Tour d’horizon hebdomadaire des industries de défense
Les industries de défense israéliennes continuent de jouer un rôle central sur la scène internationale, à travers des transferts de technologies, des accords de coproduction et une intégration croissante dans les chaînes d’approvisionnement mondiales. Cette semaine illustre parfaitement ces dynamiques : l’Inde investit dans des systèmes basés sur des développements israéliens, la Thaïlande critique ouvertement un char chinois, Washington engage des milliards dans la maintenance plutôt que dans l’achat de nouvelles plateformes, et les États-Unis accélèrent la production d’intercepteurs Patriot, alors même qu’Israël a tourné la page de ce système.
L’Inde signe un contrat basé sur un système d’Elbit Systems
L’armée indienne a conclu un contrat d’environ 35 millions de dollars avec l’entreprise locale Nibe pour la fourniture de systèmes de lancement de roquettes à longue portée (MRL). Ce projet est directement fondé sur le système PULS développé par Elbit Systems, l’un des fleurons de l’industrie de défense israélienne.
Le système PULS se distingue par sa flexibilité opérationnelle : il permet le tir de roquettes non guidées, de munitions de précision et de missiles, avec des portées pouvant atteindre 300 km. L’accord s’inscrit pleinement dans la stratégie indienne Make in India, promue par le Premier ministre Narendra Modi, qui encourage la production locale tout en intégrant des technologies étrangères éprouvées.
Elbit fait partie des premières entreprises israéliennes à avoir adapté son modèle industriel à cette vision, allant au-delà de la simple fabrication sous licence : la coopération prévoit également des exportations vers des clients internationaux. Selon la presse indienne, les premières livraisons devraient intervenir dans un délai d’environ douze mois.
Malaise en Thaïlande autour du char chinois VT-4
À l’opposé de ce succès israélien, la Thaïlande exprime un mécontentement croissant vis-à-vis du char de combat chinois VT-4, acheté ces dernières années à Pékin. Des équipages thaïlandais ont fait état de défaillances mécaniques répétées, aussi bien lors d’exercices que d’activités opérationnelles prolongées.
Parmi les problèmes signalés :
- une usure rapide du canon lors d’un usage intensif,
- des pannes fréquentes du moteur,
- des dysfonctionnements électroniques affectant la disponibilité du char.
Si les militaires reconnaissent certains atouts – notamment un système de conduite de tir performant – ils estiment que le blindage latéral et la fiabilité globale ne sont pas au niveau des standards modernes. Fait particulièrement embarrassant pour Pékin : plusieurs officiers thaïlandais considèrent que des chars plus anciens, américains ou ukrainiens, se montrent plus fiables sur le terrain et plus simples à entretenir.
Les États-Unis investissent des milliards… dans la maintenance
À Washington, le Pentagone a signé un contrat de 2,7 milliards de dollars avec Boeing, non pas pour de nouveaux appareils, mais pour la maintenance à long terme des hélicoptères de combat Apache.
Cet accord couvre des domaines cruciaux :
- mises à jour logicielles,
- gestion des chaînes logistiques,
- prolongation de la durée de vie des flottes existantes.
Pour Boeing, la maintenance représente une activité bien plus rentable que la production de nouvelles plateformes, notamment parce que l’Apache repose sur une architecture numérique fermée. Toute modification ou intégration de nouveaux capteurs nécessite l’intervention directe du constructeur. Une situation qui confère à Boeing un avantage stratégique important vis-à-vis des forces armées utilisatrices.
Patriot : Israël s’en détourne, Washington accélère
L’annonce la plus marquante de la semaine concerne la décision du Pentagone d’augmenter fortement la production des intercepteurs PAC-3 MSE du système Patriot. Le contrat attribué à Lockheed Martin vise une capacité de production dépassant 2 000 intercepteurs par an, sur une période de sept ans.
Ce programme massif ne concerne toutefois pas Israël. Il y a environ un an et demi, l’État hébreu a décidé de retirer progressivement ses anciennes batteries Patriot, jugées moins adaptées aux menaces actuelles. Cette décision s’inscrit dans la logique du bouclier multicouche israélien, désormais centré sur des systèmes plus modernes.
Le choix israélien : le David’s Sling de Rafael
En remplacement du Patriot, Israël mise sur David’s Sling, développé par Rafael Advanced Defense Systems. Ce système est optimisé pour l’interception de menaces avancées à courte et moyenne portée, et a déjà réalisé son premier tir opérationnel en mai 2023.
Sur le plan technologique, David’s Sling se rapproche du niveau du PAC-3 américain. Mais c’est surtout sur le plan économique que la différence est frappante :
- un intercepteur PAC-3 est estimé à environ 6 millions de dollars,
- un tir de David’s Sling coûte à Israël environ 700 000 dollars.
Dans un contexte de conflits prolongés et de consommation massive de munitions, cet écart représente un avantage stratégique majeur.
Une industrie en pleine recomposition
De l’Inde aux États-Unis, en passant par l’Asie du Sud-Est, la semaine écoulée montre que la compétition mondiale dans le domaine de la défense ne se joue plus uniquement sur la vente d’armes, mais aussi sur la maintenance, la fiabilité, les coûts et la souveraineté industrielle. Israël, en se détachant de systèmes vieillissants au profit de solutions nationales plus efficaces, illustre une évolution qui pourrait inspirer d’autres armées dans les années à venir.
Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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