Pas sur Al-Jazeera, mais en Israël : la tribune qui affirme que le 7 octobre a « redéfini la justice »

 

 

 

 

Un texte publié sur le site israélien Local Call (Shikha Mekomit) a déclenché une vive controverse en Israël. Sous couvert d’un langage universitaire et de concepts issus des sciences sociales, la tribune soutient que le massacre du 7 octobre aurait « redéfini les paramètres de la justice », allant jusqu’à présenter cette attaque comme un tournant légitime dans la lutte palestinienne. Pour ses détracteurs, il s’agit ni plus ni moins d’une opération de blanchiment intellectuel du terrorisme.

Le texte, qui évite soigneusement toute condamnation explicite du Hamas, emploie une terminologie chargée – « colonialisme de peuplement », « justice historique », « résistance » – afin de réinterpréter l’un des événements les plus sanglants de l’histoire récente d’Israël. Plus de 1 200 civils ont été assassinés ce jour-là, des familles entières massacrées, des femmes violées, des personnes âgées et des enfants enlevés. Or, dans cette tribune, ces faits disparaissent presque entièrement derrière un discours théorique abstrait.

L’auteur y affirme que le 7 octobre aurait mis fin à une « illusion morale », selon laquelle un État qualifié de colonial pourrait encore prétendre à la justice. En d’autres termes, l’attaque serait non seulement compréhensible, mais historiquement nécessaire. Cette thèse ne se contente pas d’analyser le conflit : elle attribue un sens positif à une violence de masse ciblant délibérément des civils, sans jamais poser de limites morales claires.

C’est précisément ce point qui choque une large partie de l’opinion publique israélienne. Il ne s’agit pas ici d’une critique de la politique gouvernementale, ni même d’un plaidoyer en faveur des droits des Palestiniens – débats légitimes dans toute démocratie. Il s’agit d’un texte qui, par un jeu de mots savant, normalise l’horreur, transforme un pogrom en « événement fondateur » et efface la responsabilité directe des terroristes.

La comparaison avec des médias ouvertement hostiles à Israël, souvent accusés de justifier ou de relativiser la violence jihadiste, s’est imposée d’elle-même. La différence majeure, soulignent les critiques, est que ce discours n’est pas diffusé depuis Doha ou Beyrouth, mais depuis un site israélien, rédigé en hébreu et destiné au public local. Pour beaucoup, cela constitue une ligne rouge morale.

Au-delà de la polémique immédiate, cette affaire soulève une question plus profonde : jusqu’où peut aller la liberté d’expression lorsqu’elle en vient à légitimer le meurtre de civils ? Peut-on encore parler de débat intellectuel lorsque les victimes sont invisibilisées et que les bourreaux sont absous par avance au nom d’une théorie ?

En cherchant à « redéfinir la justice », cette tribune finit par vider le concept de tout contenu éthique. Car une justice qui commence par excuser le massacre d’innocents n’est plus une quête morale, mais une justification idéologique de la barbarie. Et le fait que ce discours soit tenu au cœur même d’Israël explique pourquoi il suscite une indignation aussi profonde.


Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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