Canada : une septuagénaire juive poignardée dans un supermarché d’Ottawa – la piste antisémite privilégiée

Un nouvel acte antisémite d’une violence extrême a secoué la communauté juive du Canada. Une femme juive âgée d’une soixantaine d’années a été poignardée cette semaine dans un supermarché de la chaîne Loblaws, à Ottawa, alors qu’elle faisait ses courses dans le rayon des produits casher. Selon plusieurs témoins, elle portait un pendentif en forme d’étoile de David, visible au moment de l’agression. Touchée au ventre, elle a été hospitalisée dans un état grave avant de pouvoir regagner son domicile.

L’assaillant, identifié comme Joseph (Joe) Rock, 71 ans, originaire de Cornwall (sud-est de l’Ontario), a été interpellé immédiatement après les faits et inculpé pour agression armée et possession d’arme dangereuse. La police a indiqué que l’unité spécialisée dans les crimes haineux a été associée à l’enquête afin de déterminer s’il s’agit bien d’un acte antisémite.

La communauté juive locale n’a, elle, aucun doute. La Fédération juive d’Ottawa a publié un communiqué affirmant que la victime, « membre précieuse et aimée de la communauté », a été attaquée en raison de son identité juive. Des discussions ont été engagées avec la police, la mairie et la direction de la chaîne Loblaws afin de renforcer la sécurité autour des lieux fréquentés par les Juifs.

Le maire d’Ottawa, Mark Sutcliffe, a réagi dès le lendemain, qualifiant l’attaque d’« acte ignoble et révoltant ». Il a assuré la famille de la victime de son soutien « au nom de tous les habitants de la ville », en soulignant la « profonde onde de choc » provoquée par l’événement dans la capitale canadienne.

Les soupçons d’antisémitisme sont renforcés par l’historique du suspect. Sur ses réseaux sociaux, Joseph Rock avait multiplié les publications haineuses, qualifiant Israël d’« État très malfaisant » et écrivant sans détour : « Je n’ai aucune obligation d’aimer les Juifs. » Dans d’autres messages, il accusait les Juifs d’être « passés maîtres dans l’art de la manipulation, de la propagande et du contrôle ».

L’organisation B’nai Brith Canada a dénoncé avec force cet attentat, en déclarant : « Les publications de Rock ne laissent aucun doute sur ses motivations. Il s’agit d’un antisémite notoire, obsédé par la haine des Juifs. » L’association a également fustigé l’inaction des autorités canadiennes face à la montée alarmante des violences antisémites, rappelant que le Canada fut jadis perçu comme un modèle en matière de droits humains. « Désormais, c’est dans ce pays que des femmes juives se font poignarder au supermarché simplement parce qu’elles portent une étoile de David », a-t-elle averti.

Cet attentat intervient dans un climat déjà tendu : selon les dernières statistiques, les actes antisémites sont en forte augmentation au Canada, notamment depuis les massacres du 7 octobre 2023 et la guerre qui a suivi à Gaza. Alors que le gouvernement Trudeau s’efforce de maintenir un discours d’équilibre entre soutien à Israël et empathie envers les civils palestiniens, la communauté juive réclame des actes concrets pour assurer sa sécurité.

Cet épisode dramatique rappelle à quel point l’antisémitisme n’est pas une menace lointaine mais une réalité quotidienne, y compris en Amérique du Nord. Face à la haine, la complaisance devient une complicité. Et la communauté juive du Canada, meurtrie mais déterminée, semble prête à hausser le ton pour rappeler que l’étoile de David, symbole d’identité et de fierté, ne doit jamais devenir une cible.

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