Des médias iraniens proches du pouvoir ont affirmé dimanche soir que les autorités de la République islamique auraient arrêté deux individus présentés comme des agents du Mossad, accusés d’avoir participé aux récentes manifestations contre le régime. Ces allégations, relayées par des organes de presse officiels, s’inscrivent dans la ligne de communication habituelle de Téhéran, qui attribue systématiquement les mouvements de contestation interne à des ingérences étrangères.
Selon un reportage diffusé par l’agence de presse Tasnim, les arrestations auraient eu lieu dans la province du Khorasan du Nord, au nord-est de l’Iran. Un responsable des Gardiens de la Révolution, cité par le média, affirme que les deux personnes interpellées auraient été impliquées dans « l’organisation des troubles » et qu’elles auraient opéré « pour le compte des services de renseignement israéliens ».
Toujours selon cette source, du matériel qualifié de « moyens de communication et d’espionnage » ainsi que des armes auraient été saisis lors de l’opération. Aucune preuve indépendante n’a toutefois été présentée pour étayer ces accusations, et aucun élément permettant de confirmer l’identité, la nationalité ou le statut réel des personnes arrêtées n’a été rendu public.
Une accusation récurrente du pouvoir iranien
Depuis le début de la vague de manifestations qui secoue le pays, les autorités iraniennes affirment que les protestations ne sont pas le fruit d’un mécontentement populaire, mais le résultat d’un complot orchestré par des puissances étrangères, au premier rang desquelles les États-Unis et Israël. Cette rhétorique vise à délégitimer les revendications internes et à justifier une répression accrue.
Dans ce contexte, le commandant des forces de sécurité intérieure iraniennes a déclaré que plusieurs « figures centrales » liées aux manifestations avaient été arrêtées ces derniers jours. « Les affrontements avec les émeutiers se sont intensifiés », a-t-il affirmé, saluant une « coordination efficace » entre les forces de sécurité et les unités chargées du maintien de l’ordre.
Selon ce responsable, les personnes interpellées seront traduites en justice une fois les procédures achevées. Il a également soutenu que « de nombreux morts » recensés lors des événements seraient dus à l’utilisation d’armes à feu ou d’armes blanches, qu’il attribue à des « éléments entraînés » — une affirmation régulièrement contestée par les organisations de défense des droits humains.
Absence de confirmation indépendante
À ce stade, aucune confirmation indépendante n’est venue corroborer les affirmations des médias iraniens concernant une implication du Mossad dans les manifestations. Les autorités israéliennes, fidèles à leur politique habituelle, n’ont fait aucun commentaire sur ces accusations.
De leur côté, des ONG internationales et des observateurs extérieurs soulignent que ce type d’accusation apparaît fréquemment lors des périodes de troubles en Iran, sans qu’elles soient suivies de preuves tangibles ou de procédures judiciaires transparentes. Elles rappellent également que l’accès à l’information reste extrêmement limité dans le pays, notamment en raison des coupures d’internet et des restrictions imposées aux journalistes.
Dans un climat de tension extrême, marqué par une répression sévère des manifestations et par une guerre de l’information intense, ces déclarations doivent donc être considérées avec prudence, tant qu’aucun élément vérifiable ne vient les étayer.
Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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