂą ils se dĂ©shabillaient dans la cage d’escalier pour ne pas entrer dans la maison avec leur uniforme. »
Les officiers devaient contenir les expĂ©riences difficiles. Il y avait aussi ceux qui devaient garder les rĂ©ponses dans leur cĹ“ur, devant les familles, jusqu’Ă l’Ă©tape d’identification complète. « Ces lieux ont dĂ©chirĂ© les policiers et ils avaient besoin une force mentale folle », a dĂ©clarĂ© le responsable du système de traitement. « Il y avait des Ă©quipes qui accompagnaient les familles et qui ont Ă©tĂ© confrontĂ©es Ă des situations terribles face Ă une demande comprĂ©hensible des familles de savoir ce qui est arrivĂ© Ă leurs proches. Il y a eu le cas d’un policier du système d’enquĂŞte qui Ă©tait chargĂ© de recevoir les pièces Ă conviction et biens appartenant Ă des centaines de victimes. Au cours de son travail, elle a identifiĂ© trois de ses proches grâce aux biens qui lui sont tombĂ©s entre les mains.
Dans la structure organisationnelle de la santĂ© mentale dans la police, on craint dĂ©sormais que la force organisationnelle et la continuitĂ© fonctionnelle de l’ensemble de l’organisation ne soient endommagĂ©es. Le personnel de la formation a Ă©tĂ© largement dĂ©ployĂ© pour atteindre chaque unitĂ© et chaque policier qui ont participĂ© Ă l’une des arènes de combat et qui risquent d’ĂŞtre exposĂ©s Ă des vues difficiles. Dans le cadre de la mission, les policiers mènent une conversation de prĂ©paration mentale pour la mission, et pendant l’activitĂ©, des membres du système de conseil organisationnel et du système de santĂ© mentale circulent entre eux pour surveiller Ă l’avance les difficultĂ©s fonctionnelles.
« Nous avons commencĂ© par des discussions de groupe. Nous devons renforcer les policiers pour qu’ils puissent continuer Ă faire face Ă la tâche, fonctionner avec eux-mĂŞmes et avec leur famille, et plus tard dans leurs unitĂ©s », a dĂ©clarĂ© le thĂ©rapeute.





