Ancien chef de la défense aérienne : « Je ne veux pas alarmer, mais nous devons être prêts »

Alors que les tensions régionales autour de l’Iran continuent de s’intensifier, le général de brigade (réserve) Ran Kochav, ancien commandant du dispositif de défense aérienne de l’armée de l’air israélienne et ex-porte-parole de Tsahal, a livré une analyse mesurée mais lucide de la situation sécuritaire, lors d’un entretien accordé à Radio North 104.5 FM, au micro du journaliste Gadi Ness.

Dès l’ouverture de l’entretien, Kochav a tenu à tempérer le discours sans masquer la réalité :
« Je ne veux pas alarmer, mais je ne veux pas non plus rassurer artificiellement. Je ne suis pas habilité à prendre des décisions, mais on peut essayer de comprendre la situation calmement. Le système de défense aérienne d’Israël est prêt à tous les niveaux. La guerre n’est jamais anodine et on n’y entre que lorsqu’il n’y a pas d’alternative. »

Selon lui, le message officiel de l’état-major est clair : Israël ne cherche pas à intervenir dans les événements internes iraniens, mais doit se tenir prêt à tout scénario. « Le chef d’état-major l’a dit, tout comme le porte-parole de Tsahal : nous devons être prêts en matière de défense, de renseignement, de collecte d’informations et, si nécessaire, de frappe. »

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Revenant sur l’opération « Avec la force du lion », Kochav a rappelé que, malgré des résultats impressionnants, le coût humain et matériel reste une réalité incontournable. « Le système de défense aérienne a atteint près de 90 % d’interceptions, mais malgré cela, il y a eu des morts et des dégâts — dans le Nord, à Haïfa, dans le Sud à Soroka, et même au centre, à l’Institut Weizmann. Les Iraniens sont capables de nous infliger des dommages. Cela dit, je pense que notre situation reste meilleure que la leur. »

Il insiste sur le fait que les forces israéliennes ont tiré les leçons des failles constatées : « Le dispositif est opérationnel, en alerte permanente, et surtout engagé dans une analyse approfondie de ce qui a moins bien fonctionné l’été dernier. »

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Toutefois, Kochav met en garde contre toute forme de complaisance. « Nous n’avons personne d’autre sur qui compter que Tsahal, notre défense aérienne et notre renseignement. Personnellement, je ne changerais rien à ma routine quotidienne. »

Sept mois après l’opération, il décrit un travail de fond mené dans plusieurs domaines : « Le premier axe a été un débriefing profond, honnête et professionnel, des succès comme des échecs. Le second concerne la course aux armements et aux radars. Je sais que l’Industrie aérospatiale israélienne, les autres industries de défense, Tsahal et l’armée de l’air travaillent jour et nuit pour augmenter les stocks d’intercepteurs, de radars et de capacités opérationnelles. »

Il souligne également les progrès réalisés dans le renseignement et la coopération stratégique avec les États-Unis. « Un nouveau centre de commandement conjoint pour la défense aérienne a été mis en place — les Américains l’ont eux-mêmes rendu public. La coopération avec Washington se renforce constamment. Je pense que nous sommes mieux préparés aujourd’hui qu’en juin, et même à l’époque, les résultats globaux étaient bons. »

Évoquant le président américain Donald Trump, Kochav estime que la dynamique évolue. « En juin, les Américains envisageaient d’attaquer en premier, et finalement c’est nous qui avons frappé — bien entendu en coordination avec eux — avant qu’ils ne rejoignent la fin de l’opération. Aujourd’hui, l’ordre semble s’inverser. En tant que citoyens et officiers de réserve, nous devons observer, suivre les événements et nous préparer. Le président Trump a déclaré que les États-Unis entendaient réagir. J’espère que les prochains jours ou semaines apporteront de bonnes nouvelles, mais nous devons aussi être prêts à des périodes plus difficiles. »

Enfin, Kochav a élargi son propos aux défis structurels de la sécurité nationale israélienne. « Nos menaces sont à 360 degrés : le Liban, la Syrie, les milices chiites en Irak, l’Iran, les Houthis du Yémen, la Judée-Samarie, sans oublier les défis internes — sociaux et économiques. La table est extrêmement chargée. »

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Il a également évoqué la question du service militaire : « Tsahal aura besoin d’environ 15 000 combattants et soutiens supplémentaires dans les années à venir. Si nous n’intégrons pas nos frères ultra-orthodoxes et nos concitoyens arabes, au moins dans un cadre de service national, notre avenir devient problématique. Environ 20 % de la population est arabe, avec une proportion similaire d’ultra-orthodoxes. Le fardeau ne peut pas continuer à reposer sur une seule partie de la société. »

En conclusion, Kochav a salué le travail du Commandement du front intérieur et du porte-parolat de Tsahal : « Le front civil est aujourd’hui dans un bien meilleur état qu’autrefois, du moins du point de vue de la défense aérienne. En matière de communication aussi, le travail est sérieux et responsable. Il ne faut pas rester passifs, mais il faut laisser Tsahal faire son travail — et, autant que possible, poursuivre une vie normale. »


Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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