Alors que les manifestations en Iran entrent dans leur quinzième jour consécutif, la tension régionale franchit un nouveau palier. Ce dimanche matin, le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a lancé une menace directe à l’encontre d’Israël et des États-Unis. Dans une déclaration officielle, il a affirmé que toute attaque contre l’Iran entraînerait une riposte immédiate, précisant que « les bases américaines dans la région et Israël seraient à portée de tir ».
Cette déclaration intervient sur fond de rumeurs persistantes d’une possible préparation militaire américaine, alimentées par les propos répétés du président des États-Unis Donald Trump, qui a averti que Washington pourrait intervenir si la répression sanglante contre les manifestants se poursuivait. À Téhéran, le régime interprète ces messages comme une menace stratégique directe, d’où la montée du ton au sommet de l’État iranien.
Une répression interne d’une ampleur inédite
Depuis près de deux semaines, l’Iran est secoué par des manifestations massives dans la capitale et dans de nombreuses villes de province. À l’origine, des protestations économiques liées à l’inflation et à l’effondrement du pouvoir d’achat, rapidement transformées en mouvement politique ouvertement hostile au régime des mollahs. Les slogans visent directement le Guide suprême Ali Khamenei et l’appareil sécuritaire.
Selon de nombreux témoignages recueillis par les médias internationaux, la réponse du régime est d’une violence extrême. Les autorités ont procédé à une coupure quasi totale d’Internet et des lignes téléphoniques, une méthode désormais classique pour empêcher la coordination des protestations et limiter la diffusion d’images à l’étranger. Malgré cela, des récits glaçants continuent de parvenir aux rédactions occidentales.
La BBC, CNN et Reuters évoquent des hôpitaux saturés, des salles mortuaires débordées et des blessés soignés en urgence dans des cliniques privées par peur des arrestations. Des médecins parlent de tirs à balles réelles, visant parfois la tête ou la poitrine. Dans certaines régions, des familles auraient été contraintes de payer des sommes exorbitantes pour récupérer les corps de leurs proches.
Un Parlement en état d’alerte maximale
Face à l’ampleur des événements, le Parlement iranien a convoqué une session à huis clos, officiellement pour discuter des « développements récents ». En réalité, cette réunion traduit la crainte croissante du pouvoir quant à une possible perte de contrôle. Les déclarations de Ghalibaf s’inscrivent dans cette logique : afficher une posture de fermeté extérieure pour masquer la fragilité intérieure.
Les autorités iraniennes affirment que les manifestations seraient instrumentalisées par des puissances étrangères, notamment les États-Unis et Israël. Une rhétorique bien connue, mais qui prend une dimension plus grave à mesure que la contestation gagne en ampleur et en détermination.
L’appel du prince Reza Pahlavi
Dans ce contexte explosif, le prince héritier en exil Reza Pahlavi, fils du dernier Shah renversé en 1979, a lancé un appel solennel au peuple iranien. Dans un message publié sur le réseau X, il a exhorté les Iraniens à descendre massivement dans les rues à 18 heures, affirmant que le régime souffre d’un « manque critique de forces loyales » pour contenir la mobilisation.
« Vous n’êtes pas seuls. Le monde entier observe votre courage et admire votre détermination », a-t-il déclaré, décrivant la contestation actuelle comme une « révolution nationale ». Cet appel a été largement relayé, malgré la censure, et contribue à nourrir l’inquiétude des autorités.
Israël dans la ligne de mire
La mention explicite d’Israël dans la menace iranienne n’est pas anodine. Depuis le début des troubles, Jérusalem suit la situation avec une extrême vigilance, consciente que le régime iranien pourrait être tenté d’exporter la crise vers l’extérieur pour ressouder ses soutiens internes. Les déclarations de Ghalibaf renforcent cette crainte : en liant directement une éventuelle attaque américaine à une riposte contre Israël, Téhéran cherche à dissuader toute intervention étrangère.
À ce stade, aucun signe concret ne confirme une intervention militaire imminente des États-Unis. Les discussions évoquées dans les médias américains restent exploratoires, mais la rhétorique belliqueuse iranienne contribue à faire monter la pression dans une région déjà au bord de l’embrasement.
Entre répression interne sanglante, menaces militaires explicites et mobilisation populaire sans précédent, l’Iran traverse l’une des périodes les plus dangereuses de son histoire récente. Le régime tente de tenir par la force et l’intimidation, tandis que la rue, portée par un nouvel espoir, refuse de reculer. Reste à savoir si cette crise restera confinée à l’intérieur des frontières iraniennes — ou si elle déclenchera une escalade régionale majeure, impliquant directement Israël et les États-Unis.
Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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