Le ministre des Finances Bezalel Smotrich a provoquĂ© une tempĂŞte aujourd’hui (lundi) en dĂ©clarant que mĂŞme si les otages sont une prioritĂ© « très, très » importante pour IsraĂ«l, ils ne sont pas la prioritĂ© la plus importante – qui est de dĂ©truire le Hamas et d’assurer un avenir sĂ»r pour IsraĂ«l et ses citoyens contre les attaques terroristes et les enlèvements.
Appelez-le, et moi, de tous les noms possibles et imaginables : meurtrier, insensible, « mangeur de mort » ou tout autre terme émotif pour contourner la discussion froide et rationnelle que nous devons avoir sur ce sujet. Peu importe.
Parce que je connais l’histoire, et je sais qu’il n’y a pas une seule fois oĂą IsraĂ«l a cĂ©dĂ© Ă des accords de prise d’otages et acceptĂ© une capitulation sans que des dizaines, voire des centaines, de morts israĂ©liens et juifs supplĂ©mentaires ne soient Ă dĂ©plorer. L’accord Shalit et le 7 octobre lui-mĂŞme en sont de parfaits exemples.
L’État n’est pas une petite communautĂ© ayant besoin de racheter des captifs de la diaspora. Et mĂŞme si c’Ă©tait le cas, il serait insensĂ© pour elle de risquer le suicide ou l’anĂ©antissement (ou du moins davantage de morts et de captifs) pour racheter quelques-uns des mains de personnes vĂ©ritablement malĂ©fiques.
L’État d’Israël est responsable des otages, mais il est bien plus responsable de la sécurité et du bien-être de ses 10 millions de citoyens, et en particulier de ses citoyens juifs, qui auront tous une cible plus importante sur le dos si nous acceptons l’accord du Hamas.
En effet, la proposition du Hamas n’est pas nouvelle, puisqu’il la rĂ©pète chaque jour depuis ce jour maudit d’octobre : donnez-nous tous nos meurtriers comme otages et laissez-nous reconstruire et vous menacer encore et encore avec le vĂ©ritable flot d’aide internationale gratuite qui accompagne toujours la guerre Ă Â Gaza . Continuons Ă gouverner et Ă collecter des impĂ´ts qui serviront Ă financer davantage d’entraĂ®nements, davantage d’armes, davantage de tunnels, davantage de moyens insidieux de commettre des actes d’horreur vĂ©ritablement mĂ©diĂ©vaux contre le peuple juif.
Et ne vous y trompez pas : Israël n’aura pas les coudées franches une fois l’accord conclu. Même en supposant que l’accord n’implique pas une résolution du Conseil de sécurité qui permettrait au Hamas d’enfreindre toutes les règles (et il les enfreindra) tout en sanctionnant sévèrement Israël, les garanties seront suffisamment solides, et la volonté de l’opinion publique suffisamment faible, pour que le Hamas puisse crier victoire – et à juste titre.
Oui, tous les anciens gĂ©nĂ©raux et « sources de sĂ©curitĂ© » mentiront Ă tout va Ă la tĂ©lĂ©vision et dans les mĂ©dias en gĂ©nĂ©ral sur la dissuasion et sur la façon dont Tsahal « bombardera Gaza jusqu’Ă l’âge de pierre » et d’autres absurditĂ©s du mĂŞme genre.
Vous savez que c’est un mensonge. Je sais que c’est un mensonge. Ils savent que c’est un mensonge. Nous avons vu ce mensonge rĂ©vĂ©lĂ© le 7 octobre, après des annĂ©es, des ANNÉES, de douces absurditĂ©s qui nous ont dit de nous donner bonne conscience. Les mensonges que nous voulions entendre.
Je refuse qu’on me mente ou qu’on insulte mon intelligence de la sorte après cette horrible journĂ©e. Vous devriez faire de mĂŞme. Ne vous contentez pas de demander si c’est votre frère qui est retenu en otage. Demandez-vous s’il est le prochain otage. Ou le prochain mort. Ou le prochain infirme. Parce que numĂ©riquement, c’est bien plus probable.
Je ne veux pas que les otages meurent. Mais s’il faut choisir entre risquer leur vie et celle de milliers de civils la prochaine fois, pour moi, c’est la première option. Et pour quiconque est vĂ©ritablement conscient des enjeux stratĂ©giques.
Le Hamas doit ĂŞtre dĂ©truit pour qu’IsraĂ«l puisse survivre. MĂŞme si nous perdons ceux qui nous sont chers Ă Gaza. C’est aussi simple que ça.





