« Nous ne vivrons pas sous les missiles » : une batterie Dôme de fer au cœur de la ville déclenche la colère des habitants

La décision d’installer une batterie du système de défense antimissile Dôme de fer à proximité immédiate d’immeubles résidentiels et d’établissements scolaires a déclenché une vive contestation parmi les habitants d’une grande ville israélienne. Les travaux de terrassement, entamés sans communication préalable claire, ont alerté les riverains, qui ont rapidement découvert que le site était destiné à accueillir une infrastructure militaire sensible.

Selon les témoignages recueillis, les résidents n’ont appris la nature du projet que par hasard, en observant les travaux près de leurs habitations. « Nous avons vu des engins aplanir le terrain, puis nous avons compris qu’il s’agissait d’une batterie de défense aérienne », explique l’un d’eux. « C’est juste à côté de tours d’habitation et tout près d’écoles et de jardins d’enfants. »

La colère ne vise pas le principe de la défense antimissile, largement soutenu par la population israélienne depuis des années, mais le choix précis de l’emplacement. Les habitants redoutent les conséquences concrètes sur leur quotidien : le bruit assourdissant des interceptions, la chute possible de débris de missiles intercepteurs, ainsi que les craintes liées aux émissions radar du système.

« Chaque interception provoque une onde sonore extrêmement violente. Comment expliquer cela à des enfants en bas âge ? », s’interroge une mère de famille. « Nous ne voulons pas vivre dans une angoisse permanente, surtout quand il existe des zones moins densément peuplées. »

Face à ce qu’ils considèrent comme une décision imposée sans concertation, les résidents ont lancé une pétition, multiplié les démarches auprès de la municipalité et n’excluent pas un recours devant la justice. « Nous comprenons les impératifs sécuritaires », insistent-ils, « mais pourquoi placer une installation militaire stratégique au cœur d’un quartier résidentiel, alors que d’autres options existent ? »

La municipalité, prise de court selon ses propres termes, a reconnu que le site initialement choisi par l’armée n’avait pas été coordonné en amont avec les autorités locales. Dans un communiqué, la mairie a indiqué que le maire et les services municipaux ont engagé, dès le début du week-end, des discussions intensives avec les responsables de l’armée et du ministère de la Défense afin de relocaliser la batterie.

« Nous soutenons pleinement le renforcement de la défense régionale », précise la municipalité, « mais nous travaillons avec les autorités compétentes pour identifier un emplacement alternatif qui réponde aux exigences opérationnelles tout en réduisant au maximum l’impact sur la vie quotidienne des habitants. »

Selon la mairie, plusieurs sites de substitution ont déjà été proposés aux experts sécuritaires, et une évaluation est en cours. L’objectif affiché est de parvenir à un compromis qui garantisse à la fois la protection contre les menaces extérieures et la préservation du tissu urbain et social.

Cette affaire illustre une tension récurrente en Israël : celle entre la nécessité d’une défense rapprochée face aux menaces balistiques et la réalité d’un pays dense, où infrastructures civiles et militaires se côtoient étroitement. Pour les habitants concernés, le message est clair : la sécurité nationale ne doit pas se construire au prix d’une peur quotidienne imposée aux civils.


Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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