Pendant des années, Hamza Mahra a fait partie du noyau dur du Hamas. Combattant de la force Noukhba, élevé au cœur même de l’idéologie islamiste radicale, il n’était pas un militant ordinaire : il est le petit-fils de l’un des fondateurs historiques de l’organisation, le cheikh Aref Mahra. Aujourd’hui, depuis Khan Younès, il rompt publiquement avec ce passé dans une interview exclusive accordée à N12, et livre un témoignage rarissime venant de l’intérieur même du système.
Hamza Mahra affirme avoir quitté le Hamas pour rejoindre une milice locale dirigée par Hussam al-Astal, un groupe armé opérant dans le sud de la bande de Gaza et hostile au Hamas. Pour la première fois, il parle ouvertement de sa rupture idéologique, de son rejet de la stratégie de l’organisation et de ce qu’il qualifie d’« immense erreur historique » : l’attaque du 7 octobre.
Selon lui, le processus de détachement n’a rien eu de soudain. « Cela fait environ deux ans que j’ai compris que je ne voulais plus faire partie de Hamas », explique-t-il. Il décrit une organisation qu’il qualifie de « sombre, cynique et déconnectée de toute valeur humaine ». Loin de l’image de résistance idéalisée inculquée dès l’enfance, il dit avoir découvert un système motivé par des intérêts personnels, le pouvoir et l’argent, au détriment direct de la population civile de Gaza.
Mahra affirme que sa génération a commencé à ouvrir les yeux. « On nous a enseigné une chose, mais quand nous avons vécu à leurs côtés et observé leurs actes, nous avons compris que la réalité était totalement différente. » Il va plus loin : selon lui, l’idéologie du Hamas repose sur un mensonge fondamental. « Ce n’est pas une idéologie juste. Elle ne protège pas le peuple, elle le détruit. »
Dans un passage particulièrement frappant, Hamza Mahra déclare sans détour qu’un accord de paix avec Israël est nécessaire. Une affirmation exceptionnelle venant d’un ancien combattant Noukhba. « Il faut de l’humanité. Il faut préserver la population, pas la sacrifier. La guerre permanente ne mène qu’à la ruine. »
Concernant son ralliement à une milice qui coopère avec Israël, Mahra reconnaît le choc idéologique que cela représente. Lui qui a grandi en considérant Israël comme l’ennemi absolu explique aujourd’hui que cette vision était imposée, non réfléchie. « Nous avons été conditionnés. Mais la vérité est que ce conflit ne sert pas les civils de Gaza. »
Interrogé sur sa famille, et notamment sur l’héritage idéologique de son père et de son grand-père, Mahra se montre catégorique. « Je suis un jeune homme qui veut vivre en sécurité et en paix. Je ne vis pas pour les opinions de mon père ou de mon grand-père. Je veux choisir ma propre vie. » Il affirme ne ressentir aucune peur face à d’éventuelles représailles du Hamas.
« Ils nous ont entraînés à combattre Israël. Aujourd’hui, ce même entraînement et ces mêmes compétences sont dirigés contre eux », affirme-t-il. Selon lui, un nombre croissant de jeunes combattants se retournent contre le Hamas et rejoignent des milices locales opposées à son autorité. Il parle d’un basculement silencieux mais rapide : « Des gens que le Hamas a blessés ou trahis se dressent maintenant contre lui. »
L’un des moments les plus forts de l’entretien concerne le 7 octobre. Pour Hamza Mahra, il ne s’agit pas seulement d’une faute stratégique, mais d’un désastre historique. « Le 7 octobre a été la plus grande erreur du Hamas. Cela ne nous a rien apporté, sauf la destruction. En un seul jour, ils ont anéanti des décennies de travail et nous ont ramenés cinquante ans en arrière. »
Il conclut par un message direct adressé aux membres du Hamas encore actifs. Un appel sans ambiguïté à la reddition. « Qu’ils se réveillent et se rendent avant qu’il ne soit trop tard. Ceux qui n’ont pas de sang sur les mains doivent se rendre. La porte est encore ouverte. » Il affirme que des mécanismes de clémence existent pour ceux qui acceptent de coopérer, et que la poursuite du combat ne fera qu’aggraver le sort de Gaza.
Selon les informations rapportées dans l’interview, plusieurs milices armées opèrent actuellement dans la bande de Gaza, notamment à Khan Younès, Rafah et dans le nord de l’enclave. Ces groupes, composés de dizaines de combattants chacun, représentent une contestation armée croissante face à l’autorité du Hamas — un phénomène encore marginal, mais en nette progression.
Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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