L’enquête en cours concernant l’agression d’un restaurateur arabe à Netanya continue de susciter de vives réactions, notamment en raison de la manière dont certains éléments ont été présentés dans l’espace médiatique. Selon les autorités, deux individus issus du milieu criminel local sont soupçonnés d’avoir agressé le restaurateur, l’accusant de fréquenter des femmes juives. Un acte présenté par la police comme une vengeance violente, mais qui, selon l’entourage des suspects, s’inscrivait dans une logique de protection communautaire perçue, mais gravement dévoyée.
D’après les informations de l’enquête, les suspects auraient confronté à plusieurs reprises le propriétaire de l’établissement, endommagé son commerce et, lors d’un incident, utilisé un spray au poivre. La police affirme également qu’ils l’auraient contraint à se soumettre à un test polygraphique, un acte qui, s’il est avéré, constitue une infraction pénale grave.
Toutefois, des sources proches du dossier soulignent que l’un des suspects ne se percevait pas comme un agresseur, mais comme un individu cherchant à prévenir ce qu’il considérait – à tort ou à raison – comme un risque pour la communauté juive locale, dans un contexte de tensions identitaires et de climat sécuritaire dégradé. Selon ces sources, il ne s’agissait pas, dans son esprit, de haine ou de racisme, mais d’une tentative – illégitime – de « poser des limites » là où il estimait que les autorités ne le faisaient pas.
Cette perception, cependant, ne trouve aucune justification dans le droit israélien. Les forces de l’ordre rappellent avec fermeté que la protection d’une communauté ne peut en aucun cas passer par des actes de violence, d’intimidation ou de justice privée. Toute suspicion, qu’elle soit fondée ou non, doit être traitée exclusivement par les canaux légaux.
Le restaurateur, de son côté, a nié catégoriquement les accusations portées contre lui et a affirmé avoir été victime de pressions répétées. Par crainte d’une escalade, il n’aurait pas immédiatement porté plainte, ce qui a retardé l’intervention policière.
Les avocats de la défense soutiennent que leur client n’a jamais eu l’intention de nuire, mais reconnaissent que la frontière a été franchie. « L’intention n’était pas criminelle, mais la méthode l’a été », a déclaré l’un d’eux, ajoutant que la peur et la confusion ne sauraient excuser des actes interdits par la loi.
La police et le parquet estiment disposer d’éléments suffisants pour caractériser des infractions graves, et un acte d’accusation devrait être déposé dans les prochains jours.
Cette affaire met en lumière une réalité sensible : la peur pour la sécurité communautaire, réelle ou ressentie, peut conduire certains individus à des comportements dangereux lorsqu’elle n’est pas canalisée par l’État de droit. Elle rappelle également un principe fondamental : la protection de la communauté juive – comme de toute communauté – repose sur la loi, pas sur la violence privée.
Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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