Le compte à rebours est lancé : le Proche-Orient entre dans l’ère du chaos

Le Proche-Orient n’est plus dans une phase de crise. Il est entré dans une phase de transformation chaotique où les repères traditionnels disparaissent à un rythme accéléré. Les États s’effondrent, les alliances se recomposent, les idéologies radicales se recyclent et les populations civiles paient le prix de cette recomposition brutale. Ce qui se joue aujourd’hui dépasse largement les frontières d’un conflit local. C’est l’architecture même de la région qui se disloque.

La Syrie en est l’exemple le plus frappant. Jadis État centralisé, elle n’est plus qu’un territoire fragmenté où coexistent régimes de façade, milices islamistes, forces étrangères et zones de non-droit. Les Kurdes, les Druzes, les Alaouites et les chrétiens ont été successivement pris pour cibles par des groupes armés qui prospèrent sur le vide du pouvoir et la duplicité diplomatique. La normalisation de figures issues du djihadisme, désormais présentées comme des acteurs politiques légitimes, symbolise la faillite morale et stratégique de certaines politiques internationales.

L’Irak reste fragile, le Liban est paralysé, Gaza est instrumentalisée et l’Iran étend son influence méthodiquement. La Turquie, loin de jouer un rôle stabilisateur, alimente les tensions par un discours de plus en plus agressif et une politique régionale interventionniste. L’Arabie saoudite et le Qatar avancent leurs propres pions, parfois en contradiction avec les intérêts occidentaux. Dans ce jeu à somme négative, chaque acteur cherche à maximiser ses gains à court terme, au détriment de toute stabilité durable.

L’effondrement du cadre sécuritaire régional a des conséquences directes pour Israël. La multiplication des acteurs non étatiques armés, l’absence de chaînes de commandement claires et la porosité des frontières rendent toute dissuasion plus complexe. Le risque n’est pas seulement celui d’une attaque massive, mais celui d’une succession de crises simultanées visant à épuiser la capacité de réaction israélienne.

Ce chaos n’est pas accidentel. Il est le produit de choix politiques, de renoncements stratégiques et d’une illusion persistante selon laquelle des acteurs idéologiquement radicaux pourraient être « intégrés » par la diplomatie. L’histoire récente montre exactement l’inverse. Chaque concession accordée à des groupes violents est interprétée comme une faiblesse et exploitée comme telle.

Dans ce contexte, le Proche-Orient devient un laboratoire dangereux où se testent de nouvelles formes de guerre hybride. Désinformation, pressions économiques, manipulation des opinions publiques et violences ciblées se combinent pour créer un climat d’instabilité permanente. Ce climat profite aux acteurs les plus cyniques et pénalise les sociétés qui cherchent à préserver un minimum d’ordre et de légalité.

Le compte à rebours évoqué n’est pas celui d’une date précise, mais celui d’une dynamique. Plus le chaos s’installe, plus il devient auto-entretenu. Les États perdent leur capacité de contrôle, les acteurs armés gagnent en autonomie et les populations se radicalisent sous l’effet de la peur et du désespoir.

Pour Israël, cette réalité impose une vigilance absolue et une capacité d’adaptation permanente. Dans un environnement où les règles disparaissent, seule la clarté stratégique, la cohésion interne et la crédibilité militaire permettent de survivre. Le Proche-Orient est entré dans une nouvelle ère. Elle sera longue, instable et dangereuse.



Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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