« Maman, il est fou, non » : nouvelles images de l’écrasement mortel du jeune – filmées depuis l’autobus

De nouvelles images, rendues publiques dans la nuit de mardi à mercredi, jettent une lumière troublante sur la mort de Naftali Zvi Kramer, 17 ans, tué après avoir été percuté par un autobus près du moshav Komemiyut, non loin de Kiryat Gat. Ce document, filmé depuis l’intérieur même de l’autobus impliqué, ravive un débat déjà explosif : s’agissait-il d’un accident tragique ou d’un acte volontaire ? Les cris de panique des passagères, audibles sur la vidéo, alimentent désormais les soupçons et provoquent une onde de choc dans l’opinion publique israélienne.

Dans l’enregistrement, on entend clairement plusieurs jeunes femmes hurler, terrifiées : « Qu’est-ce qu’il fait ? Il est fou ! C’est des jeunes ! Maman, maman, il est fou, c’est un enfant, non, non ! ». Ces paroles, spontanées et chargées d’effroi, suggèrent que la scène vécue à bord du véhicule a été perçue par les passagères comme une perte totale de contrôle, voire comme une action délibérée du conducteur. La diffusion de cette vidéo soulève des interrogations majeures sur les circonstances exactes du drame.

L’accident mortel s’est produit mardi vers 16 heures, alors que des groupes de jeunes haredim rentraient d’une manifestation contre l’autopsie de corps de nourrissons, organisée dans le sillage d’un drame survenu dans une crèche à Jérusalem. Bien que la collision ait eu lieu à environ un demi-kilomètre du point principal de la manifestation, le contexte de tension et de colère entourant ces protestations continue d’influencer l’interprétation des faits.

À la suite de la publication de la vidéo, Yitzhak Goldknopf, président du parti Judaïsme unifié de la Torah, a déclaré s’être entretenu avec le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir. Selon Goldknopf, les images « ne laissent aucune place au doute » et montreraient un autobus accélérant en direction d’un groupe de manifestants. Il affirme que l’acte aurait été commis « avec préméditation » et exige que toute la rigueur de la loi soit appliquée à l’encontre du conducteur. « Le sang de nos frères haredim ne sera pas abandonné », a-t-il martelé.

Cette prise de position politique tranche cependant avec l’évaluation officielle de la police israélienne. Malgré l’enregistrement désormais disponible, les forces de l’ordre maintiennent qu’il n’existe « aucun soupçon de collision intentionnelle ». Selon leur communiqué, le conducteur de l’autobus a été interpellé et sera présenté à une audience de prolongation de détention pour des chefs d’accusation relevant d’homicide par imprudence, de négligence ayant entraîné la mort et de mise en danger de la vie d’autrui sur la voie publique – des qualifications pénales lourdes, mais qui excluent, à ce stade, l’intention criminelle.

La mort de Naftali Zvi Kramer a été constatée sur place. Les équipes de secours du Magen David Adom, arrivées rapidement sur les lieux, ont décrit une scène « bouleversante ». Le jeune homme gisait sur la chaussée, inconscient, sans pouls ni respiration, souffrant d’un traumatisme crânien extrêmement grave. Malgré les tentatives de réanimation, les secouristes n’ont pu que constater son décès.

Cette affaire intervient dans un climat déjà tendu, marqué par une succession d’incidents violents lors de manifestations haredies. Il y a à peine deux semaines, à Jérusalem, Yossef Eisenstel, 14 ans, avait lui aussi trouvé la mort après avoir été percuté par un autobus lors d’une manifestation contre la conscription. Dans ce précédent cas, la police avait expliqué que le véhicule avait été encerclé et attaqué par des manifestants, contraignant le conducteur à tenter de fuir la zone. Ces événements successifs alimentent un sentiment croissant d’escalade, tant dans les rues que dans le discours public.

La diffusion de la nouvelle vidéo accentue la pression sur les autorités. Pour de nombreux membres de la communauté haredie, les cris entendus à bord de l’autobus constituent un témoignage indirect mais puissant, laissant entendre que le conducteur aurait agi de manière dangereuse, voire consciente. D’autres voix, au contraire, appellent à la prudence, rappelant que l’émotion et la panique des passagères ne suffisent pas, à elles seules, à établir une intention criminelle.

Sur le plan juridique, l’enquête se poursuit en coordination avec le parquet. Les images seront analysées en détail, au même titre que les données techniques du véhicule, la vitesse, les conditions de visibilité et les témoignages de toutes les personnes présentes. La question centrale demeure : le conducteur a-t-il perdu le contrôle dans une situation chaotique ou a-t-il sciemment mis en danger des piétons ?

Au-delà de l’aspect judiciaire, ce drame pose une fois de plus la question de la gestion des manifestations à haut risque et de la protection des civils, qu’ils soient manifestants, passagers ou conducteurs. Il met également en lumière la fracture profonde entre certaines franges de la société israélienne et les institutions de l’État, fracture qui se manifeste régulièrement dans la rue et se solde parfois par des tragédies irréversibles.

Alors que la famille de Naftali Zvi Kramer pleure la perte d’un adolescent de 17 ans, et que la communauté haredie réclame justice, la société israélienne se retrouve confrontée à une interrogation lourde : comment prévenir de tels drames dans un contexte de tensions sociales extrêmes, sans laisser la violence devenir une fatalité ?


Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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