La répression en cours en Iran a franchi un seuil qui choque profondément l’opinion internationale. Depuis près de deux semaines, un mouvement de protestation d’ampleur nationale secoue le pays et est désormais perçu par de nombreux observateurs comme une menace réelle pour la survie du régime. Au cœur des témoignages qui parviennent à l’étranger malgré la censure, un récit en particulier cristallise l’horreur : celui d’un enfant de cinq ans, abattu alors qu’il se trouvait dans les bras de sa mère. En parallèle, les États-Unis durcissent leur rhétorique et évoquent ouvertement la possibilité d’une action, sans toutefois annoncer d’intervention militaire concrète.
Pour tenter d’étouffer la contestation, les autorités iraniennes ont procédé à une coupure massive d’Internet et des lignes téléphoniques. Cette stratégie vise à empêcher l’organisation des manifestations et à limiter la diffusion d’images et de témoignages vers l’extérieur. Malgré ce blackout, des informations continuent de filtrer grâce à des contacts clandestins, à l’usage de communications satellitaires et au travail de médias internationaux.
Selon des témoignages recueillis par la BBC, la CNN et Reuters, les hôpitaux de Téhéran et d’autres grandes villes seraient débordés. Des médecins et membres du personnel soignant, s’exprimant anonymement, décrivent des services d’urgence saturés, des pénuries de personnel et une incapacité à traiter tous les blessés à temps. Plusieurs évoquent des tirs directs visant la tête et le thorax de manifestants.
Une employée hospitalière interrogée par la BBC a parlé de « scènes insoutenables ». Elle affirme que le nombre de victimes était si élevé que les équipes n’avaient pas le temps de tenter des manœuvres de réanimation. Selon son témoignage, les morgues auraient rapidement été pleines, contraignant le personnel à entreposer des corps dans d’autres pièces, y compris des salles de prière. Ces propos, comme beaucoup d’autres, ne peuvent être vérifiés indépendamment, mais leur cohérence et leur répétition soulèvent une inquiétude majeure.
Le témoignage le plus bouleversant a été rapporté par CNN. Une médecin exerçant à Neyshabur, dans le nord-est de l’Iran, a déclaré que les forces de sécurité avaient tué « au moins trente personnes » en une seule journée. Parmi les victimes figuraient des enfants. Elle a notamment affirmé qu’un enfant de cinq ans avait été mortellement touché par balle alors qu’il se trouvait dans les bras de sa mère. Selon elle, les tirs ne visaient pas uniquement des manifestants, mais aussi des passants et des civils.
D’autres médecins cités par Reuters font état de blessures graves : fractures multiples, traumatismes crâniens, plaies profondes et blessures par balles. Certains établissements auraient accueilli en quelques heures des dizaines de personnes touchées par des tirs à balles réelles, et plusieurs décès auraient été constatés après leur admission. La peur d’être identifiés pousserait également certains blessés à éviter les hôpitaux et à chercher des soins dans des cliniques privées.
Sur le plan politique, la ligne du régime semble s’être durcie. D’après le quotidien britannique The Telegraph, le guide suprême Ali Khamenei aurait ordonné aux Gardiens de la révolution de réprimer les manifestations sans concession et relevé le niveau d’alerte sécuritaire à un seuil supérieur à celui observé lors de la précédente guerre avec Israël. Dans ce contexte de tension extrême, plusieurs compagnies aériennes internationales ont suspendu leurs vols vers l’Iran.
Malgré la violence, de nombreux manifestants continuent de descendre dans la rue. Des Iraniens interrogés par le New York Times et CNN décrivent un changement de mentalité. « Les gens sont plus courageux que lors des protestations précédentes », confie un manifestant de Téhéran. Un autre résume l’état d’esprit dominant : « Soit nous mourons, soit nous mettons fin aux conditions terribles dans lesquelles nous vivons. Cette fois, ils ne pourront pas nous arrêter. »
À l’international, les déclarations américaines sont suivies avec attention. Le président des États-Unis Donald Trump a écrit sur son réseau Truth Social que « l’Iran aspire à la liberté comme jamais auparavant » et que les États-Unis étaient « prêts à aider ». Des responsables américains ont confirmé, via le Wall Street Journal, que des discussions préliminaires avaient lieu au sein de l’administration, incluant l’examen de différentes options, sans qu’aucune décision opérationnelle n’ait été prise à ce stade.
Le sénateur Lindsey Graham a déclaré que « l’aide est en route », alimentant les spéculations sur une possible escalade. Toutefois, aucune intervention militaire américaine n’a été annoncée, et les déclarations officielles restent au conditionnel.
Dans l’attente de confirmations indépendantes, le bilan humain demeure incertain. Certaines estimations non vérifiées évoquent des centaines, voire des milliers de morts. Ce qui apparaît clairement, en revanche, c’est l’ampleur de la violence et la gravité de la crise. La mort d’un enfant dans les bras de sa mère est devenue, pour beaucoup, le symbole tragique d’un affrontement qui dépasse désormais la simple contestation sociale et pose la question d’un tournant historique pour l’Iran.
Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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