Téhéran menace : l’Iran prépare un plan de retrait du Traité de non-prolifération nucléaire

Un nouveau bras de fer s’annonce entre la République islamique et l’Occident. Selon plusieurs médias iraniens, le Parlement de Téhéran a entamé la rédaction d’un projet de loi « urgent » visant à retirer l’Iran du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP), pilier de la sécurité mondiale depuis 1970. Le texte devrait être soumis dès aujourd’hui et présenté au vote la semaine prochaine.

Le projet prévoit non seulement le retrait du TNP, mais aussi la suspension de tout dialogue avec les puissances occidentales encore engagées dans le dossier nucléaire – États-Unis, Royaume-Uni, France et Allemagne – ainsi que la fin de la coopération avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). « Il n’y a plus aucun sens à poursuivre des négociations », a affirmé un député iranien cité dans la presse locale.

Cette initiative survient dans un climat de confrontation croissante. Depuis l’abandon unilatéral par Washington de l’accord de Vienne en 2018 et la reprise accélérée par l’Iran de son programme d’enrichissement d’uranium, les tentatives de relance du dialogue sont dans l’impasse. Le régime des mollahs, affaibli par des sanctions économiques massives et par des contestations internes, brandit désormais ouvertement l’option nucléaire militaire comme levier de pression.

Un retrait du TNP constituerait un tournant majeur : l’Iran ne serait plus juridiquement tenu de limiter ses activités nucléaires ni d’accepter les inspections de l’AIEA. Pour Israël, qui considère la bombe iranienne comme une menace existentielle, cette évolution représenterait un casus belli. Tsahal a multiplié ces derniers mois les signaux de préparation à une éventuelle frappe préventive contre les installations nucléaires iraniennes, conformément à la doctrine Begin, qui avait déjà conduit Israël à détruire les réacteurs irakien (1981) et syrien (2007).

Les puissances occidentales redoutent également l’effet domino qu’un tel retrait pourrait provoquer au Moyen-Orient. L’Arabie saoudite, déjà engagée dans une rivalité frontale avec l’Iran, a laissé entendre à plusieurs reprises qu’elle pourrait se doter de l’arme nucléaire si Téhéran franchissait le pas. Une course régionale aux armements nucléaires mettrait à bas des décennies d’efforts diplomatiques et de mécanismes de contrôle (voir l’article Wikipédia sur le TNP).

À l’ONU, une telle décision viendrait fragiliser encore davantage le système international de non-prolifération, déjà mis à mal par la Corée du Nord, qui avait quitté le traité en 2003. Contrairement à Pyongyang, l’Iran occupe une position géostratégique centrale, à la jonction du Golfe persique et de l’Asie centrale, et dispose de réseaux d’alliances militaires – Hezbollah au Liban, milices chiites en Irak, Houthis au Yémen – capables de déstabiliser l’ensemble du Moyen-Orient.

Pour Israël, la menace est claire : un Iran nucléaire ne serait pas seulement un danger pour la région, mais pour le monde entier. « Si Téhéran sort du TNP, le temps des discussions sera terminé », a averti récemment un responsable israélien, laissant entendre qu’Israël n’hésitera pas à agir seul si nécessaire.

En se dirigeant vers la sortie du traité, l’Iran joue une carte dangereuse, à la fois pour consolider son image de puissance régionale et pour défier l’Occident. Mais ce choix pourrait précipiter une confrontation militaire d’une ampleur inédite au Moyen-Orient, au risque d’entraîner la planète dans une nouvelle crise nucléaire.

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