Les images en provenance de Téhéran ces dernières heures témoignent d’une capitale profondément secouée par une vague de manifestations d’une intensité inédite. Dégâts matériels, incendies, vandalisme et affrontements violents se multiplient dans plusieurs quartiers de la ville, tandis que le bilan humain ne cesse de s’alourdir. Selon un rapport publié par le magazine Time, au moins 217 manifestants auraient été tués à Téhéran en l’espace de deux jours seulement, dans le cadre d’un soulèvement populaire qui s’étend désormais à l’ensemble de la République islamique.
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Ces chiffres ont été fournis par un médecin travaillant dans l’un des hôpitaux de la capitale iranienne, qui s’est exprimé anonymement en raison des risques encourus. D’après son témoignage, les victimes ont été évacuées vers seulement six hôpitaux de Téhéran, ce qui laisse supposer que le bilan réel pourrait être encore plus lourd. Le praticien précise que la majorité des personnes tuées ont succombé à des tirs à balles réelles, et que nombre d’entre elles étaient de jeunes manifestants. Certains auraient même été abattus à l’aide de mitrailleuses à proximité immédiate d’un poste de police situé dans le nord de la ville.
Sur le terrain, la situation est chaotique. Des quartiers entiers de l’est de Téhéran ont été le théâtre d’émeutes nocturnes, avec des incendies de bâtiments publics, des vitrines brisées et des routes bloquées. Les autorités iraniennes parlent de « vandalisme organisé » et d’actions menées par des « éléments hostiles », tandis que les manifestants dénoncent une répression aveugle visant à écraser toute contestation.
La violence touche également les forces du régime. La télévision d’État iranienne a reconnu que deux membres des forces de sécurité ont été tués lors d’émeutes dans la ville de Shushtar. Par ailleurs, des médias iraniens ont rapporté que huit membres des Gardiens de la révolution auraient perdu la vie dans la province de Kermanshah lors d’affrontements avec des groupes qualifiés de séparatistes. Ces annonces, rares de la part des autorités, illustrent l’ampleur des troubles et la pression croissante sur l’appareil sécuritaire.
Dans ce contexte, Ali Larijani, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, a accusé Israël d’être directement impliqué dans les événements. « Nous sommes au cœur d’une guerre. Il n’y a ni paix ni cessez-le-feu », a-t-il déclaré, reprenant la rhétorique habituelle du régime consistant à attribuer les crises internes à des ennemis extérieurs afin de resserrer les rangs.
Parallèlement, le prince héritier iranien en exil Reza Pahlavi a intensifié ses appels à la mobilisation. Dans un message publié sur le réseau social X, il a salué le retour massif des manifestants dans les rues vendredi soir, affirmant qu’il s’agissait d’une réponse directe aux menaces du pouvoir. Il a appelé les travailleurs des secteurs clés de l’économie — transports, pétrole, gaz et énergie — à lancer une grève nationale afin de paralyser le pays.
Pahlavi est allé plus loin, exhortant les manifestants à se préparer à occuper et défendre les centres-villes. Selon lui, la stratégie ne doit plus se limiter à des rassemblements ponctuels, mais viser une présence continue dans l’espace public, capable de couper les canaux financiers et administratifs du régime. Cette posture renforce son rôle de figure centrale de l’opposition en exil, tout en suscitant des débats sur la capacité réelle de l’opposition à coordonner un mouvement aussi vaste depuis l’étranger.
La réaction américaine a été immédiate. Le président des États-Unis Donald Trump a de nouveau menacé l’Iran, affirmant que Washington interviendrait si le régime recommençait à « tuer des gens comme par le passé ». Tout en excluant l’envoi de troupes au sol, Trump a averti que les États-Unis frapperaient « très fort, là où cela fait le plus mal », en cas d’escalade meurtrière. Il a également déclaré que l’Iran se trouvait dans une « très mauvaise situation », soulignant que les manifestants semblaient désormais prendre le contrôle de certaines villes — un scénario jugé inimaginable quelques semaines auparavant.
Les organisations de défense des droits humains tentent de documenter les événements malgré les obstacles. Le groupe Human Rights Activists News Agency, basé aux États-Unis, a recensé 63 morts à travers l’Iran, dont 49 civils. L’écart avec les chiffres évoqués par le médecin de Téhéran s’expliquerait par le fait que l’organisation ne comptabilise que les victimes formellement identifiées, ce qui souligne les difficultés extrêmes à établir un bilan fiable.
Afin de contenir la mobilisation, le régime a coupé Internet à l’échelle nationale, puis interrompu les lignes téléphoniques. Le guide suprême Ali Khamenei a déclaré que la République islamique ne reculerait « pas d’un millimètre » sur ses principes, accusant les manifestants d’être manipulés et appelant les jeunes Iraniens à rester unis et vigilants.
Cette vague de protestation, la plus violente depuis 2022 et la mort de Mahsa Amini, a débuté par une grève des commerçants du bazar de Téhéran le 28 décembre, sur fond d’effondrement de la monnaie iranienne. Elle s’est rapidement propagée aux universités, malgré leur fermeture ordonnée par les autorités. Ces derniers jours, certains manifestants ont même osé scander « mort au dictateur », signe d’une rupture profonde entre une partie de la population et le pouvoir. Téhéran apparaît aujourd’hui comme l’épicentre d’une crise qui menace directement la survie du régime iranien.
Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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