Deux Israéliennes détenues en Tchéquie : l’affaire du qat qui tourne au cauchemar judiciaire

Deux jeunes Israéliennes sont toujours incarcérées en République tchèque, près de deux semaines après leur arrestation à l’aéroport de Prague, dans une affaire qui met en lumière les écarts profonds entre les législations israélienne et européenne en matière de stupéfiants. Les deux femmes sont soupçonnées d’avoir tenté d’introduire une quantité importante de qat, une plante pourtant légale en Israël mais classée comme drogue interdite dans la plupart des pays européens.

Selon des sources proches du dossier, les deux voyageuses ont été interpellées immédiatement après leur arrivée, lors d’un contrôle de routine effectué par les douanes tchèques. Dans leurs bagages, les autorités ont découvert plusieurs kilos de qat, ce qui a déclenché une procédure pénale automatique. Depuis, les deux Israéliennes sont placées en détention provisoire, sans avoir encore été présentées à un juge.

Le retard inhabituel dans la procédure s’explique par des raisons bureaucratiques. Les laboratoires de police chargés d’analyser la substance saisie ont été fermés durant les fêtes de Noël et du Nouvel An, ralentissant l’ensemble de l’enquête. Tant que les résultats toxicologiques officiels ne sont pas transmis au parquet, les autorités tchèques affirment ne pas être en mesure d’avancer vers une audience judiciaire.

Pour les familles, l’attente est insupportable. Les proches décrivent une situation psychologique extrêmement difficile pour les deux détenues, incarcérées dans un établissement pénitentiaire local aux conditions strictes. Les visites sont limitées, la barrière linguistique complique la communication avec l’administration pénitentiaire, et l’incertitude juridique pèse lourdement sur leur moral.

Leur avocat, spécialisé dans la défense d’Israéliens arrêtés à l’étranger, explique que l’affaire repose sur un malentendu culturel et légal fréquent. En Israël, le qat est autorisé à la consommation sous sa forme brute et fait partie de pratiques sociales connues, notamment dans certaines communautés. En Europe, en revanche, il est assimilé à un stupéfiant en raison de ses effets psychoactifs, ce qui expose les contrevenants à des poursuites pénales sévères.

En République tchèque, la loi est particulièrement stricte lorsqu’il s’agit d’importation de substances interdites. Même en l’absence d’intention de revente, le simple fait de transporter une quantité jugée “non personnelle” peut entraîner une mise en accusation pour trafic. Les peines encourues vont de l’expulsion immédiate à une peine de prison ferme, selon l’issue judiciaire.

À ce stade, deux scénarios sont envisagés par la défense. Le premier serait une inculpation formelle, suivie d’un procès pouvant durer plusieurs mois. Le second, jugé plus probable par les avocats, serait une expulsion rapide du territoire tchèque, assortie d’une interdiction d’entrée dans l’espace Schengen pour plusieurs années. Cette option permettrait aux autorités de clore le dossier sans mobiliser des ressources judiciaires lourdes.

Le ministère israélien des Affaires étrangères suit le dossier de près par l’intermédiaire de son ambassade à Prague. Toutefois, les autorités rappellent que leur marge de manœuvre est limitée : il s’agit d’une affaire pénale relevant exclusivement du droit local. L’assistance consulaire se concentre donc sur le suivi des conditions de détention et l’accès à une représentation juridique adéquate.

Cette affaire relance également le débat sur la sensibilisation des voyageurs israéliens aux lois locales. Chaque année, plusieurs citoyens sont arrêtés à l’étranger pour avoir transporté des substances légales en Israël mais interdites ailleurs, qu’il s’agisse de qat, de médicaments ou de produits à base de cannabis. Les autorités consulaires soulignent que l’argument de l’ignorance n’est jamais recevable devant un tribunal étranger.

Pour les familles des deux détenues, l’objectif immédiat est clair : obtenir leur libération le plus rapidement possible, même au prix d’une expulsion. Chaque jour passé derrière les barreaux alourdit un peu plus le traumatisme, dans une affaire qui aurait pu être évitée par une information préalable.

En attendant les résultats d’analyse et une décision judiciaire, les deux Israéliennes restent suspendues à un système juridique étranger, confrontées à une réalité brutale : hors d’Israël, ce qui est toléré à la maison peut devenir un délit lourd de conséquences.


Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
© 2025 – Tous droits réservés

Publicité & Partenariats – Infos-Israel.News

📢Voir nos formats & tarifs publicitaires📢