Selon le général de réserve Yiftah Ron-Tal, l’Iran traverse aujourd’hui la phase la plus critique depuis la révolution islamique de 1979. Dans une interview accordée à l’émission Maadurat HaBoker, il estime que le processus d’effondrement du régime a déjà commencé et qu’il est désormais irréversible. La question n’est plus de savoir si le régime iranien chutera, mais quand — et à quel prix.
D’après Ron-Tal, le pouvoir de Téhéran a subi ces derniers mois des coups d’une ampleur sans précédent. « Le régime iranien est dans l’heure la plus sombre de son histoire. Il a encaissé une frappe sévère, presque fatale, contre ses infrastructures de missiles et son programme nucléaire, à la fois par Israël et avec une aide américaine », explique-t-il. Pour l’ancien chef d’état-major adjoint, l’Iran se trouve désormais dans une situation de point of no return. « On ne peut plus revenir en arrière. Le processus est enclenché et, lorsqu’il arrivera à maturité, ce régime tombera. La seule inconnue concerne le calendrier et le coût humain et stratégique de cette chute. »
Le facteur économique apparaît comme l’un des principaux détonateurs de cette dynamique. Ron-Tal dresse un tableau sombre de la réalité quotidienne des Iraniens. « Le citoyen iranien moyen gagne aujourd’hui moins de 100 euros par mois, et le régime tente de lui “faire taire la bouche” avec six euros d’aides symboliques. Il n’y a pas d’électricité stable, pas d’eau régulière — c’est une situation intenable », affirme-t-il. Selon lui, cet effondrement du niveau de vie crée une pression sociale immense, d’autant plus forte que le potentiel du pays est considérable.
« Le peuple iranien est un peuple intelligent, héritier d’une civilisation prestigieuse et doté de ressources naturelles énormes. L’écart entre ce potentiel et la réalité actuelle est tout simplement explosif », analyse Ron-Tal. Ce fossé alimente les vagues de protestations qui se multiplient à travers le pays, malgré la répression brutale exercée par le régime.
Sur le plan interne, l’ancien général souligne une fracture majeure au sein de l’appareil sécuritaire iranien. « Il existe en Iran deux armées », explique-t-il. « D’un côté, les Gardiens de la Révolution, dont la mission principale est de protéger le régime. De l’autre, l’armée régulière iranienne, qui a été relativement épargnée et avec laquelle les tensions sont profondes. » Selon son analyse, il suffirait qu’un groupe restreint d’officiers décide d’agir — « quelques chars, quelques unités déterminées » — pour déclencher un effet boule de neige susceptible d’entraîner des foules entières dans la rue.
Concernant le rôle d’Israël, Ron-Tal se montre prudent et réaliste. Il affirme clairement que la chute du régime iranien n’est pas un objectif stratégique direct de l’État hébreu. « Notre but est la sécurité d’Israël. Si l’Iran cherche à reconstruire des capacités qui nous menacent, nous devons agir. Conduire une révolution ? Ce n’est pas notre rôle, c’est celui d’une superpuissance comme les États-Unis », précise-t-il. Il ajoute néanmoins que si Washington prenait une décision stratégique en ce sens, « les Américains sont capables d’agir n’importe où sur la planète ».
L’analyse de Ron-Tal s’étend également aux autres fronts régionaux, notamment le Liban et la bande de Gaza. Selon lui, Israël a adopté une nouvelle doctrine sécuritaire depuis le 7 octobre : « On n’attend plus que la menace se matérialise. On détruit les infrastructures dès leur construction. Ce n’est plus une logique de cycles ou d’opérations ponctuelles, mais une guerre continue. »
À propos de Gaza, il estime que toute avancée politique est conditionnée par un désarmement total du Hamas. « Le démantèlement du Hamas est un préalable absolu. S’il n’y a pas d’autre choix, la prise de la ville de Gaza entraînera l’effondrement définitif de l’organisation. Quand on retire les armes individuelles, on retire le contrôle », affirme-t-il.
Au final, le tableau dressé par Yiftah Ron-Tal est celui d’un régime iranien affaibli, isolé et sous pression multidimensionnelle — économique, sociale, militaire et politique. Pour lui, l’histoire est déjà en marche. Reste à savoir combien de temps le pouvoir de Téhéran parviendra encore à contenir une réalité qu’il ne contrôle plus.
Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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