La controverse entourant l’agression présumée de Rom Braslavski, survivant de captivité du Hamas, ne montre aucun signe d’apaisement. Alors que l’affaire avait déjà provoqué une onde de choc sur les réseaux sociaux et dans les médias israéliens, un nouveau front s’est ouvert ces dernières heures. Cette fois, l’attaque ne vient pas d’anonymes en ligne, mais d’un membre direct de la famille du principal suspect : Shani Ziton, sœur de David Ziton, compagnon de la chanteuse Nasrin Kadri, aujourd’hui soupçonné d’avoir frappé Rom à l’entrée d’une soirée.
Dans une série de publications très commentées, Shani Ziton affirme vouloir défendre l’honneur de son frère, tout en mettant directement en cause Rom Braslavski et son entourage. Elle écrit croire « de tout son cœur » que la vérité finira par éclater et que, lorsque ce sera le cas, Rom « devra avoir honte des efforts qu’il déploie pour salir David ». Selon elle, son frère n’était ni ivre ni sous l’emprise de substances, et l’incident aurait débuté par une attaque préalable de Rom et de ses amis, qu’elle qualifie sans détour de « délinquants », allant jusqu’à évoquer la présence d’un objet dangereux, possiblement du verre.
Le récit choque d’autant plus qu’il vise un ancien otage. Rom Braslavski avait expliqué être sorti pour tenter de retrouver un semblant de normalité après une période longue et traumatisante de captivité aux mains du Hamas. Selon sa version, il aurait été invité à une fête avant d’être violemment frappé au visage à l’entrée, un épisode qui a ravivé chez lui des blessures psychologiques encore béantes.
Shani Ziton reconnaît d’ailleurs explicitement la souffrance vécue par Rom. « Il est un survivant de captivité, et il n’existe aucun remède à ce qu’il a traversé. La douleur et les cicatrices resteront à jamais », écrit-elle. Mais dans le même souffle, elle ajoute que ce statut ne lui donnerait pas, selon elle, le droit de « détruire la vie d’un autre homme ». Elle évoque des tentatives de demande de pardon et de réconciliation, affirmant que « deux âmes sont blessées », tout en reprochant à Rom de rester inflexible et de poursuivre ce qu’elle décrit comme une campagne de diffamation.
Ses propos s’adressent également au public. À ceux qui insultent, jugent et « tranchent des destins » sur les réseaux, elle lance un avertissement direct : si six hommes vous attaquent alors que vous êtes seul, et que l’un d’eux tient un objet tranchant, « vous feriez exactement la même chose pour vous défendre, peu importe qui se trouve en face de vous ». Cette phrase a été largement reprise, commentée et critiquée, beaucoup y voyant une tentative de renversement moral de la situation.
La saga médiatique s’est encore complexifiée lorsqu’il a été révélé qu’une conversation téléphonique avait eu lieu après les faits entre Rom Braslavski et Nasrin Kadri, compagne de David Ziton. Rétrospectivement, cette initiative est aujourd’hui perçue par plusieurs observateurs comme une erreur, du moins sur le plan de la communication, tant elle a contribué à attiser les tensions et à nourrir les spéculations.
Sur les réseaux sociaux, la société israélienne semble désormais scindée en deux camps irréconciliables. D’un côté, ceux qui soutiennent David Ziton et Nasrin Kadri, appelant à attendre les conclusions de l’enquête et dénonçant un « lynchage médiatique ». De l’autre, un large mouvement de solidarité avec Rom Braslavski, considéré avant tout comme un ancien captif ayant survécu plus de deux ans à l’enfer du Hamas, et pour lequel beaucoup estiment qu’il est moralement indécent de porter des accusations publiques à ce stade.
Alors que l’enquête suit son cours, l’affaire dépasse désormais largement le cadre judiciaire. Elle est devenue un symbole des fractures émotionnelles et morales d’une société encore profondément marquée par la guerre, les otages et le traumatisme collectif, où chaque parole publique peut faire basculer l’opinion d’un camp à l’autre.
Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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