Le numéro deux du Hezbollah, Cheikh Naïm Qassem, a déclaré que son organisation « a le droit de répondre » à l’élimination de son chef d’état-major, tué lors d’une frappe attribuée à Israël, tout en affirmant que le mouvement chiite déterminera « le moment et la forme » de sa réaction. Ces propos, rapportés par plusieurs médias libanais et confirmés par Al-Mayadeen, interviennent alors que la tension à la frontière israélo-libanaise a atteint un niveau critique après des semaines de frappes ciblées et d’échanges de tirs. La chaîne libanaise, proche du Hezbollah, a diffusé les déclarations de Qassem, affirmant que « la réponse arrivera au moment que nous choisirons », un message destiné autant à Israël qu’à la population libanaise, qui craint une escalade régionale (source : https://english.almayadeen.net/news/politics/hezbollah:-we-will-respond-to-the-assassination-of-our-milit).
Selon Reuters, l’élimination de ce haut responsable militaire représente l’un des coups les plus significatifs portés au Hezbollah depuis la mort de figures majeures dans le passé. Bien que l’agence ne confirme pas chaque détail opérationnel pour des raisons de sécurité, elle note que les frappes israéliennes visent désormais des cadres de rang supérieur, un changement de doctrine impliquant une volonté de dégrader la chaîne de commandement de l’organisation chiite (source : https://www.reuters.com/world/middle-east/israel-strikes-hezbollah-targets-southern-lebanon-2024-12-28/).
Les tensions entre Israël et le Hezbollah se sont intensifiées depuis l’attaque du 7 octobre et la guerre déclenchée à Gaza. Le front nord, habituellement contenu dans une logique d’échanges limités, s’est transformé en une zone d’affrontements presque quotidiens. Israël accuse le Hezbollah de servir de bras armé de l’Iran et de coordonner ses opérations avec la Force Al-Qods, opérant depuis des zones civiles au Liban-sud. De son côté, le Hezbollah affirme que ses attaques visent à « soutenir Gaza » et à dissuader Israël d’étendre ses frappes.
Le contexte régional complique davantage la situation. En Syrie, Israël mène régulièrement des frappes contre des convois iraniens et des dépôts d’armes ; en Irak, des milices chiites proches de Téhéran promettent une « coordination totale » avec le Hezbollah en cas de guerre ouverte ; au Yémen, les Houthis, également soutenus par l’Iran, ont déjà tenté de viser Israël via des drones longue portée. Ainsi, les déclarations de Naïm Qassem ne restent jamais symboliques : elles sont perçues comme des messages à Téhéran, aux alliés chiites régionaux, et à la communauté internationale.
Dans la presse libanaise, les déclarations de Qassem ont suscité une réaction contrastée. L’Orient-Le Jour note que les Libanais redoutent une nouvelle guerre, rappelant les destructions massives de 2006 et la crise économique actuelle, qui rendrait insoutenable un nouveau conflit (source : https://www.lorientlejour.com/). Le journal souligne que même des figures politiques traditionnellement alliées au Hezbollah appellent à la prudence. Pourtant, le Hezbollah semble déterminé à montrer qu’il n’accepte pas l’assassinat de ses commandants sans réponse.
Côté israélien, les médias rapportent que Tsahal suit de près les menaces du Hezbollah. Le Times of Israel indique que l’armée a renforcé ses patrouilles, ses positions et ses batteries antiaériennes dans le nord du pays, anticipant des tirs de roquettes, de missiles antichars ou une tentative d’infiltration (source : https://www.timesofisrael.com/liveblog_entry/idf-strikes-hezbollah-targets-in-response-to-rocket-attacks/). Israël considère que chaque élimination de cadre du Hezbollah doit affaiblir la capacité opérationnelle de l’organisation, mais sait que la réponse est presque systématique.
La question centrale reste de savoir quel type de riposte le Hezbollah pourrait choisir. Dans le passé, l’organisation a alterné entre des tirs de roquettes ciblés, des attaques de missiles antichars contre des véhicules militaires, des frappes de drones sur les positions israéliennes et des embuscades contre des patrouilles. Une attaque majeure contre une base israélienne serait considérée comme un seuil d’escalade, mais la situation actuelle rend toute prédiction incertaine.
Israël, de son côté, envoie le message que toute attaque du Hezbollah recevra une réponse « sévère et disproportionnée », selon des sources militaires citées dans la presse hébraïque. Tsahal affirme également que les éliminations ciblées ne cesseront pas tant que l’organisation chiite continuera de menacer les communautés du nord d’Israël. L’armée israélienne estime qu’une escalade majeure pourrait survenir, mais n’en souhaite pas l’initiative.
Le risque d’un conflit plus large est réel. Les diplomates occidentaux, notamment français et américains, tentent d’éviter une guerre ouverte. Washington, en particulier, observe avec inquiétude les mouvements des milices chiites régionales, craignant une dynamique d’embrasement contrôlée par l’Iran. Mais Téhéran, selon plusieurs analyses régionales, pourrait voir dans une escalade une opportunité stratégique pour détourner l’attention internationale de son programme nucléaire ou de sa situation interne.
Les propos de Naïm Qassem interviennent donc à un moment où chaque mot est scruté. Son avertissement, volontairement flou, maintient Israël dans une posture d’alerte permanente. Les prochains jours permettront de déterminer si le Hezbollah optera pour une riposte calibrée destinée à rétablir son « équilibre de dissuasion », ou s’il choisira une escalade risquée susceptible de déclencher une guerre régionale. Dans tous les cas, cette déclaration constitue un signal fort dans un environnement où chaque incident peut devenir l’étincelle d’un affrontement beaucoup plus vaste.
Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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