Trump menace : « Si vous tuez des manifestants, nous viendrons les aider ». L’Iran répond : « Cela mènera au chaos dans toute la région »

Après près d’une semaine de manifestations et d’affrontements à travers l’Iran, la tension est brutalement montée d’un cran sur la scène internationale. Le président des États-Unis, Donald Trump, est intervenu publiquement en adressant une menace directe au régime iranien, tandis que Téhéran a répondu par des avertissements lourds de conséquences géopolitiques.

Dans un message publié sur son réseau Truth Social, Donald Trump a déclaré que si l’Iran « tire sur des manifestants pacifiques et les tue, comme il en a l’habitude », alors les États-Unis « viendront à leur secours ». Il a ajouté que son pays était « en alerte et prêt à agir ». Cette déclaration marque l’une des prises de position les plus explicites de Washington depuis le début du nouveau cycle de contestation populaire en République islamique.

La réaction iranienne ne s’est pas fait attendre. Ali Larijani, conseiller du guide suprême Ali Khamenei et figure centrale de l’appareil sécuritaire iranien, a accusé Trump d’ouvrir « une aventure dangereuse ». Selon lui, toute intervention américaine dans les affaires intérieures de l’Iran « semerait le chaos dans l’ensemble de la région et porterait atteinte aux intérêts américains ». Il a appelé les États-Unis à « se préoccuper de la sécurité de leurs propres soldats ».

Un autre conseiller influent du guide suprême, Ali Shamkhani, a renforcé le ton en affirmant que « toute main étrangère qui tenterait de s’approcher sous prétexte de sécurité serait coupée avant d’atteindre son objectif ». Il a qualifié la sécurité nationale iranienne de « ligne rouge absolue », dénonçant ce qu’il a appelé des « tweets irresponsables ».

Ces échanges verbaux surviennent alors que la situation intérieure iranienne continue de se détériorer. Selon des sources iraniennes et des médias d’opposition à l’étranger, au moins cinq personnes ont été tuées ces dernières vingt-quatre heures lors d’affrontements entre manifestants et forces de sécurité. Parmi les victimes figureraient des protestataires, bien que les autorités locales parlent de « fauteurs de troubles » ou d’éléments violents infiltrés.

Les manifestations ont débuté de manière spontanée dans le grand bazar de Téhéran, lorsque des commerçants ont protesté contre l’effondrement économique, avant de s’étendre rapidement à au moins dix universités de la capitale et à plusieurs villes de province. La colère populaire est alimentée par une inflation galopante, un chômage massif et surtout par l’effondrement spectaculaire de la monnaie nationale. Alors qu’en 2015, après la signature de l’accord sur le nucléaire, un dollar valait environ 32 000 rials, il s’échange aujourd’hui contre près de 1,4 million de rials.

Dans l’ouest et le sud-ouest du pays, notamment dans les provinces du Lorestan et du Chaharmahal-et-Bakhtiari, des affrontements violents ont opposé manifestants et forces de l’ordre. L’agence de presse iranienne Fars a rapporté que des postes de police avaient été attaqués, que des bâtiments publics avaient été visés et que des pneus avaient été incendiés. Des médias d’opposition, dont la chaîne Iran International basée à Londres, affirment au contraire que des forces de sécurité ont ouvert le feu sur des foules non armées.

Fait particulièrement symbolique, des slogans rares ont été entendus dans la ville sainte chiite de Qom. Selon plusieurs vidéos diffusées en ligne, des manifestants y ont scandé « Vive le Shah », en référence au régime monarchique renversé lors de la révolution islamique de 1979. Ce type de slogan, longtemps inimaginable dans un bastion religieux du régime, est interprété par de nombreux analystes comme un signe de rupture profonde entre une partie de la population et le pouvoir des mollahs.

Malgré l’ampleur des troubles, cette vague de protestation reste pour l’instant moins massive que celle de 2022, déclenchée par la mort de Mahsa Amini après son arrestation par la police des mœurs. À l’époque, des centaines de milliers d’Iraniens avaient exigé la chute du régime. Aujourd’hui, les revendications semblent plus économiques, mais la colère sociale pourrait rapidement se transformer en contestation politique ouverte.

En Israël, la situation est suivie de près. Certains responsables ont affirmé que le régime iranien entrait dans « sa phase finale », mais des sources gouvernementales ont rapidement tempéré ces propos, soulignant qu’il était encore trop tôt pour tirer des conclusions stratégiques.

L’avertissement de Donald Trump introduit une nouvelle variable explosive dans une équation déjà instable. Entre un régime iranien acculé, une population épuisée par des décennies de sanctions et une administration américaine prête à hausser le ton, le risque d’escalade régionale devient de plus en plus tangible. Pour l’instant, les rues iraniennes restent le principal théâtre de cette confrontation, mais les mots échangés au sommet laissent planer l’ombre d’un affrontement bien plus large.


Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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