Le nouveau visage de la répression en Iran : des drones contre les manifestants

La répression des manifestations en Iran a franchi un nouveau seuil. Selon de multiples rapports concordants, le régime de Téhéran recourt désormais massivement à des drones de surveillance pour traquer, identifier et intimider les manifestants, tandis qu’un black-out quasi total d’Internet empêche la diffusion d’images et d’informations vers l’extérieur. Les organisations de défense des droits humains parlent d’une escalade brutale, susceptible de conduire à un bain de sang.

Depuis plusieurs jours, des drones survolent à basse altitude les centres urbains où se concentrent les protestations. Leur mission : collecter du renseignement en temps réel, repérer les mouvements de foule, guider les forces de sécurité au sol et, selon certaines sources, localiser des téléphones portables afin d’identifier les participants après coup. Cette combinaison technologique donne au régime un avantage opérationnel inédit dans un contexte de contestation intérieure de grande ampleur.

Une surveillance aérienne généralisée

D’après l’agence iranienne des droits humains HRANA, la présence de drones a été signalée dans de nombreuses grandes villes, en parallèle de déploiements inhabituels des forces de sécurité. Les images recueillies montrent des appareils équipés de caméras optiques et infrarouges, capables d’opérer de nuit et de transmettre des données en continu. Ces drones, majoritairement de fabrication locale, sont présentés par les experts comme un outil clé du dispositif de répression : ils permettent d’anticiper les déplacements des manifestants, de désigner des cibles et de coordonner des arrestations rapides.

Le « Centre pour les droits humains en Iran » évoque, lui, une situation assimilable à un massacre, soulignant l’ampleur de la violence déployée contre les civils. Les forces de sécurité, soutenues par ces moyens aériens, auraient procédé à des arrestations de masse et à des tirs à balles réelles dans plusieurs localités.

Internet coupé, l’information étouffée

La vérification indépendante des chiffres demeure extrêmement difficile. L’organisation NetBlocks indique que la connectivité de l’Iran avec le reste du monde est tombée à environ 1 % de son niveau normal. Ce quasi-black-out empêche les manifestants de partager des vidéos, complique le travail des journalistes et limite la capacité des ONG à documenter les exactions.

Malgré ces obstacles, des médias proches de l’opposition avancent des chiffres alarmants : au moins 2 000 morts en 48 heures, selon des estimations prudentes. HRANA confirme de son côté des centaines de décès liés aux manifestations et plus de 10 000 arrestations. Les protestations auraient éclaté dans des centaines de points à travers des dizaines de villes, couvrant l’ensemble des provinces iraniennes — un signe de l’ampleur inédite du mouvement.

Un avantage tactique pour le régime

Pour des analystes militaires, l’usage des drones marque une évolution stratégique. « Le régime combine désormais la force brute à la supériorité informationnelle », explique un expert régional. « Les drones réduisent l’anonymat des manifestants, accélèrent les décisions sur le terrain et créent un climat de peur permanent. » Dans un environnement urbain dense, cette surveillance aérienne transforme chaque rassemblement en cible potentielle.

Au-delà du contrôle immédiat, ces technologies servent aussi à constituer des bases de données permettant des arrestations différées. Plusieurs militants arrêtés ces derniers jours affirment avoir été interpellés sur la base d’images captées par des drones lors de manifestations antérieures.

Pressions internationales et avertissements américains

Face à cette escalade, les réactions internationales se multiplient. Le président des États-Unis, Donald Trump, a lancé un avertissement sévère, accusant l’Iran de franchir des lignes rouges. Il a évoqué une possible réponse « très dure » si la répression meurtrière se poursuivait, soulignant une coordination étroite avec les partenaires américains au Moyen-Orient.

Dans une déclaration remarquée, le président américain a également indiqué que Washington envisageait des options pour rétablir l’accès à Internet pour les Iraniens, afin de contourner la censure imposée par le régime. Il a mentionné des discussions à ce sujet, y compris avec des acteurs privés du secteur technologique, dans l’objectif de permettre aux citoyens iraniens de communiquer avec l’extérieur.

Une répression technologique appelée à durer ?

Pour de nombreux observateurs, l’Iran expérimente aujourd’hui un modèle de contrôle social high-tech susceptible d’être pérennisé. Drones, reconnaissance visuelle, coupures ciblées d’Internet : autant d’outils qui pourraient devenir la norme face à toute contestation future. Les ONG alertent sur un précédent dangereux, où la technologie, loin de protéger les civils, devient une arme centrale de la répression étatique.

Dans l’immédiat, le sort des manifestants reste incertain. Alors que les drones continuent de bourdonner au-dessus des villes iraniennes et que l’information peine à franchir les frontières numériques, une question demeure : jusqu’où le régime est-il prêt à aller pour étouffer la contestation — et à quel prix humain ?


Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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