Itamar Ben Gvir brise le silence : “C’est une honte nationale”

À l’approche d’une décision sensible de la Cour suprême, le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir a livré un entretien offensif, sans filtre, qui cristallise les tensions entre pouvoir politique, système judiciaire et forces de sécurité. Au cœur du débat : la question des limites de l’autorité ministérielle sur la police et la légitimité de l’intervention judiciaire dans la conduite de la politique sécuritaire.

Ben Gvir rejette catégoriquement les accusations selon lesquelles il affaiblirait l’indépendance de la police. Selon lui, son action vise au contraire à restaurer la dissuasion et la “gouvernance” dans des zones longtemps abandonnées, notamment dans le Néguev. Il assume pleinement son soutien public aux policiers impliqués dans des incidents mortels, estimant qu’un État qui ne soutient pas ses forces de l’ordre se condamne à l’impuissance.

La conseillère juridique du gouvernement l’accuse de franchir des lignes rouges en mêlant considérations politiques et décisions opérationnelles. Une position que Ben Gvir qualifie de tentative de prise de pouvoir par une élite judiciaire déconnectée du terrain. Il affirme que sans ces entraves juridiques, plusieurs drames récents auraient pu être évités.

Le ministre relie directement ces tensions à une question plus large : celle de la gouvernance d’Israël à l’approche d’une période électorale incertaine. Pour lui, le débat dépasse sa personne et touche à la capacité du gouvernement élu à appliquer sa politique sans être neutralisé par des instances non élues. Il voit dans les procédures engagées contre lui une manœuvre politique déguisée.

Ben Gvir défend également des réformes controversées, notamment le durcissement des conditions de détention des prisonniers terroristes et la promotion de la peine capitale pour les auteurs d’attentats. Il affirme que ces mesures ont déjà un effet dissuasif mesurable et qu’elles contribuent à une baisse des attaques.

Concernant les événements du 7 octobre, il va plus loin encore, affirmant que si ses recommandations sécuritaires avaient été suivies plus tôt, la catastrophe aurait pu être évitée. Une déclaration qui continue de diviser profondément l’opinion publique, entre ceux qui y voient une lucidité dérangeante et ceux qui dénoncent une récupération politique.

En filigrane, l’entretien révèle un affrontement idéologique majeur sur la nature même de l’État : jusqu’où peut aller l’autorité politique au nom de la sécurité, et quel rôle doit jouer le pouvoir judiciaire dans un contexte de menace permanente. Ben Gvir, lui, ne semble pas prêt à reculer, convaincu que le soutien populaire finira par trancher.


Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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