L’affaire a provoqué une onde de choc immédiate sur les réseaux sociaux et dans une partie importante de l’opinion publique israélienne. En cause : une image diffusée par Kan 11, le média public israélien financé par l’argent du contribuable, accusée de stigmatiser et de délégitimer un public entier à travers une mise en scène visuelle jugée ouvertement incitative. Pour ses détracteurs, il ne s’agit plus d’une erreur éditoriale, ni même d’un biais idéologique, mais d’un acte conscient de désignation et de diffamation collective.
Au cœur de la polémique, une image générée par intelligence artificielle. On y voit un homme portant une kippa tricotée, symbole immédiatement identifiable du sionisme religieux. Cette image, selon les critiques, a été associée à une narration présentant ce public comme homophobe, sans nuance, sans contexte et sans distinction entre individus. Pour beaucoup, le message est clair : une identité religieuse et idéologique est amalgamée à une accusation morale lourde, dans un pays encore traumatisé par la guerre et les pertes humaines massives.
Ce qui choque profondément les accusateurs de Kan 11, ce n’est pas uniquement le contenu, mais le cadre. Kan 11 n’est pas un média privé militant. Il s’agit du service public, financé par tous les citoyens israéliens, y compris ceux précisément visés par cette représentation. L’utilisation de fonds publics pour produire une image perçue comme diffamatoire à l’égard d’un groupe social entier soulève une question fondamentale : où s’arrête le journalisme, et où commence l’activisme politique ?
L’accusation formulée par les voix critiques est grave : ce n’est pas de l’information, c’est de l’incitation. Selon elles, la construction visuelle n’a rien d’innocent. Le choix de l’IA, loin d’être neutre, permet de fabriquer un archétype caricatural, débarrassé de toute complexité humaine. Ce n’est pas une personne réelle qui parle ou agit, mais une figure symbolique, conçue pour provoquer une réaction émotionnelle immédiate.
Le contexte rend cette affaire encore plus explosive. Depuis le 7 octobre et la guerre qui a suivi, le public du sionisme religieux figure parmi ceux qui ont payé un prix humain disproportionné : soldats tombés au combat, officiers issus de ce courant, familles endeuillées, réservistes mobilisés pendant des mois. Pour beaucoup, voir ce même public présenté comme un problème moral ou sociétal constitue une double peine : le sacrifice sur le terrain, puis la stigmatisation dans l’espace médiatique.
Les critiques dénoncent également une logique de délégitimation globale. Il ne s’agit pas de pointer des propos précis, des actes documentés ou des individus identifiables, mais de projeter une accusation sur une identité collective. C’est précisément ce mécanisme qui, selon eux, fait basculer le discours de la critique vers l’incitation. Lorsque l’on accuse un groupe entier de dérive idéologique ou morale, on crée un climat de suspicion généralisée.
L’usage de l’intelligence artificielle aggrave encore la situation. Contrairement à une photo ou à un témoignage, une image générée n’a aucune réalité factuelle. Elle est construite, scénarisée, pensée pour illustrer une idée préexistante. Les détracteurs de Kan 11 estiment que cette technologie a été utilisée non pour expliquer, mais pour imposer un récit. Un récit dans lequel un public entier devient un symbole négatif, déshumanisé, réduit à une caricature.
La colère exprimée dans les messages que tu as transmis est sans ambiguïté. Les mots employés parlent de honte, de manipulation, de trahison de la mission journalistique. Certains évoquent une fracture de plus en plus profonde entre une partie des médias institutionnels et une large frange de la population qui ne se reconnaît plus dans leur traitement de l’actualité.
Cette affaire pose une question centrale pour l’avenir du débat public en Israël :
👉 le service public peut-il se permettre d’utiliser les outils de l’activisme visuel au nom de l’information ?
👉 où se situe la limite entre critique sociétale et attaque identitaire ?
Pour les critiques, la réponse est déjà claire. Une ligne rouge a été franchie. Lorsque le média censé rassembler devient un acteur de polarisation, il alimente la méfiance, renforce les fractures internes et affaiblit la cohésion nationale dans un moment où celle-ci est pourtant vitale.
Au-delà du cas précis de Kan 11, cette controverse révèle un malaise plus profond : la peur grandissante que certains médias n’informent plus sur la société, mais contre une partie d’elle. Et dans un pays en guerre, cette dérive n’est pas perçue comme une faute anodine, mais comme un danger.
Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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