Deux pétroliers russes ont été coulés en mer Noire lors d’une série de frappes ciblées attribuées aux forces ukrainiennes, selon plusieurs sources militaires et médiatiques internationales. L’incident, survenu dans un secteur stratégique contrôlant les routes d’exportation du pétrole russe, marque une nouvelle escalade dans la guerre maritime entre Kiev et Moscou. Selon Reuters, l’Ukraine a intensifié ces derniers mois ses attaques contre les infrastructures et navires russes, cherchant à perturber le transport d’hydrocarbures qui constitue l’un des piliers économiques du Kremlin (source : https://www.reuters.com/world/europe/ukraine-says-it-hit-russian-oil-terminal-drone-attack-2025-01-03/).
Les deux navires, identifiés par des sources ukrainiennes comme le Kairo et le Virat, auraient tenté de rejoindre la côte russe malgré les avertissements de Kiev de ne plus approcher des ports utilisés pour l’exportation de pétrole de guerre. Selon les images publiées par l’armée ukrainienne, relayées par Ukrainska Pravda, les navires ont été ciblés par des drones navals explosifs, une technologie devenue centrale dans les offensives ukrainiennes depuis 2023. Les vidéos montrent des explosions et un incendie massif à bord des deux pétroliers, avant leur naufrage dans les eaux internationales (source : https://www.pravda.com.ua/eng/news/2025/01/03/7432100/).
Les autorités russes n’ont pas immédiatement confirmé la perte des deux navires, se limitant à évoquer « un incident en mer » et dénonçant « une attaque terroriste ukrainienne ». Le ministère russe de la Défense accuse Kiev de s’en prendre à des navires civils. L’Ukraine répond que les pétroliers ciblés transportaient du pétrole destiné à financer l’effort de guerre russe, et qu’ils étaient considérés comme des « cibles légitimes ». Cette approche s’inscrit dans la doctrine stratégique annoncée publiquement par le ministre ukrainien de la Défense, affirmant que tout navire transportant du pétrole russe destiné à l’exportation contribuerait « directement à financer l’agression » et serait donc traité comme un objectif militaire.
La mer Noire est devenue, depuis 2022, un champ de bataille complexe où les deux camps rivalisent de technologies drones et missiles. Les ports russes de Novorossiïsk et de Touapsé ont été régulièrement visés par des attaques de drones ukrainiens, ciblant dépôts, terminaux et raffineries. En réponse, Moscou a renforcé ses systèmes de défense navale, déployé des filets anti-drones et augmenté la présence de bâtiments de guerre pour escorter les navires commerciaux. Malgré cela, plusieurs navires ont été détruits ou endommagés. Reuters souligne que la flotte russe de la mer Noire a déjà perdu une partie significative de ses bâtiments depuis le début du conflit, notamment après la destruction du croiseur Moskva en 2022 et l’attaque contre Sébastopol en 2023 (source : https://www.reuters.com/world/europe/russias-black-sea-fleet-suffers-heavy-losses-2024-06-10/).
Dans cette dernière attaque, l’utilisation de drones navals de nouvelle génération semble avoir joué un rôle décisif. Conçus pour naviguer à grande vitesse, difficilement détectables par les radars russes, et capables d’emporter plusieurs centaines de kilos d’explosifs, ils sont devenus la signature tactique de l’Ukraine en mer Noire. Leur emploi systématique a transformé la zone en un corridor dangereux pour le trafic pétrolier russe. Plusieurs compagnies maritimes internationales ont cessé d’assurer les navires russes opérant dans cette région, par crainte de pertes financières majeures.
L’impact économique pour Moscou pourrait être significatif si ces attaques se poursuivent : une part importante du pétrole exporté par la Russie transite par la mer Noire. Perturber cette route revient à toucher les revenus énergétiques du Kremlin, qui restent la principale source de financement de son effort de guerre. Selon certaines estimations publiées dans le Financial Times, le pétrole russe transporté par une « flotte fantôme » de navires de seconde main constitue aujourd’hui une partie essentielle des exportations contournant les sanctions occidentales. La destruction de plusieurs de ces navires pourrait donc affaiblir l’architecture logistique permettant à la Russie de vendre son pétrole sur les marchés asiatiques (source : https://www.ft.com/content/7c0cba64-1f2e-4a2a-a3b5-1d87451157a2).
Pour l’Ukraine, cette opération symbolise aussi la poursuite d’une stratégie offensive visant à déplacer le conflit loin des frontières terrestres. En frappant les intérêts stratégiques russes dans les eaux internationales, Kiev cherche à créer un effet dissuasif : chaque navire transportant du pétrole russe doit désormais considérer qu’il peut être ciblé. Cette logique fait partie d’un message que l’Ukraine assume publiquement : « Si vous transportez du pétrole russe, attendez-vous à perdre votre navire », selon un haut responsable militaire cité par Pravda.
Reste à savoir comment Moscou réagira. Certaines sources évoquent la possibilité d’une riposte contre les infrastructures portuaires ukrainiennes, notamment à Odessa ou à Pivdenny, déjà visées à plusieurs reprises. La Russie pourrait également renforcer son dispositif naval en mer Noire, bien que ses capacités soient limitées par les pertes subies depuis 2022 et par l’interdiction turque de transit des navires de guerre à travers les détroits depuis le début de la guerre. Dans ce contexte, chaque attaque ukrainienne accentue la pression sur une flotte russe fragilisée.
Cette attaque illustre enfin un basculement stratégique : la mer Noire n’est plus seulement un espace de commerce, mais un théâtre de confrontation où la technologie, la rapidité et l’innovation définissent la supériorité. Pour Kiev, chaque navire russe détruit est une victoire symbolique et économique ; pour Moscou, chaque perte est un rappel brutal de sa vulnérabilité dans un conflit où l’Ukraine a appris à retourner les faiblesses russes contre elle.
Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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