Une tragédie d’une ampleur exceptionnelle a bouleversé Jérusalem après le décès de deux nourrissons dans un jardin d’enfants privé non agréé, situé dans le quartier de Romema. L’affaire, qui fait désormais l’objet d’une enquête pénale approfondie, a provoqué une onde de choc nationale et relancé le débat sur le contrôle des structures de garde privées en Israël.
Les victimes sont Lia Goloventchits, âgée de trois mois, et Aharon Katz, âgé de six mois. Tous deux ont été retrouvés en détresse dans la même structure, à quelques heures d’intervalle. Malgré les tentatives de réanimation, ils ont été déclarés morts à l’hôpital.
Un établissement surchargé et non autorisé
Selon les premiers éléments de l’enquête, le jardin d’enfants fonctionnait dans deux appartements reliés, au sein d’un immeuble ancien. Au moment du drame, 55 nourrissons y étaient pris en charge simultanément. Les secours, arrivés sur place, ont décrit une situation de surpopulation extrême.
Des témoignages concordants de secouristes indiquent que des bébés dormaient dans des couloirs, des placards, et même dans les toilettes, faute d’espace suffisant. Des images diffusées par les médias israéliens montrent notamment un nourrisson allongé au sol, sous un toilette, dans un espace sanitaire exigu.
Ces éléments ont conduit le Ministère israélien de l’Éducation à confirmer qu’il s’agissait d’une structure privée opérant sans licence, en violation de la législation en vigueur. Un ordre de fermeture administrative immédiate a été prononcé.
Hypothèse principale : chaleur extrême et déshydratation
Les examens médicaux initiaux réalisés dans les hôpitaux Hadassah Ein Kerem et Shaare Zedek n’ont révélé aucune trace d’empoisonnement ni de substances toxiques chez les nourrissons. Selon des sources médicales, l’hypothèse privilégiée à ce stade est celle d’une déshydratation aiguë liée à une chaleur excessive.
Les enquêteurs se concentrent notamment sur une pièce qualifiée de « salle d’isolement », dans laquelle les deux nourrissons auraient séjourné. D’après la responsable du jardin, un climatiseur y fonctionnait à une température très élevée, créant un environnement « asséchant et potentiellement mortel ». Cette version est actuellement examinée par les autorités.
Les corps des nourrissons ont été transférés à l’Institut médico-légal d’Abu Kabir, où des autopsies ont été autorisées par la justice afin de déterminer avec précision la cause des décès.
Hospitalisation de masse par mesure de précaution
Par crainte d’un incident sanitaire plus large, 53 autres nourrissons présents dans la structure ont été évacués et hospitalisés à titre préventif. Les hôpitaux ont précisé que leur état était globalement bon, sans signes graves, mais qu’un suivi médical rapproché était nécessaire.
Les services de secours ont également confirmé que tout risque lié à des matières dangereuses ou à une fuite de gaz avait été formellement écarté par les équipes de pompiers et de la protection civile.
Tentatives d’entrave et enquête policière
Plusieurs secouristes ont affirmé que, lors de leur arrivée, des membres du personnel auraient tenté d’empêcher l’accès à certaines pièces du jardin d’enfants. Ces éléments sont désormais intégrés à l’enquête menée par la police du district de Jérusalem.
Trois employées de la structure ont été convoquées pour interrogatoire, sans qu’aucune mise en examen n’ait été annoncée à ce stade. La police souligne que l’enquête est « complexe » et qu’elle vise à établir les responsabilités individuelles et institutionnelles.
Colère des familles et émotion nationale
La douleur des familles est immense. Un proche de la famille de Lia a déclaré aux médias :
« Elle n’était au jardin que depuis quelques jours. Les parents sont anéantis. Personne ne peut comprendre une telle perte. »
Le drame a suscité près de 800 réactions en ligne en quelques heures, révélant une profonde colère du public face à ce qui est perçu comme un échec systémique du contrôle des garderies privées, notamment dans certains quartiers où la demande dépasse largement l’offre réglementée.
Un rapport attendu du contrôleur de l’État
Le Matanyahu Englman, contrôleur de l’État, a annoncé que son bureau publierait prochainement un rapport spécial sur la supervision des crèches et garderies en Israël. Ce rapport examinera notamment si les défaillances déjà signalées en 2022 ont été corrigées — ou ignorées.
Selon des sources officielles, ce document pourrait mettre en lumière des lacunes graves dans l’application des normes de sécurité, en particulier dans les structures privées non subventionnées.
Une affaire appelée à faire jurisprudence
Au-delà du drame humain, cette affaire pourrait devenir un cas de référence en matière de responsabilité pénale et administrative. Les conclusions médico-légales, attendues dans les prochains jours, seront déterminantes pour la suite de la procédure.
En attendant, Jérusalem pleure deux vies à peine commencées, et une question demeure au cœur du débat public israélien : comment une telle situation a-t-elle pu perdurer pendant des années sans intervention des autorités ?
Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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